Les élus monégasques valident le budget de l'Etat pour 2023, mais attendent plus en termes de qualité de vie

Au terme de débats parfois tendus sur la question du logement et de la mobilité, le budget primitif 2023 a été voté à la majorité. Sept élus ont voté contre, attendant plus du gouvernement.

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Marie Cardona Publié le 16/12/2022 à 07:04, mis à jour le 16/12/2022 à 11:16
Photo Dylan Meiffret

L’injonction est revenue comme une ritournelle tout au long des trois soirées de débats qui ont animé l’examen du budget primitif 2023: le temps de la projection est venu, tout particulièrement sur les questions de la mobilité et du logement des Monégasques. Deux dossiers prioritaires sur lesquels les élus n’ont pas ménagé le gouvernement.

La soirée de ce jeudi n’a pas fait exception. "Le besoin d’anticipation est de plus en plus fort car le monde va de plus en plus vite. Pour anticiper, il faut décider. Et je vous le redis ce soir, Monsieur le Ministre, c’est maintenant qu’il faut décider pour engager les grands projets de demain. Le temps des études est terminé", a répété fermement la présidente du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, à l’attention du Ministre d’État, Pierre Dartout.

Ferme face au gouvernement lors des débats qui ont animé l’examen du budget primitif 2023, la présidente du Conseil national, Brigitte Boccone-Pagès, a réaffirmé son soutien à l’exécutif dans l’optique de mener "les meilleures politiques publiques possible" pour le pays. Photo Dylan Meiffret.

La qualité de vie en étendard

Dans l’hémicycle, le budget primitif 2023, excédentaire de plus de 9,10 millions d’euros* (programmes compris), a pour autant connu un épilogue heureux puisque voté à la majorité. Sept élus se sont positionnés "contre"**, marquant leur désapprobation face aux "effets d’annonces" du gouvernement.

"Les concessions consenties par le gouvernement ou les annonces qui ont été faites au cours des débats budgétaires pourraient être de nature à faire pencher la balance vers un vote favorable de ma part. Les promesses c’est bien, mais les tenir, c’est encore mieux", a ainsi argumenté Thomas Brezzo.

Car outre le vote d’un budget pour l’avenir du pays, la séance publique de ce jeudi soir avait une saveur particulière pour l’hémicycle. Celle de la fin de cinq années d’un mandat soucieux de la qualité de vie des Monégasques.

"Après 5 ans d’échanges, je suis déçue du bilan relatif à la qualité de vie et plus précisément relatif à la mobilité. Nous avons les moyens d’être exemplaires en la matière, j’ai le sentiment que ce qu’il nous manque c’est la volonté", a déploré Karen Aliprendi.

Des avancées notables

La grande majorité des élus a cependant souligné les avancées notables obtenues pendant le mandat écoulé, touché de plein fouet par la pandémie de Covid-19.

Citons pêle-mêle: l’accompagnement du gouvernement dans les divers plans de relance de l’économie, la défense du pouvoir d’achat, la confirmation de la déconjugalisation de l’Allocation Adulte Handicapé, le Conseil national des jeunes, l’ouverture effective début 2023 du Centre d’Accueil de Jour situé à Beausoleil, les engagements pris en manière de droit des femmes et sur le sujet de l’égalité, la création de Monaco Boost, entre autres…

Mais aussi: "Nous avons redressé la situation catastrophique du logement que nous avons trouvée en arrivant", a dit Balthazar Seydoux, même si les élus regrettent que les programmes prennent du retard. "Symboliquement le premier bail dans la nouvelle Tour Elsa a été signé il y a trois jours. Ce n’est que le début de centaines d’attributions qui ont commencé en juin et vont se poursuivre toute l’année prochaine", s’est félicité Franck Lobono. "Beaucoup a été fait, nous pouvons terminer ce mandat avec le sentiment du devoir accompli", a estimé Brigitte Boccone-Pagès.

