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Plan national pour le Logement à Monaco : Jean-Louis Grinda "refuse d’être caricaturé" sur la question des logements vacants

Mis à jour le 15/03/2019 à 08:20 Publié le 15/03/2019 à 08:20
Jean-Louis Grinda.

Jean-Louis Grinda. Photo Jean-François Ottonello

Plan national pour le Logement à Monaco : Jean-Louis Grinda "refuse d’être caricaturé" sur la question des logements vacants

Après l’annonce de la construction de 1 831 appartements domaniaux à Monaco d’ici à 2033, pour enrayer une pénurie de logements, l’élu Union monégasque avance une tout autre analyse de la crise actuelle

Il persiste et signe! Jean-Louis Grinda, unique élu Union monégasque qui siège dans l’hémicycle du Conseil national, ne veut pas croire que faire tourner la bétonneuse dans tous les quartiers ces quinze prochaines années soit le seul moyen d’enrayer la pénurie de logements pour les Monégasques.

Pour lui, deux approches s’imposent : non seulement il affirme qu’une part non négligeable des domaniaux actuels sont inoccupés par leurs locataires, mais il entend également qu’une solution soit trouvée sans délai pour les foyers en réel besoin. Explications.

Vous voulez que l’État dénombre les logements vacants. Mais lister les "faux locataires", est-ce juste contrôler une situation ou faire de l’ingérence "policière"* dans la vie des foyers?
Je pense que, encore une fois, et en l’espèce, le Ministre d’État Serge Telle et le président du Conseil national Stéphane Valeri ont une position caricaturale quand le premier parle de "monarchie policière" et le second de "policier derrière chaque porte" pour simplement dénombrer le nombre d’appartements loués et vacants. La caricature, c’est une vieille méthode qui a fait ses preuves et qui montre, en réalité, qu’ils n’ont rien d’autre à dire. Suis-je le chantre d’un appareil policier? Soyons sérieux! C’est une mauvaise plaisanterie et un mauvais procès. Je refuse d’être ainsi caricaturé. Stéphane Valeri dit qu’il y a quelques "tricheurs". Je ne me permets pas de dire cela! Les Monégasques qui vivent en France ne sont pas des coupables. Je dis que les gens ont parfaitement le droit de vivre en France. Il ne faut pas les stigmatiser mais leur proposer des solutions. Tout comme il est nécessaire de répondre maintenant et non dans quinze ans au problème de logement des Monégasques qui ont de réels besoins.

Et les logements vides trouveraient ainsi preneurs?
La question est: "Que peut-on faire ici et maintenant?" Je veux que le gouvernement accompagne les familles, quel que soit leur besoin. Et qu’il trouve des solutions. C’est l’intérêt général qui prime. Tout cela est frappé au coin du bon sens.

"je ne suis pas élu pour jouer à l'autruche"

Construire est une solution tout de même?
Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire de plan logement. C’est très bien. Il a été d’ailleurs confirmé par le Souverain en novembre dernier. Mais le Ministre d’État dit lui-même que créer du foncier coûte cher à l’État. Et malgré cela, il refuse de se poser la question de connaître le nombre de logements vacants!

N’avez-vous pas la sensation de toucher un sujet très sensible?
J’en ai non seulement le sentiment mais aussi le désir. Je ne suis pas élu pour jouer à l’autruche. J’ai été frappé, lors des derniers débats budgétaires, des échanges très violents et très désagréables entre Jean Castellini et l’élu de la majorité Primo! Franck Lobono. Le conseiller de gouvernement-ministre des Finances et de l’Économie et le président de la commission du Logement ne se prononçaient pas sur des chiffres communs. Comment peut-on être si éloigné sur des éléments factuels ? Il y avait un «gap» énorme. Je me suis donc intéressé à cela…

"Personne
ne m'a contacté
pour me contredire"

Mais enfin, ce nombre de logements vacants n’est pas si extraordinaire à avoir!
Je ne peux pas croire que le gouvernement n’ait pas les chiffres. Moi, je n’ai qu’un pressentiment. On connaît tous des cas de Monégasques qui vivent en France. D’ailleurs, personne ne m’a contacté pour me contredire. C’est même plutôt le contraire…

Et pourtant votre voix apparaît "dissidente"...
Le problème est que je suis tout seul. Ça ne me gêne pas. J’ai d’ailleurs été élu pour avoir une réflexion parfois différente.Personne ne peut dire que je cache mes pensées. Je demande au gouvernement de faire un travail de vérité sur ce dossier-là. Je reconnaîtrai mes torts si je me suis trompé. Mais le Ministre d’État ferme d’emblée la porte.

"Les Monégasques savent que j'ai raison"

Pourquoi le Prince lui-même, mais aussi son Ministre et le président du Conseil seraient-ils tous les trois en accord si on sait qu’une part non négligeable des logements sont inoccupés ?
Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question! Ne pas vouloir savoir c’est déjà une preuve de faiblesse. Les Monégasques savent que j’ai raison.Je suis stupéfait de l’attitude du Ministre d’État et de Stéphane Valeri. Créer des logements pour qu’ils restent vides, ce serait un non-sens et dispendieux de surcroît! Ce que je sais c’est que chaque appartement vide devrait être occupé par un foyer qui est dans le besoin. Et il faut reconnaître aussi que tout le monde a le droit d’habiter en France. Il faut donc trouver des solutions. Solutions qui coûteraient, du reste, bien moins cher que la construction. Alors… Peut-être que l’État se dit : « Quand le bâtiment va, tout va ». Mais quoi qu’il en soit, cela n’empêche pas de traiter les cas jusqu’en 2022.Même s’il n’y en a que dix !

Selon vous, combien de logements sont vides?
Je ne m’avancerai pas là-dessus. Le gouvernement fait aveu de faiblesse en ne voulant même pas savoir les chiffres. Il ferme les yeux. Si on ferme les yeux là-dessus, on ferme les yeux sur tout le reste.

Que proposeriez-vous aux Monégasques résidant en France ou en Italie?
Tant que nous n’avons pas les chiffres, je ne propose rien. J’attends de voir le Ministre en séance privée ou publique pour l’interpeller sur le sujet.Je ne lâcherai pas le morceau. 

*Pour reprendre les termes du Ministre d’État Serge Telle lui-même (lire notre édition du 12 mars "Quid des logements domaniaux inoccupés ?")


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