"Nous trouverons une solution équilibrée entre Monaco et l'UE": les confidences de Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne

Le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic était ce mercredi à Monaco pour rencontrer les autorités et avancer sur l’accord d’association qu’il espère boucler en 2023.

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Joelle Deviras Publié le 29/09/2022 à 11:04, mis à jour le 29/09/2022 à 13:05
Le ministre d’Etat Pierre Dartout a convié le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic, ce mercredi, dans sa résidence. Photo Dylan Meiffret

Ce fut une visite express mais un rendez-vous important. Ce mercredi, le vice-président de la Commission européenne en charge des relations interinstitutionnelles et de la prospective, Maros Sefcovic, bras droit de la présidente Ursula von der Leyen, s’est entretenu d’abord avec le Prince Albert II. Puis il a été accueilli par Pierre Dartout et les principales autorités du pays pour une visite en ville avant un déjeuner à la résidence du Ministre d’Etat.

L’objectif était pour le vice-président de la Commission européenne de mieux appréhender les spécificités de Monaco en vue de conclure un accord au second semestre 2023 entre la Principauté et l’Union européenne; accord lancé en 2015.

Et si la tâche est encore grande aujourd’hui, Maros Sefcovic considère que la période est propice à la négociation.

C’est dans un français parfait que le Slovaque s’est adressé à nous, ce mercredi.

 

Rencontre avec le vice-président de la Commission européenne à la résidence du Ministre d’État.

Comment s’est déroulée votre journée de travail à Monaco?
Je voudrais remercier Monaco, le Prince Albert II, les ministres et les conseillers nationaux pour l’accueil chaleureux. Nous avons eu des échanges intenses qui correspondent bien à notre ambition d’accélérer les négociations sur l’accord d’association entre la Principauté et l’Union européenne. Les vingt-sept pays de l’UE ont adopté une feuille de route pour cette négociation accélérée, encouragés par la présidence française. Nous espérons travailler ensemble, de façon étroite et intense, pour conclure cet accord l’année prochaine sous la présidence espagnole. Je suis convaincu que nous comprenons mieux maintenant les spécificités et les priorités monégasques. Et, en même temps, je suis sûr que cette opportunité qui se présente est très importante pour les opérateurs économiques, pour les échanges, pour les jeunes et leurs études,... Il s’agit de pousser les négociations vers une solution favorable pour Monaco et l’Union européenne.

Quelle a été la teneur de vos propos avec le Souverain et le ministre?
C’était positif. Je suis un grand admirateur du Prince Albert II, combattant contre le réchauffement climatique. Nous avons discuté des opportunités pour Monaco qu’apporterait cet accord d’association. Et il a également souligné quelles étaient les priorités monégasques.

Avez-vous une date butoir?
Nous souhaitons avoir un calendrier assez ambitieux parce que cela nous encourage à travailler de façon très efficace. Vous avez des élections en février prochain. Après cela, nous pourrons continuer nos négociations pour finaliser notre accord au second semestre 2023 durant la présidence espagnole. Car 2024 sera une année de transition pour l’Union européenne avec une nouvelle Commission, un nouveau commissaire.

Quels sont les points d’achoppements sur lesquels vous devez travailler?
Nous devons trouver un équilibre entre les priorités monégasques et, de notre côté, l’assurance que soit préservée l’intégrité des marchés; ce qui inclut les quatre libertés: la libre circulation des biens, la libre circulation des capitaux, la libre circulation des services et la libre circulation des personnes. Nous devons travailler sur des solutions créatives et constructives qui seront acceptables pour les deux parties. L’Europe a beaucoup de défis à relever et c’est pourquoi j’ai dit à mes partenaires et amis monégasques qu’il était maintenant nécessaire de consolider la position de l’Europe et de Monaco en Europe. Parce qu’ensemble, on est plus forts à l’échelle mondiale.

 

Y a-t-il encore beaucoup à faire avant de parvenir à un accord définitif?
Oui, j’en suis sûr. Malheureusement, notre négociation a peu progressé durant les deux dernières années en raison de la crise sanitaire. Il y a beaucoup d’aspects techniques à résoudre avant d’aborder le niveau politique et ainsi résoudre toutes les questions. Je suis optimiste. Notre tâche est de travailler ensemble. À l’Union européenne, nous cherchons les compromis tout le temps; car à vingt-sept, ce n’est pas facile d’être d’accord. Mais avec la volonté politique, la vision de l’avenir, nous trouverons une solution équilibrée pour Monaco et l’union européenne.

La décla'

"Il est extrêmement important que pour une négociation aussi sensible et aussi importante, ce soit le vice-président de la Commission européenne qui vienne à Monaco, c’est-à-dire la deuxième personnalité au sein de l’Union européenne. On a parlé des lignes rouges que le Souverain a posées comme la préférence nationale pour le logement des Monégasques. Il ne s’agit pas que Monaco devienne membre de l’UE mais ait un accord d’association."Pierre Dartout, ministre d’État.

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