"L’union nationale est la meilleure solution": les confidences de Béatrice Fresko sur les prochaines élections nationales à Monaco

Béatrice Fresko a rejoint la liste de Brigitte Boccone-Pagès en vue des prochaines élections nationales à Monaco mais elle continue à représenter ceux qui l’ont élue sur la liste Horizon Monaco jusqu’en février.

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Propos recueillis par Joëlle Deviras Publié le 31/10/2022 à 09:00, mis à jour le 31/10/2022 à 10:28
Béatrice Fresko: "C’est bien en tant que Béatrice Fresko-Rolfo, avec mes valeurs, mes qualités mais aussi mes défauts, que je rejoins la liste ‘‘Union Nationale Monégasque’’ pour porter mes convictions et celles de ceux qui m’ont fait confiance à deux reprises et 2013 et 2018". Photo Jean-François Ottonello

Élue de la minorité sur la liste Horizon Monaco, Béatrice Fresko n’a jamais eu, dans l’hémicycle, la posture d’une conseillère nationale dans l’opposition. Si sa voix fut quelquefois différente, il faut bien avouer que le programme qu’elle a défendu en cheffe de file lors des dernières élections nationales avait de nombreux points communs avec ceux de la majorité Primo!

Aujourd’hui, elle rejoint l’Union Nationale Monégasque, une liste conduite par la présidente sortante Brigitte Boccone-Pagès et retrouve deux de ses colistières de 2018.

Cible d’un communiqué de presse publié le 19 octobre dernier dans lequel il est écrit que sa décision de rejoindre la majorité "n’a fait l’objet d’aucune concertation ni d’aucun accord avec Horizon Monaco", Béatrice Fresko explique son cheminement politique et ses ambitions.

Qu'est-ce qui vous encourage aujourd'hui à travailler au sein de l'Union nationale conduite par Brigitte Boccone-Pagès?
C’est pour moi la poursuite naturelle du travail accompli depuis près de trois ans de manière apaisée, et je dirais même depuis le début du mandat puisque les minorités issues des élections de 2018 ont toujours pu exprimer leur point de vue et collaborer activement au travail de l’Assemblée. Je me suis toujours très bien entendue avec la présidente, de façon amicale. Donc travailler à ses côtés se fait de façon très constructive et sans aucune difficulté.

Quel regard portez-vous sur le mandat qui s'achève?
Ce mandat a été intéressant et assez boulimique en termes de travail. Dès le début de la mandature, j’ai toujours travaillé en commission de manière constructive, même sur des sujets clivants comme le projet de loi qui impactait à nouveau les immeubles sous loi 1235, pour lequel j’ai voté contre. J’ai donc représenté les électeurs qui nous ont fait confiance à Jacques Rit et à moi-même en février 2018, en respectant toujours nos positionnements et sans jamais renier nos convictions.

Depuis mars 2020 et la crise sanitaire, le Conseil national travaille dans "l’union nationale". Ça signifie la disparition des minorités?
Non, absolument pas! Et c’est également valable, selon moi, pour Jean-Louis Grinda d’ailleurs. À l’occasion de cette crise, le Président Stéphane Valeri a souhaité mobiliser les élus des Monégasques dans l’union nationale, et travailler dans l’unité des institutions. Cette période a révélé ce que nous savions déjà: ce qui nous rassemble est bien supérieur à ce qui pourrait nous diviser. Unis nous avons été plus forts pour faire entendre les positions du Conseil national et participer à la lutte contre les conséquences de cette crise historique, en portant la voix des compatriotes et des résidents. Depuis, ce principe de l’union nationale nous est apparu comme la meilleure solution pour un Conseil national apaisé et efficace, tout en gardant notre liberté de vote.

Quel regard portez-vous sur les premières semaines de présidence de Brigitte Boccone Pagès?
La présidente a pris ses fonctions dans un délai très court et je constate chaque jour qu’elle s’est employée à la tâche et qu’elle le fait très bien. On l’a vue en séance publique mener les débats de sorte que chaque élu puisse s’exprimer et que la place du gouvernement et celle du Conseil national soient bien respectées. Brigitte Boccone-Pagès est une dame d’expérience, une personnalité toujours disponible qui nous permet, en tant que cheffe de file, à toutes et tous, de nous rassembler sans clivages et avec la volonté de construire un projet pragmatique tous ensemble.

