Macron, Meloni, Lula, Biden… le prince Albert II livre sa vision de l’actualité internationale

Sur un échiquier géopolitique tendu à l’extrême, le souverain évoque lors d'un entretien accordé à Monaco-Matin ses liens avec les puissants, de possibles visites de chefs d’Etat en Principauté et son ressenti sur la récente COP27.

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Propos recueillis par Thomas MICHEL et Cédric VERANY Publié le 18/11/2022 à 20:45, mis à jour le 18/11/2022 à 08:31
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Le prince Albert II a évoqué pour Monaci-Matin le retour au pouvoir de Lula, la venue en Principauté de Macron ou la prise de pouvoir de Meloni. Photo Jean-François Ottonello

Le président Macron, réélu cette année, viendra-t-il en visite officielle en Principauté ?
Il me l’avait promis il y a quelque temps. Je pense qu’il faut trouver la bonne période dans une actualité très dense. Il n’y a aucune urgence, le Président a beaucoup d’obligations à remplir mais je sais qu’il a à cœur de faire cette visite et de pouvoir souligner l’excellence de nos rapports et de la bonne dynamique de projets entre la France et la Principauté.

"J’irai au couronnement du roi Charles III"


Peut-on imaginer une venue en Principauté du nouveau roi britannique, Charles III, que vous connaissez bien ?
En effet, nous nous retrouvons beaucoup sur des sujets liés à l’environnement et au développement durable qui le passionnent et pour lesquels sa Majesté s’engage. Suite à son invitation j’irai à son couronnement au mois de mai prochain. Mais rien n’est prévu pour une visite en Principauté. Cela serait formidable de l’accueillir un jour en Principauté de Monaco.

"Nous espérons toujours la venue du Pape"

Quid du pape François ? Pourrait-il être le premier pape à fouler le sol monégasque ?
Oui, nous l’espérons toujours. Plusieurs invitations avaient été formulées à son prédécesseur et l’invitation a été encore présentée par notre nouvel ambassadeur au Vatican. Je crois malheureusement que l’état de santé du pape le ralentit dans ses déplacements à l’étranger. Même si nous ne sommes pas très éloignés.

 

"Je me réjouis de l'engagement du président Lula"


Après Trump, Bolsonaro a été éjecté du pouvoir, êtes-vous rassuré par ce recul du populisme dans de grandes nations ?
C’est très important que les électeurs puissent exprimer leur choix de la façon la plus démocratique possible. Au Brésil, je me réjouis de l’engagement du président Lula en matière de lutte contre la déforestation en Amazonie, de protection des peuples indigènes et d’une série de mesures pour que son pays s’engage mieux dans la lutte contre les changements climatiques. Aux États-Unis, un des premiers actes du président Biden a été de réintégrer l’Accord de Paris, et d’autres initiatives ont depuis été prises sur le climat et les océans. J’espère qu’ils vont continuer dans cette voie. La situation géopolitique internationale n’est pas favorable. C’est difficile, dans des périodes incertaines, de maintenir des efforts sur des engagements dont on a pourtant besoin. C’est aux grandes nations d’entraîner les autres vers ce respect des engagements pris. Malheureusement, nous en sommes loin.

 "J’ai toujours bon espoir que l’Italie trouve les moyens de mettre en place une politique raisonnable"


Vous n’avez pas félicité publiquement Giorgia Meloni, êtes-vous inquiet par sa prise de pouvoir en Italie ?
Je crois savoir que son discours de campagne ne sera pas tout à fait celui de sa présidence du Conseil des ministres. J’ai toujours bon espoir que l’Italie, avec qui nous avons des rapports étroits, anciens et historiques, trouve les moyens de mettre en place une politique raisonnable dans toutes ses dimensions. Et bien sûr dans sa dimension méditerranéenne. Je lui souhaite le meilleur dans ses importantes fonctions. Je ne l’ai pas félicité publiquement parce que, normalement, je ne le fais que pour des chefs d’État, et j’attendais qu’elle forme un gouvernement. Je suis sûr que je la rencontrerai un jour et je lui exprimerai notre disponibilité à toujours bien coopérer et avoir d’excellentes relations avec l’Italie.

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