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Qualité de vie, reconnaissance faciale, violences faites aux femmes… Stéphane Valeri dresse son bilan de l'année politique

Mis à jour le 20/12/2019 à 09:42 Publié le 20/12/2019 à 10:30
Stéphane Valeri

Stéphane Valeri Photo archives Cyril Dodergny

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Qualité de vie, reconnaissance faciale, violences faites aux femmes… Stéphane Valeri dresse son bilan de l'année politique

Après un vote à la quasi-unanimité du budget primitif 2020, le président du Conseil national, Stéphane Valeri dresse son bilan sur la politique appliquée en 2019 à Monaco.

À l’issue des débats budgétaires et de cette année 2019, la relation est au beau fixe entre le Conseil national et le gouvernement…
Disons qu’elle s’est nettement améliorée. Il aura certes fallu du temps pour que le gouvernement comprenne que ce Conseil national est pour lui un partenaire institutionnel indépendant et loyal, qui joue son rôle pour le bien du pays et de la population, en portant des propositions constructives pour améliorer les politiques publiques. Pour en arriver là, nous sommes passés par des moments désagréables pour tous, des situations d’affrontement. Nous avons haussé le ton pour être entendus, et par des débats parfois très contradictoires. Ce fut le cas par exemple pour la politique du logement ou la préservation de la qualité de vie. Aujourd’hui, nous savons que nous avons la même volonté de servir l’intérêt général et de rechercher le bien-être de la population. Nous avons la même lecture des institutions et des rôles respectifs du gouvernement princier et du Conseil national.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes?
Non, pour que la qualité de cette relation soit durable, il faudra que le gouvernement pratique désormais – et pas seulement juste avant le vote des budgets – une concertation en amont avec notre Assemblée sur les grands dossiers. Et qu’il se montre plus attentif dès les premiers échanges, à nos demandes légitimes et raisonnables. Quoi qu’il en soit, gouvernement et Conseil national, par leur nature différente, ne seront jamais identiques dans leurs approches, mais complémentaires. Il y aura donc toujours des débats. C’est très sain.

Sur la qualité de vie, vous avez demandé un plan global. Vous pensez que le gouvernement vous a entendu?
De nombreuses mesures concrètes sont prises ou vont l’être très prochainement. Elles correspondent à des demandes du Conseil national. Le gouvernement ne peut rester indifférent aux résultats de notre grande consultation auprès des Monégasques, des résidents et des salariés pendulaires. Sans jeu de mots, le chantier est énorme, et il faut que la population voie des résultats très perceptibles. Nous avons là encore joué tout notre rôle, par exemple pour la mise en place de chantiers modèles avec des protections efficaces contre le bruit, ou bien encore pour des travaux de voirie qui ne bloquent plus la circulation. L’amélioration du cadre de vie est désormais de la responsabilité du gouvernement.

Un test de gratuité des bus a été obtenu à force d’insistance. Une véritable avancée?
De plus en plus de villes en Europe pratiquent la gratuité. Et partout ça marche! Nous avons arraché ce premier test sur une ligne qu’il reste à déterminer en concertation avec nous. Il faut qu’elle soit significative. Nous aurions évidemment préféré un test sur l’ensemble du réseau, qui aurait été plus fiable. Oui, je crois en la gratuité, en l’accompagnant aussi d’une augmentation des fréquences. Monaco doit montrer l’exemple, comme l’a fait le Luxembourg.

La fameuse brigade de la circulation va finalement avoir des missions élargies?
C’était une des premières mesures visibles que nous avions obtenues. Son efficacité a été prouvée et ressentie par beaucoup. Elle sera pérennisée dès février, avec dix agents permanents sous la dénomination d’Unité de préservation du cadre de vie (UPCV). Ses missions, pour assurer la tranquillité à tous les résidents, seront élargies à la lutte contre le bruit excessif de certaines voitures et motos.

Sur la reconnaissance faciale, les positions divergent. Quelle est la vôtre?
Le haut niveau de sécurité de notre pays est la première des libertés, appréciée par tous les résidents. C’est l’un des piliers les plus importants de notre attractivité. Ceux qui s’opposent a priori et par dogmatisme à cette technologie, sont pour beaucoup ceux qui s’opposaient déjà à la vidéosurveillance, qui a, depuis, fait ses preuves. Tout le monde sait que le risque terroriste est mondial. Notre police doit pouvoir bénéficier des moyens modernes les plus efficaces. Pour autant, il faut trouver un juste équilibre entre cet impératif de sécurité et le respect fondamental des libertés individuelles et de la vie privée de chacun. Comme s’y est engagé le Ministre d’État, c’est donc la loi, débattue entre le gouvernement et le Conseil national, qui doit le garantir, et qui sera le passage obligatoire précédant la mise en œuvre éventuelle de ce nouveau procédé.

L’utilisation du Fonds de réserve constitutionnel et la lisibilité du budget font toujours débat, va-t-on un jour y voir plus clair?
Ce bas de laine des Monégasques ne doit pas être utilisé comme un budget bis, avec des dépenses qui échappent au vote de notre Assemblée. Avec la modernisation indispensable des comptes publics, ce sont deux sujets pour lesquels nous avons mis en place, dès notre élection, une commission spéciale, dont j’ai confié la présidence à Jean-Louis Grinda. Cette commission, avec l’aide d’un expert de grande qualité, va formuler des propositions très opérationnelles en 2020, notamment pour rendre le budget plus lisible et faire retrouver au FRC sa vocation initiale.

Vous avez porté dans ces débats le sujet des femmes victimes de violences. Les moyens sont-ils suffisants?
Monaco n’est pas épargné par ce fléau. Bien que beaucoup de choses soient faites et bien faites, notamment par la direction de l’action et de l’aide sociales (Daso), service essentiel pour soutenir les victimes, nous avons demandé de renforcer les moyens de l’Association des victimes d’infractions pénales (Avip), en complément de la mission de la Daso. Concrètement, nous avons obtenu les crédits lui permettant de disposer d’un appartement mobilisable immédiatement pour les cas d’urgence, notamment en dehors des horaires d’ouverture des services. Ce sera une assurance supplémentaire pour qu’aucune femme de ce pays ne soit condamnée à regagner le soir, un domicile où elle ne serait plus en sécurité.


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