"Nous sommes là pour gagner": les "Non Inscrits Monégasques" préparent une liste pour les élections nationales en Principauté

Le groupe "Non Inscrits Monégasques" emmené par Daniel Boéri prépare sa liste pour les élections, en affichant la volonté de porter une large réflexion sur le Monaco de demain.

Article réservé aux abonnés
Cédric Verany Publié le 27/10/2022 à 08:00, mis à jour le 27/10/2022 à 10:52
Jean-Michel Rapaire, Daniel Boéri et Jean l’Herbon de Lussats ont présenté leur projet ce mercredi matin. Photo Dylan Meiffret

Ira? Ira pas? Ils y vont! Le parti des Non Inscrits Monégasques (NIM) se lance à son tour dans la campagne nationale avec un projet de liste à l’acronyme identique NIM mais pour "Nouvelles Idées pour Monaco". C’est ce qu’ont annoncé Daniel Boéri, Jean-Michel Rapaire et Jean l’Herbon de Lussats devant la presse ce mercredi matin, officialisant leur incursion dans une campagne démarrée avec l’annonce d’une liste d’Union nationale entre Brigitte Boccone-Pagès, Béatrice Fresko-Rolfo et Jean-Louis Grinda le 17 octobre dernier.

"La démarche intellectuelle, nous l’avons entamée avant de savoir que Stéphane Valeri ne se présenterait pas", précise Jean Michel Rapaire, trésorier du groupe. Mais aujourd’hui l’objectif est affiché: "Nous sommes là pour gagner et battre l’Union nationale", tance Daniel Boéri, chef de file de ce mouvement des Non Inscrits qu’il a fondé dans la foulée de son départ, en juillet dernier, de la majorité Primo! avec laquelle il a été élu en 2018 comme colistier de Stéphane Valeri.

"Proposer un Monaco encore meilleur dans dix ans"

Pour l’heure, les NIM comptent une vingtaine d’adhérents dans leur mouvement. Ça ne pèse pas lourd pour démarrer une bataille électorale. Mais ils veulent croire que leurs idées pour Monaco vont fédérer derrière leur étendard. "Entre les logements, le pouvoir d’achat et la mobilité, on arrive mal à parler de toutes les autres questions qui nous guettent. Notre volonté est de réfléchir à comment proposer aux enfants de dix ans, un Monaco encore meilleur dans dix ans", plaide Daniel Boéri.

"On a zéro dettes et deux milliards et demi de liquidités, on peut voir venir. Néanmoins, il faut se préparer. On n’attend pas l’avenir comme on attend le train. L’avenir, on le fait, mais il faut aussi sortir le nez du pare-brise et intégrer toutes les mutations climatiques, technologiques, européennes et mondiales qui ne vont pas nous épargner".

En sortant du bois, la volonté du groupe NIM est aussi d’ouvrir le débat. "Une liste unique me choque", avoue Jean l’Herbon de Lussats, le secrétaire général. "On ne peut pas vivre dans un pays démocratique sans avoir des élections avec un débat. C’est du débat dans nos sociétés que naissent les idées. Nous avons des tas d’idées à défendre, il faut qu’on puisse en débattre au parlement. Et l’esprit de notre mouvement c’est de poser des questions".

 

"Les idées, c’est le plus important", renchérit Jean-Michel Rapaire, trésorier du NIM, qui fut candidat sur la liste Renaissance en 2013 et qui avoue avoir poussé Daniel Boéri cette fois à passer "de la théorie à la pratique".

En conférence de presse hier, l’équipe a fait un inventaire de ses réflexions tous azimuts. D’une éventuelle proposition de loi pour indemniser des propriétaires qui perdent la vue de leur logement quand un nouveau bâtiment se construit, à la fondation d’un théâtre national. En passant par la défense de l’attractivité salariale, l’accélération de la politique du zéro déchet ou l’anticipation sur les mutations découlant du télétravail.

Diversité d’expression

"Ces idées sont travaillées dans une diversité d’expression, on se parle entre hommes et femmes", souligne Daniel Boéri, qui fait signer une charte éthique à ses adhérents. Dont certains rechignent à entrer dans la lumière politique. "Deux adhérents étaient prêts à participer à la liste et quand nous avons voulu faire une vidéo de présentation, ils ont refusé. Il y a un contexte d’autocensure extraordinaire qui ne rend pas la chose facile".

Désormais le NIM - qui entend aussi intégrer résidents et Enfants du pays à la réflexion - envisage de diffuser un questionnaire dans la population pour prendre le pouls sur la qualité de vie avant réunions de quartier et meetings, grands classiques pour pénétrer l’arène politique.

 

Et du haut de ses 78 ans, le président du NIM est prêt à se lancer. "J’ai deux ans de moins que Joe Biden, le président des États-Unis, j’ai encore le temps de faire une mandature".

C’était en 2013, Daniel Boéri était colistier d’Horizon Monaco avec Laurent Nouvion comme chef de file et la liste était sortie victorieuse du scrutin électoral. Photo archives Eric Dulière.

"Nous nous sommes parlé avec Laurent Nouvion"

"Avec au moins deux listes, les gens pourront choisir", estime Daniel Boéri, dont la crainte est de voir trois propositions de listes s’offrir aux suffrages des Monégasques en février prochain. "Il faut que l’on arrive à deux listes. À trois listes ce sera plus compliqué, ça ne marche pas étant donné nos règles électorales et l’Union nationale va gagner toute seule".
Si les Non Inscrits monégasques ne s’interdisent pas de réunir vingt-quatre colistiers sous leur étendard, ils avancent aussi au conditionnel la possibilité « de se rencontrer » avec d’autres.

Une annonce comme un appel du pied au groupe Horizon Monaco, qui s’est réveillé de sa sieste entamée en 2018 pour tacler son ex-cheffe de file Béatrice Fresko-Rolfo partie faire l’Union Nationale sans visiblement avoir consulté son parti. En coulisses, le groupe créé par Laurent Nouvion semble s’activer depuis plusieurs semaines pour entrer aussi dans la bagarre.

"Politiquement, nous ne sommes pas loin"

"Nous nous sommes parlé avec Laurent Nouvion", confirme Daniel Boéri, évoquant des "négociations" engagées entre les deux camps. "Politiquement nous ne sommes pas loin, mais nous avions un contentieux car je présidais la séance au Conseil national le soir de 2016 où il n’avait pas été reconduit comme président. Même si, dans mon discours ce soir-là, j’avais ménagé la chèvre et le chou. Six ans plus tard, nous nous sommes reparlé pour faire si on peut faire quelque chose". Qui prendrait le leadership d’une potentielle alliance entre ces deux personnalités plutôt disparates? À certaines conditions, Daniel Boéri pourrait envisager de céder la place.

Ce qui les rassemble pour l’heure, c’est la volonté commune de faire front contre l’Union nationale. "Stéphane Valeri n’étant pas candidat, cela peut faire retomber la sauce » apprécie Daniel Boéri, « je crois qu’ils ont un gros problème depuis qu’Horizon Monaco qui n’existait plus soudain existe à nouveau. Cela permet de relancer le débat car chez Horizon Monaco il y a des gens qui sont historiquement contre les idées de Stéphane Valeri et de ses amis et n’ont pas changé d’avis".

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.