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Les candidats se rendent coups pour coups

Mis à jour le 10/12/2015 à 05:15 Publié le 10/12/2015 à 05:15
Le face-à-face Christian Estrosi Marion Maréchal-Le Pen sur le plateau de France 3 hier après-midi.

Le face-à-face Christian Estrosi Marion Maréchal-Le Pen sur le plateau de France 3 hier après-midi. Frank Fernandes

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Les candidats se rendent coups pour coups

Parfois vif, le seul débat de l'entre-deux tours des élections régionales a tenu ses promesses. S'il n'a pas nécessairement un vainqueur, il a permis de préciser les positions des deux finalistes

Qui a gagné le débat télévisé d'hier soir entre Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi ? (1) « Nous forcément », ont répondu avec humour les entourages des deux candidats, avec le soulagement de ceux qui sortent d'un exercice périlleux. Sans faire de réponse de Normand, on serait tenté d'arbitrer pour le match nul. La jeune élue frontiste a imposé, à 26 ans, une maturité assez étonnante dans la maîtrise d'un exercice médiatique très compliqué. Mais elle a été en retrait sur certains sujets, même floue parfois.

Christian Estrosi de temps en temps sur la défensive ou trop répétitif sur certaines attaques déjà vues, a toutefois déroulé toute son expérience politique, sa connaissance de la Région, avec moult références chiffrées. Un débat sans K.-O., qui a permis à chacun de poser ses propres marqueurs politiques.

Aux électeurs à se faire leur opinion.

Le départ a été tonitruant. Marion Maréchal-Le Pen, qui a gagné le toss - un tirage au sort - a dégainé en premier. « Vous avez acheté les voix d'Alliance écologiste indépendante », affirme-t-elle, faisant référence à une polémique du jour. Christian Estrosi aurait promis 30 millions d'euros pour la création d'un Institut pour l'écologie et la qualité de vie. « Nous savons la manière que vous avez de mentir en toutes circonstances », lance-t-il à la candidate. Et d'expliquer que l'Alliance écologiste indépendante de Jean-Marc Governatori se retrouve simplement derrière les valeurs de la République « qui sont les nôtres ». Nicolas Sarkozy qui juge que « voter FN n'est pas immoral. » Poussé par Marion Maréchal-Le Pen, Christian Estrosi reconnaît « qu'il ne partage pas » cette remarque.

Estrosi brandit un portrait de Vardon

S'ensuivront des invectives sur la présence de l'identitaire niçois Philippe Vardon sur la liste FN. Et Estrosi de brandir devant la caméra une photo où Philippe Vardon ferait le salut nazi. « Ce n'est pas lui », rétorque la candidate.

Sur le thème de la sécurité, Marion Maréchal-Le Pen a estimé que la Région avait peu de marge de manœuvre. « Nous mettrons plus de personnel dans les TER pour lutter contre la fraude et la délinquance. » Le candidat républicain, lui, rappelle son intention de mettre des caméras de vidéo surveillance dans tous les TER dès 2016. Offensive, l'élue frontiste l'attaquera ensuite sur les portiques de sécurité dans les gares. « Une fausse promesse, de l'affichage politique. »

À noter que les candidats n'ont jamais abordé le problème des transports en lui-même, autrement que par le biais de la sécurité. Si ce débat devait avoir un défaut, ce serait bien celui-ci : ne pas avoir réellement touché aux difficultés quotidiennes des habitants de la région Paca.

C'est sur le volet économique qu'on a noté la jeune frontiste plus en retrait, face à l'ancien ministre de l'Industrie multipliant les chiffres. Elle a malgré tout avancé, notamment, l'idée de mettre, dans les marchés publics, une clause sur l'apprentissage. Et de proposer d'aider les apprentis à se loger. Elle évoque un projet « réaliste, mesuré et réalisable ». Christian Estrosi est plus précis, chiffre son programme, 1,4 milliard, déroule des idées sur l'économie verte, affirme qu'il augmentera la part de l'investissement, qui passeront « par des économies de fonctionnement ».

Ce dernier point semble rassembler les deux candidats. À une exception près : Marion Maréchal-Le Pen réduirait le nombre de vice-présidents, mais pas Christian Estrosi. Qui comme premier vice-président ? La candidate frontiste répond évasivement, « nous sommes prêts ». Pour Christian Estrosi, « ce sera Renaud Muselier », le député européen.

« Nous serons miséricordieux »

Le thème du planning familial a de nouveau été abordé, sans que rien de plus ne soit apporté. Si, peut-être. La candidate frontiste affirme qu'elle coupera les subventions des associations opposées politiquement. « Mais je travaillerai normalement avec un département comme le Vaucluse qui s'est positionné pour M. Estrosi. Dans l'intérêt des habitants. »

En matière de culture, Christian Estrosi a annoncé la création d'un « pass festival », avec des facilités pour les moins riches. Et si le directeur du festival d'Avignon démissionnait si elle était élue ? La candidate frontiste rétorque : « Tout sera oublié après, nous serons miséricordieux ».

Cette joute s'achèvera par « une minute pour convaincre », face caméra. Il leur reste en fait trois jours avant le vote. Dernière ligne droite.

« ça va mon beau? » : quand deux proches des candidats se retrouvent avec plaisir

Les photographes n'ont même pas eu le temps de saisir la poignée de main finale. Et pour cause : elle a été plus fugace qu'un avion furtif américain.

