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Soirée électorale dans les A-M

Mis à jour le 07/12/2015 à 08:26 Publié le 07/12/2015 à 08:18
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Soirée électorale dans les A-M

Le Front national décomplexé à Nice

Il est loin le temps des permanences discrètes et quasi désertes.Celui, pourtant pas si vieux, où, les soirs d’élection, l’appartement d’un militant suffisait à accueillir les forces vives du FN. Ce temps-là, Vincent, « sympathisant depuis près d’un an », « actif depuis seulement deux jours », ne l’a pas connu.Du haut de ses 16 ans il sirote gaiement une coupe de la presque-victoire au Westminster. Pour ces régionales 2015, le parti de Marine Le Pen s’est offert le salon Président. Tout un symbole.Celui d’un FN décomplexé, capable de talonner la droite sur ses propres terres, qui revendique sa force politique dans ce palace niçois avec ses 160 fauteuils de velour bleu...

Pas tout à fait Marine.Ici c’est Marion Maréchal, sa nièce, qu’on applaudit à tout rompre.« Je l’ai eue au téléphone, elle vous embrasse chaleureusement », lance Olivier Bettati, ancien adjoint de Christian Estrosi devenu tête de liste azuréen du FN à l’occasion de ces élections.

Et il n’y a évidemment pas pire ennemi qu’un ancien ami. Le PS vient d’annoncer qu’il retirait sa liste. Pour Olivier Bettati « Paris a demandé aux cocus de Paca de payer la note d’hôtel ». Mais, à cette annonce, c’est bien l’enthousiasme des militants FN qui semble un peu douché.Comme si le Westminster venait de leur présenter la note de ces bouteilles de champagne que l’on continue malgré tout de déboucher.

Parce que ce scénario Bernard le redoutait : « C’est toujours mieux de se partager le beefsteak que de ne plus en avoir du tout. » Voilà pourquoi Claude Reyne, « retraité de la banque », estime que « l’idéal ce serait de ne voter qu’à un tour.A la proportionnelle. Tout le reste ce sont des magouilles... »

Consternation et mines sombres à Nice.
Consternation et mines sombres à Nice. J.-F. Ottonello

Chez Les Républicains : « Une catastrophe »

« C’est une catastrophe. » 20 h, au QG des Républicains des Alpes-Maritimes, qui ont pris leurs quartiers au L’F Café sur le Cours Saleya à Nice. Les résultats viennent de s’afficher. Patrice, militant LR, accuse le coup. Dans la salle, le score frontiste laisse l’assistance sans voix. Ils sont une soixantaine autour de Pierre-Paul Leonelli (LR) et Rudy Salles (UDI).

Le choc est tel que même l’expression « faire bonne figure » n’a plus cours. « Il faut que les électeurs se réveillent au second tour, c’est pas possible », murmure abattue Claudie, une militante LR. Dans le L’F Café, seule la télé pérore dans un silence glacial, égrenant les chiffres implacables.

Ceux qui font mal dans le cœur des sympathisants. Philippe Soussi, avocat et adjoint de Christian Estrosi, n’en trouve plus les mots. Lui si volubile dans un tribunal, est incapable de mettre des termes sur ce qu’un vieux militant qualifie de « vague de haine ».

« C’est dur, commente Patrice, un autre encarté LR. Il faut que tout le monde se ressaisisse au second tour, on doit y croire. Mais ça fait peur.» Les militants sont là, sans y être. Ils écoutent la télé en silence, les politiques présents se montrent mutuellement leurs téléphones portables avec des airs sombres et entendus. Les chiffres tombent, mauvais.

Encore mauvais. Puis on se reprend un peu, Christian Estrosi s’exprime sur France 3. Des « Allez Christian » fusent, mais isolés. Le candidat Républicain commence à s’exprimer. Et soudain ... le noir, plus de télé. Elle reviendra par intermittence. En ce premier tour, même la technique a décidé de lâcher. Sale soirée. 

C.P.

Parti socialiste : un coup de massue attendu

Au siège du PS à Nice, rue Biscarra, l’ambiance est plutôt morose au moment des premières estimations. « ça va ? » « Ben non », répond, verre de Ventoux à la main, Jean-Louis Alunno, militant socialiste et sosie officiel de Christophe Castaner. Le sourire de la tête de liste sur les affiches du PS contraste avec le visage de la poignée de militants rassemblés devant un écran géant. Marion Maréchal-Le Pen réalise deux fois le score de son grand-père.


Ingénieur de métier, colleur d’affiches dès son adolescence, Jean-Louis Alunno ne peut se résoudre à voter Estrosi pour le second tour. Il espère que son candidat se maintiendra. Il en veut aux médias « qui passent leur temps à faire le jeu du FN ».

« Moi je ne comprends pas les écologistes », bougonne Maurice Bouzereau. Jusqu’au dernier moment, Castaner leur a tendu la main.» Et de disserter sur les curiosités de l’époque : « Je connais un ex-taulard qui vote FN pour la sécurité », explique l’un. « On reproche à Castaner son déficit de notoriété mais tout le monde réclame de nouvelles têtes », ajoute l’autre.

