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Le sursaut républicain porte Estrosi à la Région

Mis à jour le 14/12/2015 à 05:15 Publié le 14/12/2015 à 05:15
Christian Estrosi a finalement gagné relativement aisément hier soir.

Christian Estrosi a finalement gagné relativement aisément hier soir. Franck Fernandes

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Le sursaut républicain porte Estrosi à la Région

Le candidat des Républicains et du centre a bénéficié d'une mobilisation accrue et d'un bon report des voix de gauche et écologistes pour s'imposer finalement assez confortablement

C'est l'histoire d'une résurrection. Christian Estrosi aura donc réussi à s'extraire des flammes de l'enfer en enfilant le dossard de la pérennité républicaine. Ce matin, en plus de trente ans de carrière, il ne compte toujours qu'une défaite à son compteur dans une élection sous son nom : en décembre 1994, quand un certain Olivier Bettati l'avait éliminé dès le premier tour lors de la cantonale partielle de Nice-8.

Au soir du 6 décembre, lorsque Marion Maréchal-Le Pen l'a devancé de quatorze points, ceux qui le côtoient ont vu un homme au trente-sixième dessous. Mais pas longtemps. Il en fallait visiblement davantage pour assommer définitivement ce grand fauve politique. Eric Ciotti raconte, sincèrement admiratif : « A 20 heures, il était sonné. Mais à minuit, il était déjà reparti de plus belle. Il a une capacité à se redresser exceptionnelle. »

Merci la gauche !

Dès lundi matin, comme on entre en résistance, remonté tel un boxeur cueilli à froid, Christian Estrosi repartait au combat pour aller arracher avec les dents voix après voix, de quadrillage méticuleux du terrain en message téléphonique conjurant les électeurs de ne pas commettre l'irréparable. Tout Estrosi, du moins une grande partie, son volontarisme survitaminé en particulier, aura été résumé dans cette semaine de folle bascule.

Évidemment, le futur président de la Région, qui sera élu dès ce vendredi, doit une fière chandelle à Christophe Castaner. Ou, plus exactement, à Manuel Valls et à Jean-Christophe Cambadélis. Sans les consignes de retrait descendues des hautes sphères socialistes, l'affaire se serait certainement avérée autrement plus corsée.

Le barrage républicain aura en tout cas fonctionné, mieux même que le laissaient supposer certains agacements à gauche. Un nombre conséquent d'abstentionnistes est à l'évidence venu prêter main forte au futur ex-maire de Nice, la participation grimpant de 52 à 60 %. Une partie suffisante de l'électorat de gauche, sans véritable entrain pour beaucoup mais avec une constance appliquée, s'est également mobilisée en sa faveur.

Un front républicain quand même fragile

Plus pâlotte après la vague de sondages ayant donné son adversaire vainqueur (mais peut-être est-ce juste une vue de l'esprit), Marion Maréchal-Le Pen semblait avoir anticipé sa défaite, consciente que le fameux front républicain aurait, ce coup-ci encore, raison de ses desseins. À titre personnel, elle aura toutefois assis sa notoriété, améliorant son total de près de 170 000 voix pour réaliser le meilleur score de son parti où elle sera dorénavant incontournable.

Marc-André Domergue, éphémère patron du FN 06 de juillet à septembre, nous le confiait dès lundi dernier : « Le front républicain va encore marcher cette fois. Mais ce sera peut-être la dernière. De la façon dont ils se comportent, les partis dits de gouvernement font le lit de Marine Le Pen pour 2017. »

De fait, ce front républicain aujourd'hui salvateur pour Christian Estrosi et d'autres partout en France apparaît relativement fragile. Si l'on considère le verre à moitié vide, pas loin d'un habitant de Paca sur deux aura voté en conscience pour le Front national, sans être sensible aux appels moraux à profusion et à répétition. C'est dire si la victoire du député azuréen constitue, malgré tout, un avertissement pour les Hollande, Sarkozy et consorts. Stigmatiser le FN ne suffira pas forcément ad vitam aeternam à le repousser. Pour endiguer véritablement la marée bleu marine, la politique devra aussi se dégager des postures trop faciles (et trop voyantes) pour retrouver un peu de vérité, de hauteur.

Reprendre de la hauteur

Hier soir, le communiste Jean-Marc Coppola comme la députée des Républicains Valérie Boyer se rejoignaient pour inviter de concert à recentrer le débat sur l'essentiel, les idées et les projets.

