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Son rôle à Paris, son regard sur la Principauté, le Conseil national... Christophe Steiner, ambassadeur de Monaco à Paris, se confie

Mis à jour le 21/08/2019 à 08:47 Publié le 21/08/2019 à 09:30
C’est maintenant en Principauté que Christophe Steiner, ambassadeur de Monaco à Paris depuis neuf mois, passe ses vacances d’été. L’occasion de retrouver sa famille et ses amis.

C’est maintenant en Principauté que Christophe Steiner, ambassadeur de Monaco à Paris depuis neuf mois, passe ses vacances d’été. L’occasion de retrouver sa famille et ses amis. Photo J.D.

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Son rôle à Paris, son regard sur la Principauté, le Conseil national... Christophe Steiner, ambassadeur de Monaco à Paris, se confie

En congés dans son pays, Christophe Steiner, ambassadeur de Monaco à Paris depuis neuf mois, voit la Principauté sous un autre angle. Rencontre avec l’ex-président du Conseil national.

Christophe Steiner est le premier président du Conseil National à devenir ambassadeur. Après quelques années tendues au sein d’une assemblée qui méritait certainement au moins meilleure ambiance, l’éloignement a donné un nouvel élan à sa carrière à Paris. Christophe Steiner a été nommé Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de Monaco en France, par ordonnance souveraine du 22 novembre 2018. Pour la première fois donc, c’est en Principauté qu’il passe ses vacances et retrouve les siens.

À Paris, en quoi consiste votre travail au quotidien?
Il n’y a pas de quotidien contrairement à ce que l’on pourrait croire. Les journées sont parfois très longues et aucune ne se ressemble. L’ambassadeur d’un grand pays avec qui nous entretenons des relations diplomatiques, me confiait que notre travail n’est pas d’être assis derrière un bureau et que faire un planning relève de la tapisserie de Pénélope. L’activité est très variée et souvent très dense ; souvent un événement se substitue à un autre, une demande de rendez-vous urgente, une représentation à un événement officiel,... Il ne faut pas oublier que la plupart des ambassadeurs monégasques "traitent" plusieurs pays, voire plusieurs organisations internationales. Pour ma part, hormis la France, dans le cadre de ma mission, j’ai également Andorre, l’Organisation de la Francophonie, le Bureau Internationale des Expositions… Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, ce n’est pas le Congrès de Vienne, et il n’y a pas que les rochers de l’Ambassadeur. Mais l’avantage c’est que, de par les rencontres faites, je peux être en contact quasi direct avec l’actualité internationale et avoir ainsi une vision plus globale des événements. L’important c’est de toujours chercher à comprendre le pourquoi des choses. Le rôle de l’ambassadeur consiste à représenter le Souverain et la Principauté de Monaco auprès de tous les pays avec lesquels nous avons des relations diplomatiques. Et beaucoup de pays souhaitent établir des relations diplomatiques avec nous...

Combien êtes-vous à l’ambassade?
Il y a une quinzaine de personnes dont quatre diplomates. J’ai la chance d’avoir une excellente équipe

Êtes-vous souvent amené à vous déplacer?
En France généralement... Et à Monaco en particulier.

Quels sont les dossiers sur lesquels vous consacrez la majorité de votre temps?
En ce moment, la préparation de la 36e session de la Conférence Ministérielle de la Francophonie qui se déroulera en Principauté les 30 et 31 octobre prochains et qui demande beaucoup de réunions. D’une manière plus générale, il s’agit de maintenir un suivi pour les pays accrédités avec Monaco et être en lien, aussi souvent que nécessaire, avec le quai d’Orsay. Nous avons également beaucoup de demandes de pays qui souhaitent établir des relations économiques avec nous et qui souhaitent pouvoir rencontrer nos entrepreneurs.