Seul motif de satisfaction, le faible score la liste d’Estrosi. « Estrosi n’a pas la capacité de rassemblement d’un Xavier Bertrand dans le Nord », observe Xavier Garcia, patron du PS 06. Jean-Claude Merengone, militant de la première heure, applique la méthode Coué, voulant croire au maintien du PS au second tour  : « Rien n’est perdu il y a tant d’abstentionnistes. »

En aparté, d’autres se montrent moins optimistes : « De toute façon, gauche ou droite, à plus de 41%, c’est impossible de rattraper le FN. »

Les jeunes militantes n’ont pas pu contenir leurs larmes hier soir, à l’espace citoyens, de la place Saint-Roch.
Les jeunes militantes n’ont pas pu contenir leurs larmes hier soir, à l’espace citoyens, de la place Saint-Roch. S.C.

Une liste commune mais deux soirées électorales distinctes pour le Front de gauche et Europe Ecologie-Les Verts. C’est à l’espace citoyens de la place Saint-Roch à Nice, que les militants du PCF se sont retrouvés.

Dès 20 heures, et les premières estimations, l’ambiance est plombée. « C’est la cata, » résume Robert Injey. Nombreux sont ceux qui ont préféré rester chez eux. Mais Anaïs et Marilou elles, sont là. A l’annonce du score du FN, les étudiantes craquent.
Les larmes coulent.

« On en a vu d’autres, il faut continuer, ce n’est pas une élection qui va nous arrêter » console Michèle. Fille de communistes, encartée depuis 1965, elle tente de remonter le moral des militantes. « Elles ont tellement mouillé la chemise pendant la campagne. »

Dépité, Mathieu, pantalon rouge et tee-shirt de super-héros, se rabat sur le buffet campagnard. Dressé sous une affiche de Che Guevara.

« ça ne va pas me couper l’appétit ! Et dire que je suis allé à Sainte-Rita, » plaisante-t-il. Mais sa bonne humeur peine à endiguer la lame de fond de la déception. Pendant ce temps, au Court Circuit Café, rue Vernier, Laurent Lanquar et les militants d’Europe Ecologie-Les Verts, peinent aussi à positiver. « Nous sommes dans la fourchette basse de ce qu’on attendait », lâche-t-il.

Réactions des têtes de listes départementales

Christian Estrosi (Les Républicains)

« Je salue le geste de Jean-Christophe Cambadélis de ne plus présenter de liste PS dans le Nord et dans notre région. Confier une région avec tous les enjeux économiques, sociaux, à des gens qui stigmatisent, veulent s’attaquer à la politique culturelle, au planning familial, est un véritable danger. C’est sur moi que repose le devoir de faire gagner les valeurs républicaines. »

Olivier Bettati(Front national)

« Je suis un peu stupéfait d’apprendre que M. Cambadélis a demandé le retrait de la liste socialiste.On préfère dans une petite cuisine d’arrière-boutique s’échanger deux ou trois postes pour empêcher coûte que coûte un troisième de faire le ménage.»

Patrick Allemand  (Parti Socialiste)

« Nous sommes dans une situation politique très grave, inédite. Marion Maréchal-Le Pen est au-dessus de toutes les estimations. Notre candidat réalise, en revanche, un score attendu mais assez bas. Le grand enseignement de ce premier tour, c’est l’échec de Christian Estrosi. »

Lydia Schénardi (Union des droites)

« Nous ne pouvons pas demander à nos électeurs de voter pour des candidats complètement inexpérimentés et entourés de personnes en lesquelles nous n’avons pas confiance.C’est pourquoi nous orientons nos électeurs vers le candidat de droite qui a une expérience de la gestion des collectivités territoriales. »

Cécile Dumas (Front de gauche)

« On est déçus car nous n’avons pas atteint l’objectif de 10%. Malgré notre volonté de rassemblement, nous avons été avalés par le discours de haine et de division de notre société portée par le FN. On n’appellera pas à voter Christian Estrosi, mais notre ennemi numéro 1 reste l’extrême-droite. »

Gaël Nofri (Debout la France)

« Nous faisons le score naturel d’une liste qui n’a eu aucune visibilité médiatique et au final c’est le FN qui en profite.Ce que l’on constate aujourd’hui c’est que la France est orpheline d’une vraie droite.»

Dominique Bitouzé (Nouvelle donne)

« Nous avions fait 3,13 aux européennes.Nous serons à 1%.Nous méritions mieux.On est face à un vote émotionnel.Ras le bol des professionnels de la politique. Il n’y a aucune consigne de vote de notre part. »

Ciotti : «FN, l’impasse»

« Ce soir, le message des Français est limpide : la République ne doit plus renoncer comme elle le fait depuis plus de 3 ans ! Si cette colère doit être entendue, je veux dire à nos concitoyens que le vote pour le Front national au 2nd tour est une impasse. Aujourd’hui, le parti Les Républicains est le seul à même de répondre aux attentes des Français et de proposer une alternance sérieuse. Tout autre vote exposerait la région, et plus encore la France, à de graves déconvenues. »

Offre numérique MM+

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