“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

"Les partis politiques font vomir les électeurs"... Après son départ des Républicains, Christian Estrosi se confie

Mis à jour le 08/05/2021 à 07:15 Publié le 08/05/2021 à 07:00
 "Je n’ai rien à négocier, affirme le maire de Nice, c’est pour cela que je suis libre."

"Je n’ai rien à négocier, affirme le maire de Nice, c’est pour cela que je suis libre." Photo Eric Ottino

Monaco-matin, source d'infos de qualité

"Les partis politiques font vomir les électeurs"... Après son départ des Républicains, Christian Estrosi se confie

Après avoir claqué la porte de LR, l’édile azuréen veut se consacrer "aux Niçois". Il affirme n’avoir rien négocié avec quiconque et jure qu’il n’acceptera aucun ministère.

Les traits tirés, visiblement fatigué, mais toujours combatif. Décidé à justifier ses décisions auprès des seuls électeurs qui, jure-t-il, comptent à ses yeux – les Niçois.

Christian Estrosi revient sur les raisons de son choix de quitter Les Républicains. Le maire de Nice s’engage: il n’acceptera aucun ministère à Paris.

Vingt-quatre heures après avoir quitté LR, quel est votre état d'esprit?
Je savoure le bonheur d’être dans ma ville et de m’occuper des Niçois. [Un temps] J’ai dû quitter une maison qui a dénaturé une longue aventure humaine, après quatre années où elle n’a cessé de creuser le fossé nous séparant de notre histoire gaulliste, presque bonapartiste. Je regrette qu’un noyau d’apparatchiks ait décidé qu’on ne pouvait plus avancer les bras ouverts, alors qu’on m’avait toujours accordé une part importante de liberté dans ma vie publique. Aujourd’hui, selon la formule de Staline, LR estime que pour être plus fort, il faut s’épurer…

Quand vous évoquez la dérive d'une faction qui semble avoir pris la direction de LR, vous visez Éric Ciotti?
Pas uniquement. Malgré tout ce que l’attitude d’Eric a pu avoir de désagréable à mon égard, depuis de nombreuses années, j’ai tout fait pour ne pas entrer dans ce débat. Mais il y a une chose inconcevable, pour moi, c’est la banalisation du Front national. C’est la grande faute d’Eric – et pas seulement la sienne : le fait d’affirmer qu’il ne choisira pas entre les frontistes et les autres candidats. On ne peut pas pactiser avec ces gens-là.

Éric Ciotti nie tout arrangement avec le RN en 2017. Vous ne le croyez pas?
Je veux bien lui accorder le bénéfice de la présomption d’innocence. Mais moi, si on m’avait accusé de telles choses, je serais allé très loin pour démentir cette fake news ! [Un silence] Lorsque j’ai posé la question, à Paris, de la ligne rouge que représentait le fait d’aller vers le RN, le patron des Républicains m’a répondu: "On n’a pas de leçon à recevoir de ta part".

Votre départ de LR remet en cause le fait que vous pourriez conduire la liste de Renaud Muselier dans les Alpes-Maritimes?
Je ne cherche pas le premier rôle dans ces élections régionales. Je soutiendrai Renaud… à la place qu’il souhaitera que j’occupe. S’il me le demande, je conduirai cette liste. Mais je ne veux pas apparaître comme un diviseur. Je demande que les partis, quels qu’ils soient, laissent Nice et la Région tranquilles.

Ne craignez-vous pas que votre départ et celui d'Hubert Falco ne compliquent la tâche de Renaud Muselier?
Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ont également quitté LR sans renier leur sensibilité républicaine. Ils se sont placés au-dessus de la mêlée dans les Hauts-de-France et en Île-de-France; ils sont les mieux à même de rassembler. Je pense que c’est la même chose chez nous.

Quand les ténors de la droite républicaine se déchirent en Paca, ne font-ils pas le jeu de Thierry Mariani (RN)?
La faute est à ceux qui divisent, pas à ceux qui cherchent à s’ouvrir. C’est cette démarche de rassemblement, approuvée en 2015 par Nicolas Sarkozy, qui m’a permis de ramener la Région, pour la première fois, dans le giron de la droite.

Le 28 avril, Renaud Muselier se disait prêt à accueillir des "FN repentis". Olivier Bettati fera-t-il partie du lot?
J’ignore s’il sera sur la liste, mais cela ne m’apparaîtrait pas scandaleux. On ne peut pas condamner à vie des gens qui, à un moment donné, ont pu se tromper – à condition qu’ils fassent amende honorable.

La tête de liste RN pour les régionales dans les Hautes-Alpes, Louis Albrand, était candidat à l'investiture LREM en 2017. Cela vous choque?
Les partis font vomir les électeurs! Dans la rue, dès qu’on parle aux gens de politique, ils se crispent…

Et cependant, vous souhaitez la création d’un "nouveau parti de la droite et du centre"?
Il y a eu un Big Bang, il y a quatre ans, lorsque le cumul des mandats a été interdit. Aujourd’hui, les partis sont dirigés exclusivement par des élus qui siègent au Parlement et qui ne sont plus au contact des territoires. C’est cela qu’il faut changer. La France a besoin d’un grand parti qui porte cette ambition. C’est ce que j’essaie de faire au travers de ma formation, la France audacieuse.

Votre réaction après le retour de Sophie Cluzel (LREM) qui va conduire une liste?
[Il sourit] C’est trop politicien pour moi; ça m’échappe!

Prenez-vous l’engagement, aujourd’hui, de ne jamais accepter un ministère proposé par Emmanuel Macron?
Tous les vrais malveillants essaient de justifier ma position rassembleuse en laissant entendre que j’aurais négocié quelque chose… Vous pourrez me traiter de menteur si vous me voyez apparaître dans un quelconque gouvernement, à quelque place que ce soit. Je n’ai rien à négocier, c’est pour cela que je suis libre. Je l’ai dit aux Niçois après le 14 juillet 2016: tant qu’il me restera de l’énergie, et tant qu’ils m’accorderont leur confiance, je leur donnerai tout! Enfin… presque tout. Le reste, je le consacre à ma famille. Je ne trahirai jamais cet engagement.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.