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Tension maximale dans

Mis à jour le 09/12/2015 à 05:13 Publié le 09/12/2015 à 05:13
Marion Maréchal- Le Pen a privilégié hier les interventions médiatiques au terrain. De son côté, Christian Estrosi a dénoncé les attaques «honteuses et personnelles du clan Le Pen». 	

Marion Maréchal- Le Pen a privilégié hier les interventions médiatiques au terrain. De son côté, Christian Estrosi a dénoncé les attaques «honteuses et personnelles du clan Le Pen».  Nicolas Vallauri/La Provence/(Ph. A.-C. Poujoulat

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Tension maximale dans

Alors qu'un débat réunira ce soir les deux candidats, la journée d'hier a fait monter la pression de la campagne électorale à son paroxysme

Une campagne tambour battant. Et un entre-deux tours des élections régionales à couteaux tirés entre les deux qualifiés que sont Marion Maréchal-Le Pen (Front national) et Christian Estrosi (Les Républicains).

Hier, le candidat n'a pas ménagé sa peine pour tenter de combler le retard enregistré dimanche dernier. Marion Maréchal-Le Pen, elle, a délaissé le terrain et le serrage de mains pour se concentrer sur les apparitions médiatiques.

Toute la journée d'hier, la tension n'a cessé de croître jusqu'à éclater vers 16 h 30. Un avant-goût du débat organisé par France 3 en partenariat avec Nice-Matin, Var-matin et France Bleu. Il opposera cet après-midi à 18 heures les deux candidats à Marseille.

« Il est remonté »

Dès hier matin, Christian Estrosi est apparu soucieux et très remonté. On a pu le constater lors d'une visite à l'association « Femmes solidarité », rue Dabray, à Nice. Signe indéniable du paroxysme atteint dans la campagne électorale : une forêt de caméras, d'appareils photo, de micros, de stylos l'attendait sur le trottoir. Pour ne pas rater le mot, l'expression, qui pourrait faire basculer le scrutin, les rédactions de toute la France ont dépêché leurs envoyés spéciaux.

« Il est remonté, la conférence de presse cet après-midi à Marseille lui permettra de déballer ce qu'il a sur le cœur », confie, yeux cernés - sa garde rapprochée dort peu - un membre de son équipe de campagne.

Mais masquant sa colère, Christian Estrosi a d'abord pris la peine de discuter longuement avec les travailleurs sociaux et une responsable du planning familial. « Je suis venu vous apporter un soutien au travail que vous faites pour les femmes et les hommes, et aux emplois que vous représentez », leur a-t-il confié.

Marion Maréchal-Le Pen a en effet de nouveau confirmé hier qu'elle entendait couper les crédits de la région au planning familial.

Le feu aux poudres

Le candidat des Républicains finit, avec du retard, par prendre la route pour Marseille. Un timing ultra-serré. La campagne tourne à plein régime.

A 14 h 55, Christian Estrosi attaque la conférence de presse qui lui tenait à cœur depuis le matin.

La veille au soir, l'entre-deux tours a pris une tournure nauséabonde. Jean-Marie Le Pen a en effet déclaré sur I>Télé : « En 1942, mon père est mort pour la France, je demande à M. Estrosi où était son père à ce moment-là ». Fureur noire de Christian Estrosi. Son père est en effet décédé il y a cinq ans.

Un tweet du président d'honneur du Front national, avec une vidéo de Christian Estrosi dansant lors d'une fête juive, Hanouka, a également mis le feu aux poudres. « Ils (les cadres du Front national, ndlr), se comportent comme des voyous », lâche d'emblée le candidat des Républicains, accompagné de Renaud Muselier (LR). « On peut s'en prendre à moi, mais pas à ma famille. Mon père est décédé il y a cinq ans. Il avait le même âge que Jean-Marie Le Pen. Il a été arrêté par la Gestapo, enfermé pour ne pas avoir fait le travail obligatoire en Allemagne, puis déporté en train et bombardé par les Américains en gare de Chalon-Sur-Saône... » Christian Estrosi, comme tout politique, peut feindre des émotions devant une caméra. Mais on sent celles-ci sincères et bouleversées.

