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Pourquoi les élus Primo! et Union Monégasque sont en profond désaccord sur la question du logement à Monaco

Mis à jour le 30/01/2019 à 08:46 Publié le 30/01/2019 à 08:17
"Il ne peut pas y avoir des logements vides et en même temps une pénurie", s'étonne l'élu minoritaire Jean-Louis Grinda.

"Il ne peut pas y avoir des logements vides et en même temps une pénurie", s'étonne l'élu minoritaire Jean-Louis Grinda. Photo archives Monaco-Matin

Pourquoi les élus Primo! et Union Monégasque sont en profond désaccord sur la question du logement à Monaco

Alors que la question sur la construction des Domaniaux semblait avoir trouvé une réponse entre Conseil national et gouvernement, Jean-Louis Grinda adopte une position qui dénote

La crise du logement à Monaco? À l’occasion de ses vœux à la presse, Jean-Louis Grinda a lancé une idée dissonante après le satisfecit général du Conseil national et du gouvernement princier, le 19 décembre dernier, et le vote unanime des élus en faveur du budget primitif 2019. Du jamais vu depuis trente-cinq ans.

"Si ce que je dis est un fantasme, qu'on me le dise!"

Après la trêve des confiseurs et la lente reprise, l’élu de la minorité Union monégasque comprend qu’il y a des foyers monégasques qui ont besoin d’un logement adapté à la composition de la famille. Mais il jette un pavé dans la mare.

"Que je sache, je n’ai pas vu de gens sous les tentes! Tout le monde se loge. Je voudrais bien savoir la réalité des choses. Est-ce que tous les appartements des Domaines sont occupés? Arrêtons de ne pas dire les choses. Combien de gens vivent en dehors de Monaco? Au lieu de nous invectiver, je demande une opération globale pour savoir ce qu’il en est vraiment. Il faut avoir le courage d’affronter ce problème et d’aller jusqu’au bout. Si ce que je dis est un fantasme, qu’on me le dise!"

Stéphane Valeri: "La pénurie"

Voici des mots qui contrarient la volonté farouche du président du Conseil national qui a obtenu du Ministre d’État Serge Telle la construction de 730 logements d’ici quatre ans!
Il y a à peine plus d’un mois, Stéphane Valeri expliquait: "Lorsque nous avons été élus le 11 février 2018, n’étaient programmés pour les années à venir, qu’environ 200 logements domaniaux en tout et pour tout. Ce qui était très insuffisant. Monsieur le Ministre d’État, vous avez pris en compte la voix des Monégasques à travers leurs élus. Vous nous avez confirmé que ce sont désormais au moins 730 appartements, qui seront construits dans les quatre prochaines années. Pour, d’une part, résorber la pénurie existante et, d’autre part, répondre chaque année aux nouveaux besoins des foyers monégasques."

Jean-Louis Grinda: "Les vrais chiffres"

De son côté, Jean-Louis Grinda note: "Il y a à peu près 8.000 Monégasques et 4.000 logements. Alors, je ne comprends pas! Il faut avoir en main les vrais chiffres. Je ne sais même pas si le gouvernement a envie d’avoir ces vrais chiffres."

Contraste net avec Primo! et son leader le président Valeri, qui, la semaine dernière encore, écrivait: "Le logement constitue, en effet, la priorité nationale absolue. Les élus Primo! remplissent ainsi la mission que les Monégasques leur ont confiée: bien loger dans leur pays tous les compatriotes dont la situation le justifie d’ici la fin de cette mandature."

Stéphane Valeri, lui, est catégorique: "Lors de la récente commission d’attribution qui s’est déroulée le 22 janvier, 420 demandes d’appartements domaniaux avaient été réceptionnées à la clôture de l’appel à candidatures, par la Direction de l’Habitat ; 369 seulement ont été présentées en commission (en effet 43 candidatures ont été rejetées, dont 35 pour cause de “dossier incomplet”, par l’Administration). Seuls 94 foyers ont vu leur demande prise en compte. Cela signifie que trois foyers sur quatre n’ont pas pu être satisfaits – ce chiffre tombe à seulement 17 % de satisfaction pour les F4. Ces chiffres confirment le constat de pénurie de logements domaniaux (...). Ils justifient pleinement le plan d’urgence de construction demandé au gouvernement et obtenu par l’Assemblée, lors du vote du budget primitif 2019."

"Il ne peut y avoir des logements vides et une pénurie"

Des données chiffrées, il y en a donc... Mais quelle est la situation réelle des Monégasques ? Jean-Louis Grinda souligne: "Une demande de confort n’a pas le même poids qu’une demande de personnes qui accueille l’arrivée d’un enfant par exemple." Et l’élu de la minorité Union monégasque lance également: "Il ne peut pas y avoir des logements vides et en même temps une pénurie."

Cette position, Jean-Louis Grinda n’est pas le premier à la prendre. Mais il faut bien avouer qu’ils sont peu nombreux ceux qui s’expriment publiquement de la sorte sur ce sujet sensible.

Dans un pays dont la taille permet de faire du sur-mesure et où chaque cas peut être identifié et satisfait, il devrait être possible de savoir exactement ce qu’il en est et de trouver des solutions parfaitement adaptées, dans l’intérêt de tous.


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