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Qui succédera à Xavier Garcia à la tête des socialistes de la Côte d'Azur?

Le patron des socialistes azuréens abandonnera officiellement ses fonctions fin août. Son successeur, élu fin septembre, devra redonner une cohésion à un groupe divisé et déboussolé.

Lionel Paoli Publié le 22/07/2021 à 07:30, mis à jour le 21/07/2021 à 16:35
Xavier Garcia a glissé le nom de deux successeurs possibles. Mais d'autres candidats pourraient se faire connaître à la rentrée. Photo E. O

"En 2015, au soir du premier tour des régionales, on pouvait se permettre de retirer notre liste pour faire barrage au RN. Aujourd’hui, c’est de l’euthanasie ! Comment allez-vous expliquer aux électeurs, la prochaine fois, qu’il faut voter pour vous ? Moi, je ne sais pas faire…"

Un aveu d’impuissance qui sonne comme un constat d’échec. Xavier Garcia, premier secrétaire fédéral du PS 06 depuis décembre 2014, rendra ses galons fin août.

Qui pour lui succéder ? Le patron des socialistes azuréens glisse deux noms : Raphaël Galmiche et Frédéric Pellegrinetti.

Le premier, âgé de 34 ans, est une figure montante du parti. Actuel bras droit de Garcia, prof de maths au collège Maurice-Jaubert à l’Ariane, il ne rejette pas l’idée de briguer la direction départementale. Mais "pas à n’importe quelles conditions", insiste-t-il.

 

"Nous nous sommes sabordés pour rien!"

Remonté, le Niçois annonce la couleur : "Si l’on me confie ce mandat, je veux avoir les coudées franches aux prochaines élections, sans avoir à organiser systématiquement un front républicain."

Raphaël Galmiche réclame également les "moyens financiers" que la direction nationale du parti a supprimés. Avant, nous recevions une péréquation de quelques milliers d’euros. Désormais, plus rien ! On nous demande de vivre avec les rétrocessions de nos élus. Sauf qu’on nous empêche d’en avoir ! Ici, c’est une terre de mission. On se sent laissés de côté."

L’homme se dit « choqué » par l’attitude des dirigeants nationaux du PS qui « font de la communication et soignent leur image ». Comme Xavier Garcia, l’enseignant estime que les dés étaient pipés dès le départ : « Le choix de retirer notre liste, aux régionales, était acté avant qu’un seul bulletin soit déposé dans l’urne ! »

Pour lui, les résultats de ce premier round « montraient que les sondages n’étaient pas fiables. L’exemple de la Région Grand Est en 2015 aurait dû éclairer nos responsables nationaux (1) : le Rassemblement national n’avait aucune chance de gagner. Nous nous sommes sabordés pour rien ! »

 

Le numéro 2 de la fédération se dit « tout à fait prêt » à soutenir un autre candidat, soulignant à son tour les « grandes qualités » de Frédéric Pellegrinetti.

Ce dernier, à la tête de la section de Menton, se donne « le temps de la réflexion. » Le quinquagénaire sourit : « Je ne suis pas demandeur. La séquence des régionales a été difficile à vivre. J’ai besoin de prendre un peu de recul. On se retrouvera fin août. »

Fouzia Ayoub "en réflexion"

C’est à la rentrée, également, que d’autres prétendants pourraient sortir du bois. Le nom de Patrick Allemand, qui fut le prédécesseur de Xavier Garcia pendant quatorze ans, revient avec insistance.
L’ancien premier vice-président du conseil régional refuse d’évoquer cette possibilité… sans toutefois la réfuter. « C’est totalement prématuré », botte-t-il en touche.

En interne, l’hypothèse de son retour fait grincer des dents. Certains suggèrent qu’il pourrait encourager une proche à reprendre le flambeau : Fouzia Ayoub.

 

La secrétaire de la section Nice Rive Gauche, âgée de 49 ans, confirme être « en réflexion ».
« Si je décide de me présenter, ce sera pour rendre la parole aux militants qui en ont été privés, explique-t-elle. Moi ou une autre, dans tous les cas, je souhaite que le prochain patron du PS dans les Alpes-Maritimes soit une femme ! »

Celui-ci – ou celle-là – sera élu(e) après le 79e Congrès du Parti socialiste organisé les 18 et 19 septembre à Villeurbanne. Patrick Allemand et Fouzia Ayoub soutiennent la motion portée par Hélène Geoffroy ; Raphaël Galmiche et Frédéric Pellegrinetti, comme Xavier Garcia, défendent celle présentée par Olivier Faure.

Un « duel démocratique », à un jet de pierre de la capitale des Gaules, qui pourrait se répercuter jusqu’à la Côte d’Azur.


1. Le candidat LR est arrivé largement en tête au second tour (48,40%), devant le RN (36,08%), malgré le maintien de la liste PS (15,51%).

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