“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Stéphane Valeri: "Nous sommes un partenaire constructif du Gouvernement"

Mis à jour le 18/06/2019 à 11:32 Publié le 18/06/2019 à 12:00
Le ministre d’État Serge Telle et le président du Conseil national Stéphane Valeri, mercredi dernier, dans l’hémicycle.

Le ministre d’État Serge Telle et le président du Conseil national Stéphane Valeri, mercredi dernier, dans l’hémicycle. Photo Cyril Dodergny

Stéphane Valeri: "Nous sommes un partenaire constructif du Gouvernement"

Avant la trêve estivale, les dossiers politiques prennent un coup d’accélérateur. En plus des discussions des séances publiques, Stéphane Valeri poursuit sans relâche…

Europe, qualité de vie, plan logement, smart city... En plus des séances publiques qui sont autant d’occasions de rappeler ses positions, le président du Conseil national ne lâche rien des dossiers de la scène publique, avec l’esprit d’être "un partenaire constructif du Gouvernement". Tout d’horizon avec Stéphane Valeri.

Actuellement, où en la relation institutionnelle entre le Gouvernement et le Conseil national?
Dans ses propos le gouvernement qualifie, à juste titre, notre assemblée de "partenaire institutionnel". Force est de constater que ce n’est pas toujours le cas en pratique. Nous devons être vigilants sur chaque dossier. Mis devant le fait accompli de décisions qui sont parfois inacceptables pour nous, il n’est jamais agréable de devoir nous comporter en chambre d’opposition. De plus, le gouvernement a tendance à dénaturer certaines propositions de loi du Conseil national, lorsqu’il les reprend sous forme de projet de loi, alors que l’article 67 de la Constitution lui impose de ne pas le faire lorsqu’il a décidé de les transformer. Le cas du texte sur les marchés publics en est une illustration : 30 articles ont été vidés de leur substance et réduits à un seul! Autre exemple: nous constatons qu’au moins un traité international impliquant des modifications législatives a été ratifié sans le vote du Conseil national, alors que l’article 14 de notre Loi suprême l’impose pourtant.

Comment réagissez-vous dans ce cas?
Les vingt-quatre élus ont alerté le Ministre d’État par un courrier argumenté sur l’ensemble de ces points. Le bon fonctionnement de nos institutions implique en effet tout à la fois le respect des prérogatives du Gouvernement comme de celles du Conseil national. Nous sommes un partenaire constructif du Gouvernement, qui traduit les attentes des Monégasques et des résidents sur le terrain, et qui a pour but de toujours faire davantage de propositions concrètes, contribuant à l’amélioration de la politique gouvernementale.

Mercredi dernier, vous avez demandé au Gouvernement une concertation à tout engagement d’étape avec l’Union Européenne…
Oui, en cette période où l’on parle de la possibilité pour le Gouvernement, de s’engager dans la voie d’un accord intermédiaire de principe avec Bruxelles, qui pourrait être conclu dans les prochaines semaines, j’ai tenu à le rappeler solennellement.  J’ai réaffirmé que la priorité nationale dans tous les domaines, l’autorisation préalable à l’installation des entreprises et des résidents, ainsi que le fait de réserver aux Monégasques l’exercice des professions réglementées, sont des lignes rouges qui touchent à l’essence même de notre modèle économique et social, et qui donc pour les Monégasques et leurs élus, ne sont pas franchissables. J’ai demandé la tenue d’une commission plénière d’étude consacrée à ce dossier capital, en présence du Gouvernement et de l’ensemble des élus, le 17 juillet. S’agissant d’une étape cruciale, listant a priori des concessions sur lesquelles il serait ultérieurement très difficile voire impossible de revenir, il est indispensable qu’une concertation préalable ait lieu avec notre assemblée, qui selon l’article 14 de notre Constitution, devra autoriser par un vote la ratification d’un éventuel traité.

