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Les retards et surcoûts des grands chantiers publics au menu du Conseil national

Mis à jour le 09/10/2019 à 09:13 Publié le 09/10/2019 à 05:24
Le ministre d’État Serge Telle et le président du Conseil national Stéphane Valeri veulent garder un « esprit constructif ».

Le ministre d’État Serge Telle et le président du Conseil national Stéphane Valeri veulent garder un « esprit constructif ». Sébastien Botella et Conseil national

Les retards et surcoûts des grands chantiers publics au menu du Conseil national

L’ouverture des séances du budget rectificatif de l’État a dressé un tableau sur l’ensemble des dossiers du pays. Le Conseil national reste très préoccupé par la gestion des chantiers publics

Des surcoûts par centaines de millions d’euros, des retards de livraison qui se comptent en années, des chantiers modifiés en cours de route,... "Cette situation constitue une préoccupation majeure pour le Conseil national", note Balthazar Seydoux, rapporteur au nom de la commission des Finances et de l’Économie nationale. Et les conseillers nationaux ont de quoi dire !

"Les crédits de paiement au titre des dépenses d'équipement progressent de 192,7 millions d’euros, les portant ainsi à 632,5 millions d’euros, soit pour la première fois, à un montant supérieur aux crédits inscrits au titre des dépenses de fonctionnement. Face à de telles sommes, et au vu de l’ampleur des chantiers déjà engagés, la Commission des Finances et de l’Économie Nationale s’interroge sur la capacité des services du Gouvernement à suivre de manière très précise toutes ces opérations, afin d’éviter les défaillances, voire les malfaçons, les retards ainsi que les dérapages de budget, qui ont pu être constatés depuis plusieurs années."

Sans compter le désastre des Jardins d’Apolline et de L’Hélios, l’Îlot Pasteur, le nouvel hôpital et le parking de la Darse Nord et celui du Jardin exotique sont autant de dossiers difficiles.

Le président du Conseil national, Stéphane Valeri, explique : "Les retards s’ajoutent aux surcoûts, qui se cumulent parfois avec des problèmes de qualité, Apolline en étant la plus triste illustration avec 240 familles monégasques déménagées et près de 90 millions d’euros de dépenses pour réhabiliter un immeuble d’à peine 5 ans et gérer la crise du relogement [projet qui a coûté initialement 87,9 millions d’euros, puis 55 millions pour la réhabilitation cinq ans après sa livraison, et enfin quelque 30 millions pour le relogement temporaire des locataires, ndlr]."

Il attend donc "des mesures fortes allant de la révision des procédures d’appels d’offres, à la réorganisation de la direction des Travaux publics, d’un meilleur contrôle des chantiers à la mise en place réelle du principe du mieux-disant."

Balthazar Seydoux liste les dérives.

Mieux-disant et non plus "moins-disant"

En réponse au rapporteur du Conseil national, Serge Telle a pris soin d’évoquer les problèmes des grands travaux « toujours plus complexes » et pour lesquels les « investissements atteignent des sommes sans précédent ». Ses réponses sont claires : « L’amélioration des processus qualité est au cœur de la feuille de route du nouveau directeur des Travaux publics. Les orientations que Madame Gramaglia [conseiller de gouvernement-ministre pour l’Équipement, l’Environnement et l’Uranisme, ndlr] lui a données visent à assurer un meilleur contrôle et une plus grande responsabilisation des acteurs de la construction. Des évolutions très concrètes ont déjà vu le jour, en particulier grâce à la consécration du principe de l’attribution des marchés publics au mieux-disant. »

De plus, la direction des Travaux publics est totalement repensée. « Le nouveau directeur des Travaux publics a proposé un certain nombre de recrutements et une réorganisation de son service : nous vous les présenterons en détail lors de la Commission Plénière d’Études consacrée aux grands travaux le 7 novembre prochain. »

Voici qui pourrait permettre enfin de tourner la page d’une période assez désastreuse.

À propos de l’opération de l’îlot Pasteur, « en cinq ans, le budget de cette opération est passé d’une estimation de 277 millions d’euros à 361 millions d’euros, soit 84 millions d’euros supplémentaires, représentant une augmentation de 30 %. » De plus, « ce chantier accuse entre 3 et 4 ans de retard ».

