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Marine de Carné-Trécesson: "A Monaco, tout paraît possible"

Mis à jour le 05/10/2016 à 05:06 Publié le 05/10/2016 à 05:06
Marine de Carné-Trécesson, ambassadrice de France à Monaco.

Marine de Carné-Trécesson, ambassadrice de France à Monaco. Photo Cyril Dodergny

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Marine de Carné-Trécesson: "A Monaco, tout paraît possible"

L'ambassadrice de France à Monaco a remis ses lettres de créances au prince le 19 septembre. Elle entend conserver et développer « un partenariat gagnant-gagnant » entre les deux pays

Je suis très heureuse d'être ici. » Elle aime le sport, notamment la natation, la lecture, notamment Chateaubriand, se passionne pour l'opéra et le théâtre. Elle s'est investie professionnellement dans l'environnement, les questions européennes et l'humanitaire, a connu le ministre d'État Serge Telle il y a plus de dix ans quand elle travaillait aux relations bilatérales franco-monégasques. Marine de Carné-Trécesson a remis ses lettres de créance au prince Albert II le 19 septembre dernier. Première rencontre.

Connaissiez-vous Monaco avant votre arrivée?
Sous directrice de l’Europe méridionale au ministère des Affaires étrangères de 2004 à 2007, j’ai souvent travaillé avec Serge Telle, alors ambassadeur de France. C’était l’époque de la mise en œuvre du nouveau traité franco-monégasque. J’ai également croisé le prince Albert II lorsque j’étais au ministère de l’Écologie à Paris. Je retrouve donc ici des sujets et des personnes que j’ai connus. J’ai notamment participé à la commission Ramoge et au lancement d’un fonds pour les aires marines protégées en Méditerranée. Il y a des affinités entre les valeurs que défend Monaco d’une part, mon parcours professionnel et mes centres d’intérêts d’autre part.

Comment percevez-vous Monaco?
C’est prégnant de voir les valeurs d’humanisme et de droits de l’Homme qui sont portées en Principauté. Ici le prince donne sa vision et il a l’idée d’une cité idéale. Monaco est un laboratoire. Ce n’est pas un pays comme les autres. On peut en faire un État modèle, à l’avant-garde en matière d’innovation tout en conservant l’humain. Ici, tout paraît possible.

L’élection présidentielle de 2017 pourrait-elle avoir des incidences sur votre poste?
Un ambassadeur est au service de son pays et assure la continuité de l’État. L’élection présidentielle ne devrait pas a priori avoir d’incidence. En général, nous sommes en poste pour trois ans; une période qui se prolonge parfois un an. C’est une juste durée.

Quels sont les dossiers qui touchent directement la vie des Français de Monaco?
Il faut distinguer notamment les Français qui résident en Principauté et ceux qui y travaillent. Nous avons entre Monaco et la France pas moins de cent cinquante accords bilatéraux. Ça va des transports aux conventions de Sécurité sociale.

Il y a aussi l’épineuse fiscalité…
Oui. L’arrêt du Conseil d’État d’avril 2014 est une grande avancée (1). Même si les Français ne sont pas complètement à égalité de traitement, la situation des «Enfants du pays» est plus confortable que par le passé.

Combien de Français sont exonérés de l’impôt sur le revenu?
Il y a 9.300 Français à Monaco, dont 5775 électeurs. On estime à plus de 2000 les personnes qui n’ont pas à s’acquitter de l’IR.

Pensez-vous que ce renversement de jurisprudence est de nature à endiguer le déclin de la population française ici?
On l’espère. Si les «Enfants du pays» sont dans les mêmes conditions que les autres étrangers, il n’y a pas de raison qu’ils quittent Monaco. Ils y ont vécu toute leur vie et y sont très attachés! Il reste certes un problème de logement. Il faut qu’on continue à en discuter avec les autorités monégasques. C’est important de veiller à attirer les Français à Monaco par tous les moyens. Il faut que la communauté perdure.

Êtes-vous favorable à un statut légal d’«Enfant du pays»?
L’avancée fiscale a donné une partie de la réponse.

Y a-t-il un dossier qui vous tient particulièrement à cœur?
Renforcer la communauté de destin, cela signifie conserver et développer, entre la France et Monaco, un partenariat gagnant-gagnant dans les domaines économique, social, politique...

Êtes-vous impliquée dans les négociations avec l’Union européenne?
La Principauté officie. Il y a un intérêt que Monaco s’inscrive dans un cadre plus vaste avec l’Union européenne et nous la soutenons dans cette démarche. Il y a déjà eu des avancées, par exemple en matière de transparence ou sur la reprise de l’acquis communautaire. Mais il faut bien entendu que ses intérêts et ses spécificités soient préservés. On ne peut pas transiger sur l’âme d’un pays. Ça n’empêche pas de nouer des rapports plus étroits avec l’UE. C’est le grand chantier des années à venir. Le diable est dans les détails. Il faudra les examiner soigneusement. Des négociations ont abouti dans d’autres pays comme le Liechtenstein. Il faut voir le degré d’adaptation aux règles européennes et mettre le curseur pour trouver le point d’équilibre. Les principes européens sont obligés de s’adapter à la petite taille de Monaco. Il y a d’ailleurs une déclaration du traité sur l’UE qui indique que «l’Union prendra en compte la situation particulière des pays de petite dimension territoriale entretenant avec elle des relations spécifiques de proximité». Il faut donc prendre la mesure des choses. Le principe, c’est le bénéfice mutuel.

(1) Le 11 avril 2014, le Conseil d’État a rendu un arrêt important pour la communauté française, l’arrêt Giorgis n° 362237, qui stipule que seuls les Français ayant procédé au transfert de leur domicile à Monaco après le 13 octobre 1957 conservaient leur domicile fiscal en France. Par extension, les Français résidant en Principauté depuis leur naissance ne sont donc imposés qu’en raison de leurs revenus de sources françaises.


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