« On crache sur la tombe de mon père »

« Je n'accepte pas que le clan de Jean-Marie Le Pen crache sur la tombe de mon père. Je n'accepte pas que Marion Maréchal-Le Pen, sa petite-fille dont il est très proche, cautionne ces mots et ce tweet antisémite. Ce qu'elle fait, par l'intermédiaire de son grand-père justifie l'utilisation du mot résistance. »

La conférence de presse se termine vers 15 h 30. Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi sont attendus quelques dizaines de minutes plus tard sur le plateau télé monté par I>Télé et Europe 1 dans les locaux du Pôle médias de la Belle de Mai.

16 h 30 : clash sur le plateau télé

A l'arrivée, séparée, des deux équipes de campagne, la tension grimpe d'un coup. Michaël Darmon, journaliste I>Télé et Jean-Pierre Elkabbach, Europe 1, ont fait installer deux pupitres dans le studio. Stupeur. Ce n'était pas prévu. Il était question de deux interventions, l'une après l'autre, de trente minutes. L'entourage de Christian Estrosi monte le ton. « Le débat c'est demain (ndlr : aujourd'hui), vos confrères ont l'exclusivité, ce n'était pas convenu». Tendu, Michaël Darmon tente de négocier, mais capitule. Le coup journalistique, de bonne guerre, a échoué. « Qui s'y colle pour aller négocier une photo des candidats ensemble ? », lance alors un membre de la production tandis que l'atmosphère, électrique, frôle les 100 000 volts. Ce sera encore Michaël Darmon, bombardé diplomate des plateaux.

La photo est acceptée. Marion Maréchal-Le Pen assistera en coulisses à l'intervention de Christian Estrosi, premier à parler. La photo est donc prévue au moment d'échanger les places. Arrive le moment de la rencontre. Elkabbach flaire l'odeur du sang. Marion Maréchal-Le Pen arrive. « Bonjour, susurre l'intervieweur d'Europe 1, vous allez vous serrer la main ? »

Marion Maréchal-Le Pen s'exécute, faussement souriante. Mais lance à Christian Estrosi dans le même mouvement et dans le crépitement des flashs : « Dommage de ne pas avoir le courage de débattre... »

La tension est physiquement palpable. Christian Estrosi, à peine remis de sa conférence de presse, est raide. Renvoie un sourire qui pourrait se fendre comme un bloc de glace.

Le candidat des Républicains rappelle qu'ils débattront le lendemain, « d'ailleurs il me semble que vous avez refusé de débattre à plusieurs reprises lorsque je l'ai demandé ».

Marion Maréchal-Le Pen dégoupille, tout en contrôle : « Je sais que le mensonge est pathologique chez vous. Ce n'est pas en les répétant que cela devient réel. » Estrosi rétorque : « Tout le monde sait que vous mentez matin, midi et soir. » Les deux candidats se rendront coup pour coup dans leur intervention télévisée à distance (lire ci-dessous). A ce rythme, les derniers jours de campagne risquent d'être incandescents.

Les deux finalistes se rendent coup pour coup

À cinq jours du second tour des élections régionales qui pourraient voir la victoire du Front national en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, difficile d'aborder les questions de fond. On a pu le constater hier soir lors du débat entre Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi, organisé à Marseille par I>Télé, Europe 1 et La Provence.

Entre les petites phrases assassines que les deux finalistes n'ont pas manqué de s'adresser par caméras interposées, on a quand même retenu trois questions sur lesquelles la candidate frontiste et son adversaire du parti Les Républicains ont des positions diamétralement opposées.

Accusant Marion Maréchal-Le Pen de vouloir faire des musulmans, « des citoyens de second rang », Christian Estrosi, « ulcéré », a parlé de « honte ». « Une honte dont je ne veux pas pour ma région ». En réponse, Marion Maréchal-Le Pen a précisé ses propos : « Les musulmans doivent se plier au mode de vie et aux mœurs façonnés par des siècles de chrétienté ».