Une nouvelle aile pour l'hôpital

Le chantier du Nouvel Hôpital, qui est resté très peu actif durant de nombreux mois, reprend de l’activité. C’est d’ailleurs visuellement mesurable comme l’a souligné le ministre d’État Serge Telle.

Néanmoins, ce chantier "accuse déjà, dans sa phase 1, un retard de 5 années, souligne le rapporteur Balthazar Seydoux. (...) L’objectif était une mise en service globale en 2026. (...) L’achèvement total de ce chantier est, quant à lui, envisagé pour 2032." Mais là où ça pêche de surcroît, c’est sur "l’envolée des coûts". "En effet, il faut rappeler que le budget du Nouvel Hôpital était estimé à 668 millions d’euros en 2013. Au programme triennal d’équipement public 2019/2020/2021, l’estimation est portée à 795,7 millions d’euros, soit une augmentation de 127,7 millions d’euros, représentant une hausse de 19 % du coût total."
Serge telle explique, de son côté : "Un retard significatif de 35 mois a été constaté sur l’ouvrage d’art et le parking. Il est maintenant stabilisé. (...) Le surcoût du nouveau CHPG est dû aux diverses adaptations du programme : création d’une 4e aile, fusion des phases 2 et 3, agrandissement du hall. L’ajout d’une 4e aile à l'hôpital et l'intégration de la psychiatrie au programme du nouveau CHPG sont ainsi des modifications importantes. Pour contenir les coûts et les délais, il faudrait d’abord cesser de modifier les opérations une fois lancées."

Pasteur : 91 millions d'euros supplémentaires


À propos de l’opération de l’îlot Pasteur, "en cinq ans, le budget de cette opération est passé d’une estimation de 277 millions d’euros à 361 millions d’euros, soit 84 millions d’euros supplémentaires, représentant une augmentation de 30 %." De plus, "ce chantier accuse entre 3 et 4 ans de retard".

De son côté, le ministre d’État, Serge Telle, explique : "S’agissant de l’opération Pasteur, depuis son inscription au triennal en 2011, le budget est passé de 270 M à 361 M€ soit + 91 M€, dont 30 M d'actualisation et 61 M€ de changements de programme. Ce montant sera encore augmenté au budget primitif 2020 du fait du choix de méthodes d’exécution moins bruyantes et moins polluantes, au phasage d’exécution pour limiter les impacts sur la circulation. Mais c'est un budget maîtrisé, puisque le coût de la construction au m2 est proche de 5 000 €."

Parkings : encore du retard

Même scénario pour le parking de dissuasion de 1 820 places au niveau de la Moyenne corniche, à l’Est de Monaco. Un chantier de grande envergure, dénommé "Entrée de ville/Jardin Exotique". Il devait être livré en 2019. Il ne le sera pas avant 2023.

Et là aussi, "le montant global au programme triennal d’équipement public 2019/2020/2021 pour ce projet est donc de 199,5 millions d’euros, soit une augmentation de 42 % en 5 années." Là, le ministre d’État précise : "Le premier budget global inscrit était de 165 M€ en 2015. Il est à présent de 199,50 M€, soit une augmentation attribuable à l’actualisation pour 12 M€ et à des changements de programme pour 22 M€."

Quant au parking réalisé sur la Darse Nord, ce n’est pas beaucoup plus réjouissant. "Il a connu un retard conséquent en partie dû à des problèmes techniques, qui ont conduit à une réduction du nombre de places de stationnement de 270 à 160, sans pour autant que le budget dédié à cette opération soit revu à la baisse", souligne Balthazar Seydoux. Ce à quoi le ministre d’État rétorque : "L’opération du parking de la Darse Nord a pris du retard suite à un aléa géologique important déjà annoncé. Des modifications de structures ont été nécessaires, avec une refonte du marché de travaux."

Au total, globalement, les surcoûts oscillent entre 20 à 40 %. De surcroît, les retards ont des impacts négatifs sur la qualité de vie et sur les projets futurs qui dépendent de la bonne avancée des chantiers actuels. "Le Conseil national est très préoccupé par la bonne conduite de ces chantiers, conclut Balthazar Seydoux. Il attend dorénavant une réelle maîtrise des coûts et des délais, une profonde refonte des procédures, un contrôle et un suivi des chantiers significativement renforcés, avec des contrôleurs en nombre et assermentés."


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