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«L’important, c’est le principe d’humanitĂ©»

Mis à jour le 18/10/2016 à 11:49 Publié le 18/10/2016 à 11:43
Alors que les hauts reprĂ©sentants de sept sociĂ©tĂ©s nationales de la Croix-Rouge de petits États d’Europe, du ComitĂ© international de la Croix-Rouge et de la FĂ©dĂ©ration internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se rĂ©unissent Ă  Monaco, Simon Missiri (avec le prince et ci-dessous) revient sur les migrations en Europe.
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«L’important, c’est le principe d’humanitĂ©»

À Monaco, Simon Missiri, le directeur du bureau de la rĂ©gion Europe de la FĂ©dĂ©ration internationale des sociĂ©tĂ©s de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Ă©voque les migrations

Il a dĂ©marrĂ© sur le terrain, au Soudan. Simon Missiri a rejoint la FĂ©dĂ©ration internationale des sociĂ©tĂ©s de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge il y a une trentaine d’annĂ©es. Il est aujourd’hui le directeur du bureau de la rĂ©gion Europe. Simon Missiri est venu Ă  Monaco alors que la Croix-Rouge monĂ©gasque reçoit les hauts reprĂ©sentants de sept sociĂ©tĂ©s nationales de la Croix-Rouge de petits États d’Europe, du ComitĂ© international de la Croix-Rouge et de la FĂ©dĂ©ration internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, depuis hier et jusqu’à ce soir. Pour Ă©changer sur des problĂ©matiques communes. Parmi les points centraux de cette rencontre, justement: les migrations. Simon Missiri revient sur ce sujet au centre de l’actualitĂ© europĂ©enne, en insistant sur le «principe d’humanitĂ©».

Quelle est l’approche de la Croix-Rouge sur les migrations en Europe?
Pour nous, c’est le principe d’humanitĂ© qui est le plus important.On ne fait pas de diffĂ©rence entre les gens qui fuient des zones de guerre ou ceux qui veulent Ă©chapper Ă  une pauvretĂ© extrĂȘme. C’est notre message aux citoyens de l’Europe. Depuis le dĂ©but de ce dossier, l’Europe a fait preuve d’un niveau exceptionnel de solidaritĂ©. Aujourd’hui, nous observons de plus en plus de rĂ©ticence aux migrations. Et notre rĂŽle, c’est d’augmenter le niveau d’humanitĂ© et de solidaritĂ©.

Cela veut dire s’adresser à l’opinion publique, directement?
Absolument. De la Turquie Ă  l’Allemagne en passant par les Balkans, notre mission est de porter assistance aux gens. Mais une grande partie de notre rĂŽle consiste aussi Ă  Ă©duquer les deux communautĂ©s: les migrants et les citoyens d’Europe. Pour apprendre comment vivre ensemble, comment coexister. Avec des classes de langue, des cours sur la culture. On ne peut pas renvoyer ces gens. Beaucoup des pays d’oĂč ils viennent ne le permettent mĂȘme pas.Alors, il faut soutenir une prĂ©sence, sur le plus long terme, des migrants en Europe. Cela veut dire qu’il faut trouver un moyen pour leur donner une vie dĂ©cente, mais sans accabler des pays d’Europe qui ne se trouvent pas dans un contexte Ă©conomique trĂšs favorable. Comme la GrĂšce, qui a montrĂ© un exemple exceptionnel de solidaritĂ© mais oĂč 40 % de la population n’a pas de rĂ©el accĂšs aux soins.Nous devons trouver un moyen de vivre ensemble. Il y a un moyen. Il faut se souvenir que la civilisation sur cette planĂšte a Ă©tĂ© façonnĂ©e par les migrations.

Quelle forme prend ce travail, sur le terrain?
Cela dĂ©pend du contexte. C’est trĂšs diffĂ©rent d’un pays Ă  l’autre. Mais il faut Ă©duquer les migrants Ă  la rĂ©alitĂ© de ce qu’il y a autour d’eux. C’est quelque chose qu’ils doivent accepter. Beaucoup arrivent avec des illusions: ils sont en Europe, c’est un paradis, un havre de paix. C’est la perception qui est entretenue par les passeurs. Il faut de l’éducation. Il faut apprendre la langue. Il faut apprendre Ă  respecter les cultures.

Faut-il aussi effectuer un travail d’éducation auprĂšs des citoyens europĂ©ens?
Oui. Bien sĂ»r. Nous discutons du lancement d’une campagne europĂ©enne contre la xĂ©nophobie. Pour qu’il y ait plus de tolĂ©rance. Cela nous inquiĂšte beaucoup. D’autant que beaucoup de ces peurs naissent de la peur.

En Europe, les mouvements qui ne sont pas favorables aux migrations gagnent du terrain. Cela vous inquiĂšte?
Oui.Dans l’optique de certains mouvements populistes, tout se mĂ©lange: les rĂ©fugiĂ©s syriens avec la libertĂ© de mouvement en Europe, par exemple. Les migrations sont devenues quelque chose de nĂ©gatif, dans certains esprits. Cela nous inquiĂšte beaucoup. Il faut combattre cela. Ce n’est pas juste.

Dans ce contexte, comment voyez-vous le futur en Europe?
Je suis confiant. L’Europe a des milliers d’annĂ©es d’histoire derriĂšre elle, avec beaucoup de choses, des guerres, des annĂ©es de collaboration
 Nous arriverons Ă  renverser la situation. À se diriger vers quelque chose de positif pour nos citoyens, pour ceux qui sont venus se rĂ©fugier ici, dont beaucoup retourneront dans leurs pays d’origine quand la paix et la stabilitĂ© seront revenues. Mais bien sĂ»r, c’est une vision Ă  long terme.


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