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Pour le doyen Daniel Boéri, les deux candidats "peuvent gagner" l'élection du conseil National à Monaco

Mis à jour le 27/04/2016 à 05:01 Publié le 27/04/2016 à 11:54
"Nous sommes dans un conflit affectif et symbolique, comme une querelle de famille."

"Nous sommes dans un conflit affectif et symbolique, comme une querelle de famille." DR

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Pour le doyen Daniel Boéri, les deux candidats "peuvent gagner" l'élection du conseil National à Monaco

L'élection du président du Conseil national va opposer, ce soir, Laurent Nouvion à Christophe Steiner. Le doyen veut rester serein et impartial pour conduire une situation inédite

La tension est à son comble. C'est une sorte de combat fratricide que se livrent, dans les murs du Conseil national, Laurent Nouvion et Christophe Steiner. Le président actuel cédera-t-il son fauteuil à son vice-président ? On le saura ce soir, lors d'une séance publique historique - puisque cette situation est encore inédite - et qu'ouvrira Daniel Boéri.

Dans un contexte électrique, le doyen des conseillers nationaux veut porter la voie de l'apaisement. Après le dépouillement des bulletins (en faveur de Laurent Nouvion, Christophe Steiner, blancs ou nuls ; des candidatures sur le siège, certes possibles, étant très peu probables), c'est lui qui annoncera le nom du président du Conseil national, élu pour un an.

À quelques heures de l’élection, comment abordez-vous cette séance publique?
Avec sérénité et comme objectif que le Conseil national, en dépit des querelles de famille, sorte plus fort qu’on ne pourrait le penser. Beaucoup de Monégasques ne comprennent pas ce qui se passe.

Comment perçoivent-ils la situation?
Les gens s’interrogent et s’inquiètent. Ils n’ont pas forcément suivi l’actualité du Conseil national. Ils prennent conscience des choses mais ils ne discernent pas la situation réelle.

Quelle est-elle cette situation, selon vous?
Nous sommes dans un conflit affectif et symbolique, comme une querelle de famille. Il n’y a pas de divergences politiques mais des conflits de pratiques.

Quelle position comptez-vous tenir?
Mon intervention se veut absolument neutre. Je n’ai pas le droit de profiter de ce moment pour dire des choses qui iraient dans un sens ou un autre. J’espère que mon discours sera perçu comme tel.

Votre texte est-il le fruit d’un long travail?
Je l’ai écrit il y a un mois à Paris, à 9 heures, place de l’école militaire… Il y aura des citations de Lamartine, Platon, Montesquieu. Enfin, Charles Péguy sera le plus cité et montrera pourquoi la situation n’est pas si anormale.

Est-ce que votre choix de vote a évolué?
Je continue à y réfléchir… Mon vote doit répondre à une seule question: qu’est-ce qui est, de mon point de vue, le mieux pour le Conseil national?

Est-ce que vous en discutez entre conseillers nationaux, toutes étiquettes confondues?
Je ne me sens bien ni chez les uns, ni chez les autres.

Vos pronostics?
J’ai la hantise qu’il n’y ait pas 13 voix au premier tour (qui est la majorité absolue, NDLR). Si on est à 11-11, cela pose un vrai problème de légitimité du Conseil national. Ce serait terrible.

Comment va se dérouler la séance?
Ma préoccupation est qu’elle se passe bien. Je ne maîtrise pas les aléas mais je compte diminuer les cas aléatoires. Cette situation est inédite. Il faut que ce soit au cordeau. Chacun peut s’exprimer. Les deux candidats parleront avant le vote. C’est mon souhait. Je ne veux pas que quiconque soit pris en défaut. Tout le monde peut parler. Rien n’interdit, a priori, aux 24 conseillers nationaux de prendre la parole. Par contre, les débats ne sont pas possibles. Le règlement intérieur stipule, dans son article 2: «Aucun débat, à l’exception de celui auquel la désignation du président est susceptible de donner lieu, ne peut s’instaurer sous la présidence du doyen d’âge.»

La minorité s’exprimera-t-elle?
Si elle le souhaite.

Peut-il y avoir un troisième candidat qui se déclare sur le siège?
Tout le monde peut être candidat. Toutefois, il faut tenir compte de la réalité des élections, du poids des groupes et des partis. C’est donc très peu probable.

Craignez-vous le lendemain des élections?
Il n’y aura pas de séance le 28 avril. Je souhaite qu’après l’élection nous parvenions à nous rassembler; non pas à nous livrer à une pseudo-chasse aux sorcières.

Ressentez-vous des inquiétudes ou des tensions au sein du Conseil national aujourd’hui?
Oui, je le crains… C’est un désenchantement. Quelque chose s’est cassé. On travaillait ensemble. Et soudain, cette belle machine d’union nationale est partie en vadrouille. Ce n’est pas pour des raisons politiques directes. C’est l’alchimie qui s’est délitée avec le temps.

Dans quel état d’esprit vous semble le président aujourd’hui?
Il me semble qu’il a envie d’être élu et, de son point de vue, il fait ce qu’il doit pour l’être. Il en est de même pour Christophe Steiner. Tous deux ont de bonnes raisons de dire: «Je peux gagner». Le discours de chacun légitime sa candidature. Sauf que l’un et l’autre ne se situent pas sur le même plan. Ce qui est dommage… Mais les parallèles ne se rencontrent pas!

L'ordre du jour

Après l’élection du président, du vice-président et des membres des différentes commissions ou comités mixtes, ainsi que des diverses délégations, deux lois seront discutées.  Il s’agira tout d’abord d’une proposition de résolution, n°27, de Laurent Nouvion, Christophe Steiner et Jacques Rit, visant à la modification de l’article 7 du nouveau réglement intérieur du Conseil national ayant fait l’objet d’une déclaration de non-conformité par le Tribunal suprême dans sa décision rendue le 14 janvier 2016. Ensuite, les conseillers nationaux discuteront sur la loi n° 942, portant création d’une aide financière de l’Etat facilitant l’accès des étudiants à l’emprunt.

Bon à savoir

La séance publique peut accueillir 120 personnes, cet après-midi, à 17 heures. Elle est retransmise en direct sur le site du Conseil national et sur Monaco Info. L’émission parlementaire est diffusée, aujourd’hui, toutes les deux heures sur la chaîne du gouvernement, mais également sur la page Facebook et sur le site du Conseil national. Les 24 élus doivent voter pour le président et le vice-président. Si la majorité absolue n’est pas obtenue (c’est-à-dire 13 voix), un second tour est organisé. Sauf en cas d’égalité 12-12, qui profiterait au plus âgé des candidats, soit Christophe Steiner. Les deux plus jeunes conseillers nationaux – Caroline Rougaignon-Vernin et Thierry Crovetto – seront assesseurs et feront circuler l’urne de Bernard Pasquier à Eric Elena.

Offre numérique MM+

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