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Pierre Dartout : "Un nombre de logements très important vont être livrés à Monaco"

Budget adopté à la majorité, avec huit votes "contre". La Session d’Automne achevée jeudi soir aura été marquée par des vives tensions entre le gouvernement et le Conseil national. Le consensus, ou la théorie du pas vers l’autre, est un exercice toujours fragile entre les institutions des deux côtés de la place de la Visitation. Cette fois, l’ire est venue sur la question du logement d’élus inquiets d’un trou d’air à venir dans le Plan national pour le logement des Monégasques avec le décalage de livraison de 109 appartements en lieu et place de l’ancien immeuble Bel Air dans la période 2024/2026. Au cours des soirées d’examen budgétaire, les élus ont tancé l’exécutif, lui demandant de fournir des solutions sous peine de ne pas voter le budget. Ces solutions, avancées jeudi soir en séance publique par le gouvernement sont quatre opérations immobilières de substitution pour bâtir 126 appartements sur la période 2024/2026 (lire ci-dessous). Auxquels s’ajoutera la centaine du Bel Air espérée désormais au troisième trimestre 2026. "Le plan national pour le logement des Monégasques va en sortir renforcé puisque de 1 363 logements supplémentaires annoncés en 2019, nous aboutirons à un solde net de 1 518 appartements. Il s’agit là d’un gain important dont nous pourrons faire profiter les Monégasques" a rappelé jeudi soir, le ministre d’État devant la Haute assemblée. Le consensus est sauf pour cette fois. Avant la trêve de Noël, Pierre Dartout fait le point sur ces questions. Interview.

Cédric Vérany Publié le 18/12/2021 à 10:30, mis à jour le 19/12/2021 à 11:09
"L’étroitesse de la superficie de la Principauté rend aussi certains domaines de l’action publique plus difficiles, en termes de logement ou de mobilité", estime le ministre d'Etat de Monaco, Pierre Dartout. Photo Cyril Dodergny

Le budget primitif est voté après une fin de session d’automne marquée par des tensions avec le Conseil national sur la question du plan logement. Qu’est-ce que cela dit des rapports ?
Je comprends tout à fait, et le gouvernement en est parfaitement bien conscient, que le logement soit un sujet parmi les plus sensibles, avec une très forte demande de la population monégasque. Cette question fut effectivement source de tensions principale lors de la discussion du budget. Pour autant, il ne faut pas cacher que le sujet est très compliqué. Nous sommes sur un territoire contraint, avec un foncier très étroit de deux kilomètres carrés ou il faut faire vivre 38.000 habitants, travailler plus de 60.000 personnes, avoir des infrastructures et des équipements.

Mais surtout faire face à ce besoin de logements…
Et nous avons fait face ! Un nombre de logements très important vont être livrés. Nous nous sommes engagés à d’autres solutions que nous avions dans nos cartons et que nous réservions pour d’autres opérations futures. Elles compenseront les retards du Bel Air, qui est une opération hautement complexe, du fait de sa proximité avec l’hôpital. Mais sur cette opération, il est possible que certaines complexités n’ont pas été vues au départ et qu’il faut maintenant les régler. Et nous comptons ensuite être aussi plus rapides pour la livraison.

"Il faut avoir une réflexion sur le foncier et les besoins de constructions"


Ces petites opérations proposées, c’est une façon d’être plus dynamique que via de vastes chantiers ?
Nous avons mobilisé toutes les solutions, les petits ruisseaux forment les grandes rivières. Ces opérations méritent d’être faites quand bien même elles offrent un nombre limité d’appartements. Aujourd’hui, il me semble qu’il faut avoir une réflexion sur le foncier et les besoins de constructions. Le gouvernement fera des propositions en début d’année à ce sujet. Il y a les besoins pour bâtir des immeubles domaniaux, mais aussi loger les Enfants du Pays, abriter les activités économiques et proposer des immeubles à des non-Monégasques, dont on sait que c’est le pétrole de la Principauté, par la TVA généré de ces opérations immobilières. C’est un enjeu complexe et il faut une réflexion beaucoup plus prospective.