Question sécurité, Christian Estrosi, qui répète à l'envi avoir été le premier à proposer d'équiper les gares de portiques électroniques, a chiffré cette mesure à « 4 millions d'euros pour l'ensemble des gares de notre région ».

Marion Maréchal-Le Pen a immédiatement remis en question cette estimation. Pour la candidate FN, « les gares de TER ne sont pas adaptées. Leur aménagement est impossible, sauf à engager des investissements considérables ». Et de privilégier, après négociation avec la SNCF, « une augmentation du personnel de la SUGE (sûreté ferroviaire) dans les trains ».

Dernier exemple : l'économie, et notamment l'aide apportée aux entreprises. Christian Estrosi a une nouvelle fois attaqué une proposition qu'il prête au FN : « Ne vouloir aider que les entreprises qui ont leur siège social en PACA ». Et d'affirmer, qu'en cas de victoire du FN, « un certain nombre de patrons m'ont dit qu'ils quitteraient la région ».

Ce à quoi Marion Maréchal-Le Pen a rétorqué : « Le sondage faisant état de l'inquiétude des patrons a été réalisé auprès de 400 d'entre eux. Soit 8 % à peine des chefs d'entreprise de la Région Paca ».

Vidéos, photos, extrait d’interview. Militants du FN, des Républicains mais aussi du PS inondent les réseaux sociaux de vieux dossiers pour mettre à mal l’image de Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi. C’est l’heure du grand déballage !

On ressort les vieux dossiers

Marion Maréchal-Le Pen craque en 2010 au moment d’expliquer son programme

C’était en 2010. Celle qui est arrivée en tête du premier tour des régionales en Paca était déjà candidate aux régionales... mais dans les Yvelines. Dans une vidéo ressortie du placard à archives, elle paraît complètement dépassée par les questions de plusieurs journalistes sur un marché. Alors âgée de 20 ans, elle craque et ne sait répondre quand on lui demande ce qu’elle compte mettre en place pour redonner le moral à la région Île-de-France. Mardi, la vidéo avait été vue plus 600 000 fois sur YouTube.

Marion Maréchal-Le Pen « francilienne avant tout »

Toujours en 2010. Marion Maréchal-Le Pen est invitée de France 3 en tant que seconde sur la tête liste FN aux élections régionales dans les Yvelines. Durant l’interview, elle se revendique clairement comme « une Francilienne » bien que ses propos laissent penser à un parachutage.
« Pourquoi les Yvelines ? Écoutez parce qu’on m’a demandé d’être là et on pensait que c’est là que je serais utile. Je suis francilienne avant tout. Ce sont des élections régionales donc je pense que c’est le plus important. »

Christian Estrosi sous une banderole du Front national

Le cliché ne date pas d’hier. Et il ressort à chaque fois que Christian Estrosi évoque le FN. La photo aurait été prise à la fin des années 80 et sur celle-ci, on aperçoit Christian Estrosi poser sous une banderole du Front national au cours d’une manifestation. « On a été surpris par le FN qui a levé une banderole », s’était justifié Rudy Salles, proche de Christian Estrosi et présent également sur la photo.

Christian Estrosi tout jeune au côté de Jean-Marie Le Pen

La photo n’avait jamais tourné sur les réseaux sociaux. On y voit un Christian Estrosi écoutant à sa droite un Jean-Marie Le Pen tout sourire. Le cliché était ardemment partagé par les militants socialistes en Paca appelant à braver « le barrage républicain » ordonné par Jean-Christophe Cambadélis. La photo a également été partagée par Jean-Marie Le Pen sur son compte Twitter. « Au temps où Christian Estrosi ne se prétendait pas résistant au FN », écrit le grand-père de Marion Maréchal-Le Pen.

Offre numérique MM+

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