Comme la veille, la tension était parfois vive en coulisses de ce débat mené avec rondeur, précision et fermeté, par Henri Migout et Thierry Bezer de France 3. L'arrivée des qualifiés au second tour fut séparée. Une Marion Maréchal-Le Pen souriante, mais escortée d'un entourage légèrement plus tendu. Des journalistes seront d'ailleurs repoussés sans trop de ménagement. Christian Estrosi s'était lui décidé à afficher un air calme, posé. À son arrivée à la station, la plupart des journalistes étaient encore à l'intérieur à chasser une image de la candidate frontiste.

Le reste de la mission était difficile pour Bruno Le Dref, le délégué régional France 3 Provence Alpes : comment accueillir deux candidats, sans qu'ils ne se croisent, sans qu'ils ne soient au maquillage au même moment. Mais il n'y a pas eu un seul couac.

On aura donc vu des charges de cavalerie légère du bloc frontiste, entre deux portes, style pack de rugby, à la fois pour éviter les questions et pour ne pas croiser le candidat républicain.

Pourtant, entre les entourages, certains comportements surprennent. « Ça va mon beau ? » Voilà Olivier Bettati (1), tête de liste départemental Front national Alpes-Maritimes, qui apostrophe le député européen Renaud Muselier. Et vas-y une tape sur l'épaule, et vas-y que je te chambre sur les transports. Assez surréaliste à cinq minutes de l'enregistrement.

Face à notre étonnement, Renaud Muselier s'explique : « C'est mon ancien ami », dit-il d'Olivier Bettati. « Mais il n'a fait que des conneries », rajoute-t-il.

Hilare, Bettati répond un « non, je ne pense pas avoir fait de conneries », avant que les deux ne se quittent pour rejoindre les coulisses. Alors que sort la candidate frontiste, on entend clairement une insulte sur son passage, que nous ne reproduirons pas ici. Elle lui était adressée. C'est une jeune femme, qui n'a pas sa carte de presse, et qui prétend être traductrice pour un journal anglais qui a prononcé le mot. Une insulte qui mettra en colère l'entourage de la candidate frontiste, la poursuivant portable en main afin de garder une trace de son visage. Un épisode qui en restera là, la perturbatrice étant sévèrement sermonnée par le directeur régional de France 3 et coincée quelques longues minutes derrière le sas d'entrée.

Marion Maréchal-Le Pen prête à « écrire une nouvelle histoire »

« Nous sommes prêts ». C’est par ces trois mots, slogan choisi pour le second tour des élections régionales, que Marion Maréchal-Le Pen a commencé son discours hier à Marseille. « Nous sommes prêts à gagner cette région, mais surtout à la diriger et à lui redonner espoir, lui redonner vie ».

Mais pas question de crier victoire trop vite. La « championne » des électeurs du Front national en Provence-Alpes-Côte d’Azur le sait. Peut-être que le sondage TNS-Sofres, révélé moins d’une heure avant le meeting et donnant Christian Estrosi largement vainqueur, l’a ramenée à la prudence. Si elle a remercié ses militants pour la victoire du premier tour, Marion Maréchal-Le Pen n’a pas manqué de leur rappeler : « Il reste encore tout à faire ».

Les Bouches-du-Rhône « clé du scrutin »

Pour Stéphane Ravier, sénateur-maire FN du 7e arrondissement de Marseille et tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, « notre département, qui représente 40 % des électeurs de la région, est la clef du scrutin. Les Bouches-du-Rhône sont le département qui fera basculer l’issue du scrutin ».

Pour que le FN l’emporte dimanche prochain, Stéphane Ravier compte bien évidemment sur « le dynamisme, l’enthousiasme de celle qu’on peut appeler le phénomène Marion ». Mais, résolument moqueur, il mise aussi beaucoup sur « Renaud, la guigne », « le caporal Muselier », son adversaire direct dans le camp Estrosi, « toujours là quand il y a une élection à perdre ». Rires et applaudissements dans une salle prévue pour accueillir 1.700 militants. Et Stéphane Ravier de conclure par ces mots : « Élire Marion, c’est faire un pas décisif pour Marine en 2017 ».

Élire Marion où pas? La réponse à cette question est entre les mains des électeurs. Ceux du Front national en premier lieu. « Si vous en avez assez des boniments, des désillusions, assez des Estrosi, élus encore et encore depuis des années, assez de leur cynisme, alors je vous demande de me faire confiance », a lancé Marion Maréchal-Le Pen à un public tout acquis à sa cause.

Se moquant à l’envi du camp adverse et du parti socialiste qui appelle à faire barrage au FN, la candidate frontiste a déclaré : « Nous sommes une génération de bâtisseurs. Pas de barrage comme le camp d’en face, mais de pont vers l’avenir ».

Fustigeant les caricatures dont le Front national « est la cible depuis dimanche dernier », Marion Maréchal-Le Pen a lancé : « La seule peur que vous devez avoir, c’est que la situation ne change pas. Dimanche, tout peut changer. Dimanche tout va changer ».

Un militant : « ça va être serré »

À ces mots, les militants, drapeau français en main, ont scandé « Marion! Marion! », avant d’entonner la Marseillaise.

Kévin, Marseillais de 26 ans, encarté au FN depuis le début de l’année, repart optimiste : « Je crois vraiment à la victoire ». À ses côtés, Frédéric, Ciotaden de 40 ans, militant « depuis la finale du boss en 2002(1) », se veut serein, mais plus prudent. « Ça va être serré. J’ai l’expérience d’élections passées où on était devant et où certains votes contre nature nous ont fait perdre ».
Verdict dimanche soir.

1. La présence de Jean-Marie le Pen au second tour de l’élection présidentielle face à Jacques Chirac.

 

 

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