Les conseillères et conseillers nationaux attendent à présent d’aller plus loin, dans la perspective d’une année 2023 qui promet déjà de nombreux défis. "La situation économique et énergétique n’est pas encore stabilisée, l’inflation est toujours là, et donc les projections économiques pour 2023 nécessitent la plus grande attention", a rappelé Balthazar Seydoux.

Et Brigitte Boccone-Pagès de conclure, à l’adresse de l’exécutif: "Vous nous trouverez toujours à vos côtés pour faire avancer ensemble les meilleures politiques publiques possible pour notre pays, pour les Monégasques et pour les Résidents".

*Les recettes sont estimées à 2.03 milliards d’euros (+7,5% par rapport au budget primitif 2022) et les dépenses à 2,02 milliards d’euros (+7,2%).
**Ont voté contre: Fabrice Notari, Daniel Boeri, Nathalie Amoratti-Blanc, Thomas Brezzo, Guillaume Rose, Karen Aliprendi et Marie-Noëlle Gibelli.

Sur les 22 élus présents dans l’hémicycle, 15 ont voté pour le projet de loi n°1063 portant fixation du budget général primitif 2023 et 7 contre. Photo Dylan Meiffret.

Brigitte Boccone-Pagès : Un bilan historique

Guillaume Rose, président de la Commission Environnement et Qualité de Vie

"Pour quelle raison est-ce que le Conseil national est publiquement méprisé lorsqu’il appelle à limiter le pouvoir absolu des promoteurs, en imposant des outils plus chers mais plus silencieux, de vrais murs anti-bruit et non des ersatz aussi cheap qu’inefficaces, des horaires de chantier qui ne pousseraient pas notre population à consommer somnifères et tranquillisants?"

Puis au sujet du test de gratuité des bus en cours actuellement: "Vous avez le pouvoir de faire arrêter ce test de bus, mais vous n’aurez jamais celui de faire croire à notre population que ce test était un échec. Cet échec c’est avant tout le vôtre. Celui d’un état d’esprit qui, lui, n’a rien à voir avec la bienveillance."

Jacques Rit 

"Il est grand temps de relancer le débat sur une évolution du mode de scrutin des élections nationales. Nous observons, une fois de plus, la difficulté rencontrée par des formations politiques de taille modeste, mais cependant tout à fait à l’échelle de la taille de notre Pays, pour rassembler 24 candidats et se présenter aux élections. La loi électorale n’impose, c’est vrai, qu’un minimum de 13 candidats pour constituer une liste, mais les simulations montrent qu’il est impératif d’en présenter 24 pour préserver toutes ses chances de remporter des sièges. Et je souhaite sincèrement à la seule liste en lice pour les prochaines élections qu’une deuxième liste émerge d’ici là, afin de renforcer la légitimité de tous les futurs élus."

Fabrice Notari, président de la Commission pour le suivi de la Négociation avec l’Union Européenne

"Comment concilier 450 millions de personnes qui ne parlent pas la même langue, ne mangent pas les mêmes choses, ne boivent pas les mêmes breuvages, bien sûr ils ne se comprennent pas mais bizarrement ils se laissent imposer par des technocrates des directives qui conduisent par exemple à jeter des millions de litres de lait dans les caniveaux, à laisser pourrir des tonnes de tomates, à organiser des guerres entre chalutiers qui doivent racler le fonds des océans pour quelques crevettes, et j’en passe…"

Brigitte Boccone-Pagès

"En termes de travail accompli, d’événements et d’avancées, le bilan de cette mandature est tout simplement historique. Un bilan historique, une crise historique, mais aussi des opportunités historiques."

Jean-Louis Grinda

"Le Ministre d’État a donné publiquement une suite favorable à ma demande de renforcement des équipes de juriste de la Direction des Affaires judiciaires et du Conseil national. C’est un geste fort qui nous permettra de mieux travailler qualitativement des deux côtés de la place de la Visitation. Nos textes doivent être irréprochables et clairs. »

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