"Jusqu’au 5 février prochain, je représente les électeurs d’Horizon Monaco"

Que pensez-vous du communiqué de presse sous le logo Horizon Monaco, du 19 novembre dernier, indiquant que vous ne pouvez pas revendiquer le nom d'Horizon Monaco dans le cadre de la liste Union Nationale Monégasque?
On ne peut pas réécrire l’histoire. J’ai été désignée tête de liste en 2017 en vue des élections de février 2018. Personne ne peut le contester. J’ai eu le courage, avec mes colistiers, de me mesurer à la liste emmenée par Stéphane Valeri, dois-je vraiment le rappeler ? Par ailleurs, j’ai été amusée de lire qu’un mouvement appartenait à une personne*, car elle en avait déposé le nom en 2013. C’est faire peu de cas des compatriotes et donc des électeurs. De toute manière, c’est bien en tant que Béatrice Fresko-Rolfo, avec mes valeurs, mes qualités mais aussi mes défauts, que je rejoins la liste « Union Nationale Monégasque » pour porter mes convictions et celles de ceux qui m’ont fait confiance à deux reprises et 2013 et 2018.

Qui représente Horizon Monaco aujourd'hui si ce n'est pas vous?
Bonne question!

Qu'est-ce que c'est Horizon Monaco aujourd'hui: une liste, un mouvement politique, un parti, un groupe de réflexion, une marque déposée ? Quelle est sa structure juridique?
Il s’agit d’une marque déposée en effet, qui a donc "prêté" son nom à une liste. Il n’y a pas, que je sache, de structure associative à ce jour.

Comptez-vous vous désolidariser d'Horizon Monaco?
Jusqu’au 5 février prochain, je représente les électeurs d’Horizon Monaco. Je suis candidate sur la liste de l’Union Nationale Monégasque, avec mes convictions et mon énergie pour mon pays. Je suis donc la représentante, avec d’autres colistières de 2018 [N.D.L.R.: Jade Aureglia et Mathilde Le Clerc], d’une sensibilité qui ne s’arrête pas à l’utilisation ou non d’une estampille. Je suis là pour représenter les Monégasques qui m’ont fait confiance et pour qui je souhaite poursuivre le travail au Conseil national durant le prochain mandat.

Envisager un mandat avec Jean-Louis Grinda et des membres originaires de Primo!, ça ne vous dérange pas?
Non seulement cela ne me dérange pas, mais cela me réjouit car nous avons l’expérience de cette union nationale; et ça marche. Encore une fois, quand on y réfléchit sans ego et sans esprit de revanche, nos projets politiques aux élections nationales se ressemblaient beaucoup, je dirais à 80%. La communauté nationale ne doit pas se diviser pour les 20% restants. Nous sommes tous d’accord pour protéger notre modèle économique et social, pour le logement des Monégasques, pour la préservation de notre qualité de vie et pour l’amélioration constante de nos lois. Nous sommes tous rassemblés pour préserver l’avenir de nos enfants et la priorité nationale, dans le cadre de la monarchie constitutionnelle.


*Béatrice Fresko fait ici référence à Laurent Nouvion, ancien chef de file Horizon Monaco et président du conseil national de 2013 à 2016.

Poursuivre au Conseil de l’Europe

Vous êtes très active depuis 2013 au niveau de l'assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe dont vous êtes membre et première vice-présidente de la commission "égalité et non-discrimination". Est-ce utile pour Monaco?

L’APCE m’a beaucoup apporté. La réunion d’élus de pays différents avec des problématiques tout aussi variées est enrichissante pour tous. C’est en m’appuyant sur la Convention d’Istanbul que j’ai pu initier la première campagne d’affichage contre les violences faites aux femmes en 2016.

De même, le Grevio (organe en charge de la bonne application de ladite convention) a soutenu la nomination d’une déléguée pour les droits des Femmes. Ce qui démontre bien que le travail et les contacts faits sont bénéfiques pour Monaco. 

Je travaille actuellement sur un rapport pour lutter contre les violences à l’encontre des femmes souffrant de handicap et un autre sur la lutte contre les violences et discriminations à l’encontre des femmes LBQ.

Je suis honorée car mes collègues de la commission égalité et mes collègues du groupe politique Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE) de l’APCE me font confiance sur des sujets sociétaux, et donc, à une élue du Conseil national de la Principauté de Monaco.

Sur le même thème, je n’ai cessé de réclamer des avancées en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, notamment avec la création d’un fonds d’indemnisation des victimes d’infractions pénales.

Et grâce à l’efficacité de l’union nationale des élus et en phase avec ma collègue Nathalie Amoratti-Blanc, nous devrions bientôt assister à sa "naissance".

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