En Paca, c'est à Christian Estrosi qu'il va revenir d'incarner cette ambition et cet indispensable renouveau. Il aura pour cela un atout dans sa manche. Si la gauche sera totalement absente de l'hémicycle régional, sa promesse de l'associer indirectement aux décisions à travers un conseil consultatif peut engager sa gestion sur un chemin consensuel et apaisé.

Au terme de cette année inattendue à laquelle rien ne le prédestinait - en janvier, c'est Eric Ciotti qui était évoqué pour tirer la liste des Républicains -, Christian Estrosi s'est pris d'une passion sincère pour sa Région. L'orage passé, la sérénité revenue, il a désormais toutes les cartes en main pour prouver qu'il est bien, au-delà d'un authentique résistant, l'homme de la situation.

Christian Estrosi : « Le bonheur est immense »

Votre sentiment ce soir ?
Le bonheur est immense. De toute ma vie publique je n’ai jamais connu campagne aussi éprouvante. Je me suis engagé, non pas par envie de conquérir cette présidence, mais par devoir.
Les événements du 13 novembre ont-ils joué dans cette campagne ?
Ils ont paru bénéficier au Front national. Le Front est moralement tout le contraire de ce que je suis. Je n’aurais pu imaginer être président de la Métropole dans une région présidée par le Front avec les drames économiques que nous aurions subis. Cela aurait été une tâche sur la carte de France.

Le retrait des socialistes ?
Ce retrait courageux est devenu en même temps une responsabilité énorme qui s’est mise à peser sur mes épaules. Si ce soir j’avais perdu, j’aurais eu le sentiment d’avoir trahi des hommes et des femmes qui m’ont touché comme ce militant communiste dont le père a été fusillé par la Gestapo et qui m’a dit «Sauvez-nous».

Vous avez promis la création d’un conseil territorial, pour quand ?
Lors de la séance d’installation vendredi j’annoncerai sa création lors de la première séance plénière de janvier.

Vous allez devoir gouverner avec un Front national dans l’opposition. Cela va se passer comment ?
Le code général des collectivités territoriales, rien que lui. Je n’accepterai aucune transgression.

 

Marion Maréchal-Le Pen : « Mes amis, ne soyez pas tristes » 

C’est sous les acclamations de ses plus fervents supporters que Marion Maréchal-Le Pen a pris la parole hier soir peu après 22 h 15, un plus tard que prévu. « L’écart se resserre avec Christian Estrosi. Nous sommes actuellement aux alentours de 48 % et lui 51 % ».

Marion Maréchal-Le Pen n’a pas cherché cependant à entretenir plus longtemps un inutile suspense. S’adressant en priorité à ses militants, la candidate frontiste a déclaré5: « Mes amis, quel que soit le résultat final ce soir, ne soyez pas tristes. Il y a des victoires qui font honte aux vainqueurs. Au nom des valeurs de la République, ce soir, ils ont sabordé la démocratie. Gagner à 10 contre 1 n’est pas autre chose qu’une défaite ».

Marion Maréchal-Le Pen s’est voulu rassurante pour l’avenir. « Il n’y a pas de plafond de verre. Ce soi-disant plafond de verre était de 25 % en 2010. Aujourd’hui, il est de 48 %. Combien demain ? Où est le plafond de verre lorsque nous gagnons près de 200.000 voix à l’entre-deux tours ? Où est le plafond de verre lorsqu’ici, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, nous obtenons le meilleur score FN de France ? Alors si tous ces profiteurs cyniques pensent nous effrayer, nous dégoûter, nous décourager, ils se trompent. Nous allons redoubler d’efforts, nous allons redoubler de combativité ». A des militants réactifs malgré la défaite, Marion Maréchal-Le Pen a alors donné rendez-vous : « La recomposition de la vie politique française aujourd’hui est inéluctable et elle partira de notre Région. Les vieux rentiers du système ont été élus par défaut. Ils sont d’ores et déjà pieds et poings liés par leurs compromissions. Il n’y aura pas de changement avec Christian Estrosi. ».

Et de conclure : « Ce score historique réalisé en Paca appelle bientôt d’autres victoires et en premier lieu la victoire de Marine Le Pen à la présidentielle en 2017 ».

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