Certains regrettent que sur la future extension, aucun bâtiment ne soit dédié aux logements domaniaux, là où la création du quartier de Fontvieille, il y a cinquante ans, a permis d’en ériger un certain nombre…
On ne peut pas comparer. Fontvieille est une opération qui a été conçue dans un contexte économique et démographique différent. Depuis la Principauté a considérablement évolué, elle s’est rapidement développée. Cette opération d’extension en mer a été décidée ainsi et elle est mise en œuvre. Mais les opérations qui sont prévues dans le Plan national pour le logement, sont de quantité suffisante pour répondre aux besoins des Monégasques. Le problème demeure le timing par la complexité des procédures, ce n’est pas un problème quantitatif.

 

"Il y a des choses
à revoir en termes de méthode
de travail"


La complexité des procédures ne révèle-t-elle pas aussi des problèmes de méthodes dans les services qui ont notamment amené à des retards sur plusieurs chantiers publics ?
Ces questions de méthode, de façon générale sont importantes dans l’action publique. Ma longue expérience me fait dire que dans ce domaine, il y a des méthodes à améliorer, oui. De façon plus générale, tout état doit toujours savoir remettre en cause ses méthodes de travail pour faire progresser l’action publique. Dans le domaine des travaux qui est très sensible avec des procédures très complexes, comme dans bien d’autres domaines, il y a, je pense, des choses à revoir en termes de méthode de travail.


Ce primitif 2022 a été voté à la majorité mais pas à l’unanimité. Comment en ressortent vos relations avec les élus ?
Nous sommes dans une démocratie, certains se sont exprimés et ont voté contre pour des raisons diverses d’ailleurs. Le président du Conseil national a dit que nous étions d’accord sur l’essentiel, c’est cela que je veux retenir. Aujourd’hui, dans toutes les démocraties, on constate que l’action publique est difficile. Je ne dis pas ça pour se faire plaindre. Mais gérer l’action publique est compliqué et on ne fait jamais l’unanimité.


C’est peut-être, tout de même, plus simple à Monaco de mener l’action publique que dans les grands pays européens voisins ?
En Principauté, les choses sont plus faciles, dans le sens où il y a des capacités budgétaires importantes. Cette aisance permet au pays d’être très attractif dans le domaine de la santé, de la sécurité ou de la recherche de solutions face aux dérèglements climatiques. Mais j’en reviens à l’étroitesse de la superficie de la Principauté qui rend aussi certains domaines de l’action publique plus difficiles, en termes de logement ou de mobilité.

Les quatre solutions pour pallier le retard de l’opération Bel Air

« Athéna »

24 appartements supplémentaires fin 2024, avenue Crovetto Frères
L’affaire nécessite la surélévation d’un ou deux étages du bâtiment pour un gain de 24 appartements

« Evos »

42 appartements en 2025 au Jardin exotique
L’opération se situe sur le chantier d’Entrée de ville. Des travaux confortatifs de la dalle supérieure constituent un socle pour bâtir 5 000 mètres carrés en superstructure. Assez pour y installer une opération immobilière « en profitant de la réalisation de ce chantier par le biais d’une extension du marché avec l’opérateur qui intervient sur ce site ».
n « Larvotto supérieur », 30 appartement en 2025, boulevard du Larvotto
Troisième opération proposée par le gouvernement, bâtir sur un terrain domanial inutilisé et inaccessible au public au 19 boulevard du Larvotto. Un contrat de promotion immobilière, après appel d’offres pour permettre de construire l’immeuble.

« Les Cèdres »

30 logements en 2024, rue Plati
Sur proposition du Conseil national, le gouvernement a validé, la proposition de surélever le bâtiment, par le biais d’une extension du marché avec l’opérateur, pour gagner trente logements. Un chantier identique à celui en cours sur le bâtiment voisin des Mélèzes.

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