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Muselier haut-la-main, le RN amer... Ce qu'il faut retenir du second tour des élections régionales en Paca

En Paca, Muselier prive le RN d'une région avec une victoire confortable. En ballottage défavorable, Renaud Muselier, président LR sortant en Provence-Alpes-Côte d'Azur, a finalement privé le Rassemblement national de la seule région de France que le parti d'extrême droite semblait pouvoir emporter.

Lionel Paoli (lpaoli@nicematin.fr) Publié le 27/06/2021 à 23:11, mis à jour le 28/06/2021 à 09:44
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Sévèrement critiqué jusqu’au sein même de sa famille politique, Renaud Muselier a apporté hier soir la preuve du bien-fondé de sa stratégie. (Photo Laurent Martinat)

Plus qu’un revers, pire qu’une défaite, c’est un véritable camouflet qu’a reçu Thierry Mariani au soir de ce second tour. Le candidat du Rassemblement national, donné gagnant ou au coude-à-coude par tous les sondages depuis plus d’un mois, est battu avec 14 points d’écart par le président sortant.

Dans un contexte de nouveau marqué par une abstention record (62,26%), Renaud Muselier arrive en tête avec 57,3% des voix, loin devant son adversaire frontiste (42,7%). Thierry Mariani fait moins bien que Marion Maréchal-Le Pen en 2015. La petite-fille du fondateur du FN avait abandonné la Région à Christian Estrosi en obtenant 45,22% des suffrages.

Sur le papier, cette seconde manche semblait pliée depuis l’annonce du retrait de Jean-Laurent Félizia, tête de liste du Rassemblement écologique et social, consenti à contrecœur et sous la pression lundi après-midi. Ce forfait apportait à Renaud Muselier une réserve de voix décisive.

Une addition arithmétique des votes de la gauche et de la droite républicaine promettait au candidat LR un score théorique de 59%! Le RN, en récupérant les partisans de Noël Chuisano (DLF) et de Valérie Laupies (Zou! La liste qui vous débarrasse du système), plafonnait à 41%.

 

La stratégie de Muselier confortée

La réalité, comme toujours, a été plus nuancée. Près de la moitié des électeurs de gauche ont préféré faire l’urne buissonnière plutôt que de choisir un bulletin Muselier dans l’isoloir.

Ce résultat conforte toutefois la stratégie d’ouverture voulue par la tête de liste LR et, en coulisses, par sa tête de liste dans les Alpes-Maritimes Christian Estrosi. Défait, le médecin marseillais aurait porté seul le poids de l’échec. Vainqueur, il devient le héros – et, en quelque sorte, le héraut – de sa formation politique. Président de la seule région réellement menacée par le RN, Renaud Muselier a su résister à la vague Bleu Marine.

Renaud Muselier fête sa victoire. Photo Laurent Martinat.

Comme le maire de Nice en 2015, il sait que ce succès n’aurait pas été possible sans la mobilisation d’un front républicain qu’on prétendait moribond. Saura-t-il s’en souvenir mieux que son prédécesseur? Ses premières déclarations, hier soir, peuvent le laisser croire (1).

Quelles conséquences?

Il sera temps, dans les prochains jours, de mesurer les conséquences de son triomphe sur son propre parti. Même si Éric Ciotti a salué hier soir cette "magnifique victoire de notre famille LR", même s’il a enfin consenti jeudi à soutenir Muselier, le feu roulant de critiques que le député azuréen a alimenté pendant des semaines laissera sans doute des traces.

Mariani: "Une défaite pour la démocratie"

C’est la seconde fois que Thierry Mariani échoue aux portes de la Région. En 2010, il portait les couleurs de l’UMP. Son long parcours au sein du parti de Jacques Chirac, qu’il n’a quitté pour le RN qu’en 2019, a longtemps été présenté comme un atout. Moins clivant que Marion Maréchal-Le Pen, il se décrivait comme le représentant de la "vraie droite", celle de Charles Pasqua et Philippe Seguin.

 

Les prises de position des ténors de LR cette semaine – François Baroin, Gérard Larcher, Christian Jacob – et, surtout, celle de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, ont probablement pesé dans la balance.

De nombreux observateurs ont noté que Thierry Mariani ne semblait plus vraiment y croire. Jeudi, son dernier meeting à Fréjus ressemblait à un chant du cygne.

Dimanche soir, même s’il a reconnu "sa part de responsabilité", il a affirmé que ce résultat était "une défaite pour la démocratie", jugeant que la légitimité du président élu était dégradée par "l’abstention massive". Un discours convenu, attendu même, qui trahissait beaucoup d’aigreur, mais assurément peu de surprise.

1. Renaud Muselier a notamment salué Jean-Laurent Félizia et Jean-Marc Governatori, tête de liste de L’Écologie au centre, qui lui a apporté son soutien.

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