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Stéphane Valeri sur Radio Monaco: "Chaque plan social est un plan de trop"

Stéphane Valeri était ce vendredi matin en direct sur Radio Monaco. Le conseiller de gouvernement pour les Affaires sociales et la Santé a longuement évoqué les problèmes sociaux de l’industrie

Joelle Deviras Publié le 24/11/2014 à 08:17, mis à jour le 24/11/2014 à 08:32
Stéphane Valéri
8 h 10 ce vendredi matin : après le journal de Jean-Christophe Sanchez (à gauche), François Chantrait de Monaco-Info (à droite) a lancé le Face à la presse avec Stéphane Valeri dans laquelle intervenait également Franck Hermann de Radio-Monaco. Jimmy Boursicot

Stéphane Valeri était ce vendredi matin en direct sur Radio Monaco. Le conseiller de gouvernement pour les Affaires sociales et la Santé a longuement évoqué les problèmes sociaux de l’industrie

L'actualité sociale est pesante dans l'industrie. Après une vague de licenciements chez Théramex et Monachem, c'est Mécaplast qui vient d'annoncer un plan de départs volontaires.

Ce vendredi, dans l'émission Face à la presse,avec Monaco-Info et Monaco-Matin, Radio Monaco a interviewé le conseiller de gouvernement pour les Affaires sociales et la Santé. Stéphane Valeri a situé le contexte local dans son environnement mondial et présenté les dispositifs d'aide pour soutenir l'industrie à Monaco. Un message teinté d'espoir.

 

L'industrie, est-ce le talon d'Achille de l'économie monégasque ?

Je voudrais sortir de la sinistrose et d'abord rappeler que l'économie de Monaco se porte très bien. La Principauté est un pays qui réussit. Nous avons près de 50.000 emplois aujourd'hui. Nous avons eu une importante croissance en 2013 avec plus de 1.300 emplois créés. Mais c'est vrai que nous subissons un certain nombre de délocalisations industrielles.

L'industrie, secteur en souffrance ?

C'est un phénomène mondial auquel nous n'échappons pas. Nous avons perdu 250 emplois en 2013 dans l'industrie. Chaque plan social est un plan de trop. Car derrière ces annonces, il y a des licenciements ; des hommes et des femmes inquiets, parfois en souffrance. Nous recevons systématiquement les représentants du personnel. Nous leur redonnons espoir. Personne n'est laissé au bord du chemin. Nous pouvons aider les salariés à retrouver un emploi en Principauté, quitte à leur donner des formations pour cela. D'ailleurs, nous avons d'excellents résultats.

 

D'autres plans sociaux vont-ils être annoncés ?

À ma connaissance non. Hélas, ça ne dépend pas de nous, mais de stratégies industrielles mondiales qui dépassent les pouvoirs du gouvernement de Monaco.

Vous dites être attaché à l'industrie. Mais la réalité des plans sociaux est là. N'est-ce pas paradoxal ?

Le gouvernement princier est profondément attaché au maintien d'un secteur industriel à Monaco. On ne parle jamais des success stories. Par rapport à 2009, nous avons quasiment le même nombre d'emplois dans l'industrie : 3.200 contre 3.100 aujourd'hui. Ça veut dire qu'il y a des sociétés qui se créent ou qui se développent. Nous avons de très belles réussites industrielles : Asepta, Bettina, Sam Conti, etc. Je crois vraiment qu'il faut arrêter de dire qu'il n'y a pas d'avenir dans l'industrie à Monaco. Nous avons des mesures fortes. Nous louons des dizaines de milliers de mètres carrés à des prix étudiés, avec des baux sécurisés. Nous avons une prime industrielle - et nous étudions actuellement de quelle manière nous pouvons la renforcer et l'améliorer.

Et les aides aux salariés ?

 

Chaque fois qu'un plan de licenciement est annoncé, je rencontre les dirigeants de l'entreprise pour voir si on peut l'éviter, ou au moins le limiter et le transformer sur la base du volontariat. C'est ce que nous avons obtenu avec Monaco Telecom et Mécaplast. Quand ce n'est pas possible, nous sommes aux côtés du personnel licencié. Pour moi, l'aspect humain est essentiel. J'essaie d'être un médiateur. Quand il s'agit de licenciement dans le cadre de restructurations stratégiques mondiales, nous essayons d'obtenir, pour les salariés, des indemnités de licenciement les plus élevées possibles et qui tiennent compte de l'ancienneté. On l'a vu avec Borgwarner. Ensuite, au niveau du service de l'Emploi, ils sont prioritaires. Et nous pouvons également accompagner les personnes vers un nouveau métier.

Y a-t-il vraiment un dialogue social ?

Mon rôle est d'essayer de raccrocher les positions des uns et des autres. Ce n'est pas simple évidemment. Le gouvernement ne peut pas se substituer à la stratégie des entreprises. En cas de faillite, vous ne pouvez pas demander des efforts financiers à une entreprise qui n'a plus de moyens. Mais en cas de restructuration internationale, oui, nous demandons alors un effort financier et social ce qui nous semble légitime et normal. Surtout quand l'État a aidé financièrement ces entreprises. Je pense à Mécaplast par exemple. Mais ce fut le cas pour Borgwarner où l'on a multiplié par huit les indemnités de licenciement entre le début et la fin des négociations. Chez Théramex, nous avons replacé 85 % des salariés licenciés. Sur le dernier plan de Mécaplast de 2012, nous sommes environ à 80 %. Vous voyez qu'on peut donner de l'espoir.

 

 

 

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