Que pensez-vous de la smart city et du déploiement de la 5G?
Nous ressentons une inquiétude et nous partageons les questions légitimes que se posent de nombreux résidents par rapport au déploiement de la 5G. Ainsi, dès le 17 avril, nous avons écrit au Gouvernement pour lui demander de respecter le principe de précaution et de s’appuyer sur des études scientifiques avant d’avancer sur ce projet. Il faut refuser les thèses complotistes, tout autant que la confiance aveugle dans les nouvelles technologies. Ne soyons pas dupes, il existe des enjeux économiques majeurs qui imposent aux autorités la prudence face aux affirmations des entreprises directement concernées. Le Conseil national est et sera prudent et vigilant sur cette question économique et de santé publique. Nous attendons donc une réponse rapide et précise du Gouvernement.

Comment se déroule la mise en œuvre du Plan National Logement annoncé en mars?
Avec les plus de 700 logements domaniaux livrés d’ici environ 3 ans, tous les foyers monégasques dont la situation le justifie seront bien logés dans leur pays à cette échéance. Pour autant, la mise en œuvre de ce plan demande la plus grande vigilance pour le respect des délais et pour les modalités de lancement de ces chantiers. Par exemple, nous regrettons qu’il n’y ait eu aucune concertation préalable avec le Conseil national dans la négociation du Gouvernement avec les promoteurs pour les opérations Testimonio 2 et 2 bis. Avec de telles sommes en jeu, qui seront soumises à notre vote, il n’est pas normal que le Gouvernement n’ait pas fait un point d’étape avec les élus, avant de s’engager auprès de tiers. Nous pouvons pourtant le soutenir dans la négociation pour la meilleure défense des intérêts de l’État.

En matière de qualité de vie, les mesures prises par le Gouvernement sont-elles suffisantes?
La réponse est clairement non. Certes nous avions obtenu pour la première fois, après des débats très difficiles avec le Gouvernement, deux arrêtés ministériels en décembre 2018, l’un pour interdire les travaux bruyants la nuit et les week-ends, l’autre pour limiter les nuisances des chantiers. Nous avions alors regretté les dérogations gouvernementales à ces règles pour certains chantiers privés en cours et indiqué que nous ferions le bilan avant l’été. Eh bien nous y sommes, et force est de constater que la situation n’est toujours pas satisfaisante. Malgré les promesses, les contrôleurs supplémentaires chargés de faire respecter les règles n’ont toujours pas pris leur fonction. Où sont les engins de chantiers insonorisés et autres sarcophages acoustiques promis?

Vous avez aussi les travaux de voirie en ligne de mire?
Oui en effet ! Et les progrès relatifs obtenus sur les chantiers de construction ont été gâchés par la mauvaise organisation des travaux de voirie entraînant des nuisances considérables pour la circulation, à l’exemple des sept mois qui ont été nécessaires pour réaliser moins de 200 mètres de travaux au bas du boulevard du Jardin Exotique. Nous avons, dans un courrier du 26 avril dernier, demandé des améliorations ainsi que des mesures immédiates et clairement perceptibles par les résidents. Il faut des effectifs par chantier en nombre bien plus important pour libérer plus rapidement les voies, et pour les interventions non bruyantes utiliser des plages horaires élargies les soirs et les week-ends, lorsque la circulation est très réduite. Suite à notre courrier, le Gouvernement a pris certaines premières mesures d’urgence. Malgré cela, les résidents ont trop souvent le sentiment qu’on marche sur la tête. Alors que les services de l’État devraient imposer aux entreprises de travaux, des décisions conformes à l’intérêt général, on a parfois l’impression que ce sont ces entreprises qui dictent leur loi. Ce n’est plus acceptable.

En dehors des chantiers, avez-vous d’autres propositions à formuler?
Le Plan National Logement ayant été désormais adopté, l’amélioration concrète de la qualité de vie est à présent notre première priorité en vue des futurs débats budgétaires. Il est temps d’adopter des mesures fortes comme par exemple la gratuité des autobus pour les résidents de Monaco et des communes limitrophes, la mise en place rapide de navettes maritimes entre Nice, Monaco et Menton, et de stopper les voitures hors 06, avant d’entrer en ville, dès la livraison du parking relais de près de 2.000 places au Jardin Exotique.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.