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Michel Rocard, citoyen écolo

Mis à jour le 08/02/2012 à 10:42 Publié le 08/02/2012 à 07:01
Michel Rocard lundi après-midi à Monaco, avant de prendre la parole pour évoquer son engagement et ses voyages aux pôles Nord et Sud.

Michel Rocard lundi après-midi à Monaco, avant de prendre la parole pour évoquer son engagement et ses voyages aux pôles Nord et Sud. Olivier Ogéron

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Michel Rocard, citoyen écolo

L’ancien Premier ministre était l’invité de la Fondation Prince Pierre pour parler de son rôle dans la gouvernance des pôles Nord et Sud. Et un peu de politique…

L’ancien Premier ministre était l’invité de la Fondation Prince Pierre pour parler de son rôle dans la gouvernance des pôles Nord et Sud. Et un peu de politique…

Ce n'est pas l'ancien Premier ministre socialiste, mais l'ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique que la Fondation Prince Pierre avait convié lundi soir à sa tribune. Michel Rocard, investi dans l'avenir des Pôles, revient tout juste d'un voyage en Arctique où cet écologiste convaincu est allé se rendre compte des besoins et des dangers dans ces régions du monde où il entend coordonner une coopération internationale. Rencontre.

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous rendre aux deux Pôles ?
J'avais envie de voir de plus près la réalité de la coopération internationale en Antarctique et en Arctique. Et je suis bien content de l'avoir fait car ma mission vise à participer aux efforts diplomatiques pour améliorer la gouvernance globale des deux Pôles. En Antarctique, il s'agit principalement de perfectionner la logistique. En Arctique, par contre, il y a urgence. Il y a trente ans, ces 14 millions de kilomètres carrés étaient en glace toute l'année. Là, chaque été, 4 à 5 millions de km2 sont libres où il est possible de naviguer, de faire la rechercher, de forer du pétrole, de faire du tourisme car les paysages sont superbes.

Une situation problématique selon vous ?
Il nous faudrait un code polaire, des spécifications pour habiliter les navires à aller en Arctique. Il n'y a pas un port sur 6 000 km de long à l'ouest. Tout bateau accidenté doit se sauver seul. Comment gérer par ailleurs le pétrole, le gaz, les risques de marée noire, la pêche ? Rien n'est dit. Pour le moment, il n'est pas souhaité de se coordonner pour donner la meilleure surveillance internationale possible à tous ces risques. L'idée fait l'objet de conversations de salons, mais il n'y a pas de négociation entamée.

C'est une utopie de croire à un consensus sur l'Arctique ?
Pour le moment, les aigreurs de craintes de l'érosion des souverainetés nationales sont telles que l'on ne fait pas de coopération internationale. Ce n'est pas une utopie mais il y a une impossibilité de court terme. Est-ce que la pression de l'opinion, d'États non Arctiques, du monde écologiste arrivera à faire céder les riverains ? C'est le champ diplomatique sur lequel on m'a nommé.

Le prince Albert II est-il un allié dans ce combat ?
Bien sûr, car nous sommes les deux hommes dans le monde politique à avoir déjà arpenté les deux Pôles ! Son statut de chef d'État lui donne le droit à l'intervention publique et iI a développé autour de lui un très grand respect par la rigueur et le sérieux de sa passion. Quand les nations devront délibérer ensemble sur le statut de l'Arctique, il est important que la parole du prince Albert II soit respectée. Car il est compétent et il a du courage.

À l'échelle française, les problèmes aux Pôles semblent un peu oubliés ?
C'est vrai mais c'est bien compréhensible. C'est une préoccupation lointaine et dans ces affaires, il n'y a jamais de coup d'éclat, jamais de scoops. Ce sont des évolutions lentes et les négociations pour en sortir le sont aussi.

À votre goût, en France, le mouvement politique écologique est assez représentatif des combats des écologistes internationaux ?
Ma réponse serait plutôt non. Mon sentiment est que les problèmes posés à la planète par le non-respect de notre écologie n'appelaient surtout pas créer un parti spécialisé là-dedans qui en soulage tous les autres. Mais au contraire imposer « d'écologiser » la pensée collective à droite comme à gauche. Je pense en plus, qu'en manière énergétique, la mouvance écologique fait des erreurs. Dans un contexte de réchauffement climatique, le rejet du nucléaire, qui ne produit de gaz à effet de serres, par le mouvement écologique est pour moi, incompréhensible. Il n'y a pas d'énergie non dangereuse, et le nucléaire est parmi celle qui tue le moins. J'ai un vrai désaccord avec le mouvement écolo là dessus, mais pour le reste je suis profondément écolo !

Quel regard portez-vous sur la campagne électorale en France, faite de petites phrases et de coup bas ?
Je vous dirais de ne pas vous étonner, c'est toujours comme ça. La dérive du système médiatique fait qu'il est plus amusant de s'occuper de bagarres entre des personnes que de commenter des controverses à propos de problèmes de fond. En ce moment, le grand problème est que la France déroule sa campagne sans savoir par quel bout prendre l'inquiétude annoncée de menaces d'une nouvelle crise financière internationale. Ce n'est pas dans les programmes, c'est dans l'air du temps ! Mais la campagne va se durcir et se stabiliser, vous verrez.

Comptez-vous jouer un rôle aux côtés de votre famille politique ?
Je suis entré il y a soixante ans en politique, alors, place aux jeunes ! Je ne souhaite pas me rendre encombrant dans les conseils de candidats ou dans la polémique de tous les jours sur les affaires interpersonnelles. Mais il me semble important de continuer à souligner quelques idées fortes dans l'ordre du climat, de l'énergie, de la place du travail et du temps de travail. Alors je vais probablement publier quelque chose, on verra bien !

Et participer à des réunions publiques ?
Ça dépendra un peu du fait que je rencontre des accords ou des désaccords avec ce à quoi je tiens en matière de climat et d'énergie. Mais pourquoi pas… je reste citoyen !


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