Êtes-vous en relation avec le parlement français?
J’ai été convié à l’Assemblée nationale par le groupe d’amitié France-Monaco présidé par Olivier Dassault. Nous avons fait une présentation sur Monaco en expliquant la contribution monégasque à l’économie française. Par ailleurs, j’ai été appelé deux fois au Sénat. La première fois, ce fut pour la ratification de la loi autorisant l’approbation de l’accord-cadre relatif à la coopération en matière de sécurité sanitaire et de l’accord relatif à la coopération en matière de transfusion sanguine. Le sénateur rapporteur de la loi avait demandé à me voir. La seconde fois, c’était une sénatrice responsable d’une commission d’enquête sur la fraude sociale qui voulait savoir comment chaque pays traitait le problème. C’est une bonne occasion pour présenter les réalités du pays qui sont totalement méconnues ; par exemple, l’impact de l’économie monégasque sur la région voisine.

Comment est perçu Monaco, selon vous, dans les cercles parisiens?
Les gens sont très courtois. Il y a une grande fascination pour la personne du Souverain. Son engagement international ainsi que son implication dans la lutte contre le changement climatique, le font reconnaître à la fois comme un leader et un pionnier dans ce domaine. À Paris, deux institutions sont des piliers incontestables : la Maison des Océans [anciennement appelée Institut océanographique de Paris, N.D.L.R.] et l’Institut de paléontologie humaine. Ces deux entités ont été créées par le prince Albert Ier. Des scientifiques du monde entier s’y retrouvent et échangent. C’est incontestablement une mise en valeur de la Principauté; comme l’est, plus discrètement, la coopération internationale et le Centre scientifique de Monaco. D’une manière plus générale, nous sommes appréciés par toutes les délégations, d’une part grâce à la personnalité du Prince Albert II et autre grand avantage, nous n’avons jamais fait la guerre à personne. D’ailleurs à ce sujet, un jour, un diplomate me lance très sérieusement : “On ne vous voit jamais avec votre attaché militaire.” Je lui répondis qu’effectivement, je me sentais un peu nu sans revolver. (Rires)

Des nouvelles du Conseil national?
Pas trop non…. J’ai conservé les amitiés que j’ai pu y développer. Je regarde de loin les propositions de lois que nous avions votées et qui reviennent transformées en projets de loi. Les textes sur les marchés publics ou le droit au compte notamment…

Vous qui avez maintenant un regard éloigné sur Monaco, comment voyez-vous votre pays?
Quand on vit à l’étranger et que les représentants d’autres États étrangers (ceux qui ont récemment subi un changement de régime ou les pays en voie de développement) viennent vous voir pour trouver des investisseurs, on mesure le besoin en financements publics ou privés. Tous les pays cherchent de l’argent. Alors je me dis que les Monégasques pourraient réaliser à quel point ils sont privilégiés. Cette distance montre également, avec encore plus d’acuité, combien la Principauté est imbriquée, à tous les niveaux, avec les autres pays. Monaco est obligé de composer avec le monde et ne peut pas ne pas en être conscient.

Que gardez-vous de vos années d’élu?
Des bons et des moins bons souvenirs, et une expérience acquise qui m’aide dans ce monde où la diplomatie et la politique ne sont jamais bien loin l’une de l’autre.

Ambassadeur de Monaco à Paris: un job en or?
La diplomatie est un centre de coût et pas un centre de profit immédiat, il faut savoir dépenser pour pouvoir récolter des bénéfices à terme. C’est un peu comme la haute couture dans l’industrie du luxe, une dépense nécessaire parce que l’image du pays est en jeu. Il s’agit de représenter le pays tout entier, nationaux et résidents.

Votre regard sur la Principauté a-t-il changé?
Mon regard sur Monaco n’a pas changé. Ce n’est pas aussi manichéen qu’on pourrait le croire. C’est un État qui diffère des autres par ses particularismes mais qui peut être confronté aux mêmes problèmes que les autres pays. On se pose tous les mêmes questions sur le financement des retraites, l’emploi, le développement économique et l’évolution du monde,... Parfois j’ai l’impression que l’on se crée des problèmes de riches.

Le mal du pays?
Non, je n’ai pas le temps, et je suis souvent en contact avec ma famille et mes amis.


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