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Tractations supposées entre Christian Estrosi et le FN en 1998: les souvenirs (flous) de Jean-Marie Le Pen

Mis à jour le 11/05/2021 à 09:36 Publié le 10/05/2021 à 20:46
"En effet, il y a eu une tentative d’accord", confirmait lundi, par téléphone, Jean-Marie Le Pen.

"En effet, il y a eu une tentative d’accord", confirmait lundi, par téléphone, Jean-Marie Le Pen. Photo doc Frantz Bouton

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Tractations supposées entre Christian Estrosi et le FN en 1998: les souvenirs (flous) de Jean-Marie Le Pen

Le fondateur du Front national confirme une "négociation" pour la présidence de la Région Paca, en 1998, "à laquelle participait Christian Estrosi". Malgré quelques trous de mémoire...

La petite phrase, lâchée dimanche par Éric Ciotti sur BFM TV, a fait l’effet d’une bombe. Christian Estrosi a-t-il réellement "rencontré Jean-Marie Le Pen dans une chambre d’hôtel à Marseille, en 1998, pour passer un accord sur la présidence de la Région" Provence-Alpes-Côte d'Azur? [Éric Ciotti avait lui-même été mis en cause par Christian Estrosi, deux jours plus tôt, pour un accord supposé avec le RN en 2017 qui aurait permis au député azuréen d’être réélu sans risque].

En ce temps-là, la droite avait du Front dans l’aile. Le 1er juin 1997, la dissolution de l’Assemblée nationale voulue par le président Chirac s’achève en débandade. La "gauche plurielle" obtient une majorité relative; le socialiste Lionel Jospin devient Premier ministre. Des dizaines de députés RPR et UDF sont chassés du Palais Bourbon, victimes de la stratégie du "cordon sanitaire" interdisant toute alliance avec le FN.

Une partie de ces élus dénonce une erreur tactique. À la veille des élections régionales de mars 1998, ils sont nombreux à penser qu’une alliance avec le Front national est nécessaire pour éviter des triangulaires funestes.

Jean-Marie Le Pen: "Il s’agissait d’un échange"

Le futur maire de Nice a-t-il été de ceux-là? En mai 2017, sur Twitter, Jean-Marie Le Pen évoquait déjà le sujet : "Je me souviens très bien qu’en 1998, alors qu’il n’était encore connu que comme champion de motocyclette, [Christian Estrosi] avait tenté de négocier avec moi. Négociations qui échouèrent à cause de notre rigueur doctrinale."

Quatre ans plus tard, les souvenirs du vieux leader frontiste sont un peu différents. Exit la "rigueur doctrinale". Joint par téléphone, lundi après-midi, il explique: "En effet, il y a eu de sa part une tentative d’accord. Il s’agissait d’un échange. On nous demandait de soutenir Balladur en région parisienne, et on nous proposait de soutenir le candidat du FN [en Paca] à condition que ce ne soit pas Le Pen. C’est pour cela que cette négociation, à laquelle participait Estrosi, a échoué."

Jean-Marie Le Pen affirme que ses interlocuteurs du RPR voulaient imposer à sa place le maire FN de Toulon, Jean-Marie Le Chevallier: "Autrement dit", souffle-t-il, "ils nous proposaient de désigner notre propre candidat !"

"Il ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable"

Le père de Marine Le Pen, âgé de 92 ans, avoue avoir oublié s’il a rencontré lui-même, à l’époque, Christian Estrosi: "Je ne sais pas. Il ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable."

Il est tout aussi flou sur le lieu et la date exacte où ce pacte aurait été négocié. Était-ce le 20 mars 1998, le jour où Michel Vauzelle a été élu, ou plus en amont, entre le premier et le second tour de l’élection régionale? "Je ne saurais pas l’affirmer", reconnaît-il.

Sur un point, en revanche, le fondateur du FN est catégorique. Si ses interlocuteurs avaient accepté de lui abandonner la présidence de la Région, il aurait consenti à favoriser l’élection d’Édouard Balladur en Ile-de-France: "C’était le contenu de l’accord."

Le 20 mars 1998, cinq présidents de Région, tous issus de l’UDF, sont élus grâce aux voix de l’extrême droite [Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon, Charles Baur en Picardie, Jean-Pierre Soisson en Bourgogne, Charles Millon en Rhône-Alpes et Bernard Harang en région Centre]. Ce n’est pas le cas d’Édouard Balladur, battu par Jean-Paul Huchon (PS), ni de François Léotard, renvoyé à Fréjus par Michel Vauzelle (PS).

Christian Estrosi a toujours nié le rôle qui lui a été prêté dans les négociations secrètes de 1998. Dimanche soir, sur France 2, l’édile azuréen a de nouveau qualifié ces accusations de "mensonges, fakes news, insultes, anathèmes, calomnies. Jean-Marie Le Pen est mon ennemi de toujours".

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