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Le prince Albert II et Jean-Claude Juncker se félicitent "des progrès atteints dans les négociations" en vue d'une association entre Monaco et l'Europe

Mis à jour le 22/02/2019 à 10:22 Publié le 22/02/2019 à 10:23
Le souverain a reçu un accueil « chaleureux » du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant de s’exprimer devant 150 émissaires européens à Bruxelles.

Le souverain a reçu un accueil « chaleureux » du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant de s’exprimer devant 150 émissaires européens à Bruxelles. Photo Palais princier/Gaëtan Luci

Le prince Albert II et Jean-Claude Juncker se félicitent "des progrès atteints dans les négociations" en vue d'une association entre Monaco et l'Europe

Après quatre ans de négociations «d’une importance capitale» entre la Principauté et l’Union européenne, le souverain revient de Bruxelles avec la perspective de franchir une étape clé en juin

Le défi, pour Monaco comme tout État désireux de s’inscrire dans la construction européenne, est résumé dans la devise de l’Union Européenne: "Unie dans la diversité".

Satisfaire, respecter et préserver le plus grand nombre, sans trahir ou mépriser les spécificités et la souveraineté de chacun. Tout en poursuivant un idéal commun… De nobles objectifs qui, avant tout compromis, n’échappent donc jamais à un long processus.

"La soi-disant lenteur de l’Europe désespère tant ses fidèles que ses détracteurs. “Dépêche-toi, chérie”, crient les premiers ; “quelle léthargie”, ironisent les derniers. À tous ces mécontents il faut répondre, avec Galilée: et pourtant, elle tourne", résumait justement l’ancien président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, en 2010.

De retour d’une visite à caractère diplomatique, environnemental et culturel de 48 heures en Belgique, le prince Albert II s’est à nouveau confronté à cette réalité tout en se félicitant, avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, "des progrès atteints dans les négociations jusqu’à présent".

>>RELIRE. Le prince Albert-II en déplacement en Belgique pour défendre l'environnement et évoquer l'avenir de Monaco dans l'Europe.

"Un signal politique fort respectant l'identité monégasque"

Ce mardi à Bruxelles, au siège de l’institution internationale, les deux hommes ont ainsi évoqué durant quarante-cinq minutes l’avancée des négociations, entamées en mars 2015, sur l’Accord d’Association entre la Principauté et l’Union européenne.

Déjà quatre années d’échanges pour bâtir un cadre institutionnel stable nécessaire à Monaco dans ses relations avec les institutions européennes et les États membres. Ce fameux Accord d’Association qui décuplerait les perspectives de coopération "en matière d’enseignement, de recherche ou d’autres domaines partagés".

Une quête d’équilibre qui poursuit son chemin selon le Palais princier, qui note que "le président Juncker a souligné l’ambition de l’Union à conclure les négociations sur l’accord d’ici juin 2019, incluant des dispositions spécifiques tenant compte des singularités monégasques".

Un "accord" sans majuscule, comprenez la fin d’une étape clé avant la concrétisation d’un véritable "Accord d’Association".

Si la route s’annonce encore longue, le Palais interprète cette ambition comme "un signal politique fort respectant l’identité monégasque".

" la nation monégasque existe et perdure"

Au sortir de cet entretien, le prince Albert II a tenu un discours engagé, à la Bibliothèque Solvay de Bruxelles, devant un parterre de 150 émissaires européens.

Le souverain s’est attaché à décrire les "caractéristiques singulières" de la Principauté, cet "État incomparable tourné vers l’international" où un "un lien indéfectible" unit les Monégasques à leurs souverains et à leur famille.

Rappelant l’Histoire "de ce que l’Union européenne qualifie “d’État de petite dimension territoriale”", le prince Albert II s’est tourné vers l’avenir en citant son père, le prince Rainier-III: "Souvenons-nous qu’il n’est pas nécessaire d’être un grand pays pour avoir de grands rêves, ni d’être nombreux pour les réaliser".

Un destin européen dont le souverain a rappelé qu’il n’était pas né d’hier, citant l’intégration de Monaco dans l’Union douanière dès 1968 ou la désignation, en 1988, de l’héliport et du port comme « frontières extérieures de l’Union ».

Le souverain notant même, dans un trait d’humour, que peu de pays peuvent "s’enorgueillir de compter 91 % d’étrangers européens au sein de [leur] population". Une ouverture en rien antinomique avec l’ADN du Rocher.

"La nation monégasque existe et perdure aujourd’hui grâce à des équilibres qui, fragiles, sont indispensables à son existence même et à sa stabilité. Cette stabilité n’est pas synonyme de repli, bien au contraire."

Aux Eurosceptiques et à ceux qui craignent que Monaco cède de son identité en s’associant à l’Europe, le Prince a rappelé les "grands principes européens" garantissant les "intérêts vitaux" de Monaco.

Des lignes rouges à ne pas franchir

"Je sais que l’Union européenne, de par ses Traités, s’attache à respecter l’identité nationale et les fonctions essentielles des États. La Déclaration annexée au Traité de Lisbonne mentionne, et je cite: “La prise en compte de la situation particulière des pays de petite dimension territoriale entretenant avec l’Union des relations spécifiques de proximité”".

Le souverain affirmant que rien, ni même l’Europe, ne saurait remettre en question le "Pacte social", c’est-à-dire, "en premier lieu", "assurer aux Monégasques la possibilité de continuer à vivre, se loger et travailler en Principauté".

Fort d’un modèle monégasque performant, et pragmatique, le souverain a martelé ces fameuses "lignes rouges" que son gouvernement a reçu pour mission de ne pas franchir afin de garantir une "légitime pérennité" de l’État.

"La prise en compte de la situation particulière de mon pays passe par une reconnaissance formelle de ses caractéristiques uniques (...) Elles ont un impact considérable et indéniable sur la vie et l’existence du pays. J’estime par conséquent nécessaire, voire indispensable, qu’elles soient clairement identifiées afin de garantir leur prise en compte, à l’instar de ce que l’Union a su faire avec d’autres États, qu’ils soient États membres ou États tiers."

Le souverain a formulé un discours pro-européen devant 150 émissaires de l'Europe à la Bibliothèque Solvay de Bruxelles.
Le souverain a formulé un discours pro-européen devant 150 émissaires de l'Europe à la Bibliothèque Solvay de Bruxelles. Photo Palais princier/Gaëtan Luci

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