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Tariq Ramadan, Marion Maréchal-Le Pen, vin et camembert au menu du tribunal

Mis à jour le 17/03/2016 à 05:13 Publié le 17/03/2016 à 05:13
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Tariq Ramadan, Marion Maréchal-Le Pen, vin et camembert au menu du tribunal

Michel Thooris, conseiller municipal FN de Carros, veut faire interdire la conférence de Tariq Ramadan prévue samedi dans une salle privée de la commune, louée par la Fédération des musulmans du Sud (FMS).

Il est 14 heures, hier, au tribunal administratif de Nice. La salle d'audience se remplit… de journalistes. L'affaire est médiatique : Michel Thooris, conseiller municipal FN de Carros, veut faire interdire la conférence de Tariq Ramadan prévue samedi dans une salle privée de la commune, louée par la Fédération des musulmans du Sud (FMS).

Le voilà qui se présente à la barre, carrure d'armoire à glace, petit filet de voix et « deux jurisprudences concernant Dieudonné » sous le bras : « Je vous lis les "considérant" ? ». « La cour les connaît ! », tranche Bertrand Parisot, vice-président du tribunal.

«Pas de police des opinions»

Thooris remballe. Et poursuit : « La conférence politico-religieuse de Tariq Ramadan est plus séditieuse qu'un simple spectacle humoristique. Tariq Ramadan fait l'apologie de la lapidation, des châtiments corporels et de la peine de mort. Le préfet et le maire de Carros doivent prendre leurs responsabilités ! »

Le juge s'étonne : « Tariq Ramadan a tenu deux conférences en mars à Villeneuve-d'Ascq et à Bourges. D'après le préfet, il n'y a eu aucun incident. Est-ce que vous pensez qu'il y ait, à Carros, des circonstances particulières ? » Le frontiste : « On n'appellera pas à manifester, on ne veut pas mettre de l'huile sur le feu. » Puis, catégorique : « Mais, à Carros, beaucoup nous ont dit qu'ils comptaient le faire… »

À la défense, l'avocat du maire de Carros, Me Narriman Kattineh-Borgnat plaide l'irrecevabilité. Carrée, rapide, précise : « Michel Thooris demande au juge des référés de suspendre l'autorisation accordée par le maire de Carros à la FMS d'organiser une conférence et d'ordonner au maire d'interdire cette conférence… Il n'y a pas d'autorisation à donner car il n'y a pas d'autorisation à demander ! Sur quels fondements le maire pourrait-il interdire une conférence privée dans un lieu privé ? »

« Je prends des risques pour ma sécurité »

C'est au tour de Sébastien Humbert, secrétaire général adjoint de la préfecture. Depuis le début de l'audience, il prend des notes, fronce les sourcils, bout sur son banc. Il charge : « M. Thooris n'a d'autre but que l'agitation médiatique autour de sa personne ! Son dossier est totalement inconsistant… » Débit mitraillette : « Il n'y a pas de police des opinions, il n'y a que la liberté d'opinion ! » D'un trait : « lI y aura samedi à Carros quelques gendarmes de la même manière que nous avions mis des gendarmes pour la venue de Mme Marion Maréchal-Le Pen… Que M.Thooris se rassure : nous n'avons aucun doute qu'il n'y aura aucun trouble à l'ordre public… Le seul risque étant une manifestation non déclarée dont vous serez l'instigateur et on ira chercher votre responsabilité ! »

Me Sefen Guez Guez embraye pour la FMS. « Sur le fond. » « Tariq Ramadan n'a jamais promu la lapidation, bien au contraire ! M.Thooris nous dit aussi que Tariq Ramadan serait interdit d'entrée aux États-Unis. Il l'a été à l'époque de Bush car il s'était opposé à la guerre en Irak, il ne l'est plus… » Grinçant : « Le vin et le camembert ont aussi été interdits de séjour aux États-Unis et je note que M. Thooris n'a jamais manifesté contre le vin et le camembert ! »

Michel Thooris s'indigne : « Je ne me fais pas de publicité, je prends des risques pour ma sécurité personnelle. » Le juge se lève. Le public aussi. Fin de l'audience. Les journalistes dégainent micros et caméras. Décision aujourd'hui.


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