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Le prince Albert II: "Bouygues a prévu d’impliquer les entreprises monégasques"

Des sujets les plus lourds (extension en mer, SBM, transparence fiscale...) aux plus légers (football, bobsleigh...), le Prince livre ici son regard, son analyse et quelques confidences

La rédaction Publié le 23/01/2014 à 08:15, mis à jour le 23/01/2014 à 08:24
prince albert interview exclusive
Le Prince Albert II de Monaco Photo Eric Dulière

Des sujets les plus lourds (extension en mer, SBM, transparence fiscale...) aux plus légers (football, bobsleigh...), le Prince livre ici son regard, son analyse et quelques confidences

Vous avez décidé de confier le projet d’extension en mer à Bouygues Travaux Publics. Pourquoi ce choix?
Deux grands groupes internationaux, Bouygues et Vinci, étaient en concurrence à la fin de la procédure. Les deux ont les capacités de mener à bien ce projet. Cela s’est joué, parmi d’autres critères, sur des engagements concernant l’implication des entreprises locales dans le projet d’extension en mer. Cet argument a été un élément déterminant dans le choix du groupement.

Quelles entreprises monégasques pourraient ainsi rejoindre le consortium?
Pour l’instant, je ne peux donner aucun détail, mais je vous confirme que le groupe Bouygues a prévu d’impliquer largement les entreprises monégasques.

 

Le fait d’avoir choisi un grand groupe français pour réaliser l’extension en mer influe-t-il sur les relations entre la principauté de Monaco et la France?
On peut d’abord se réjouir que deux grands groupes français qui excellent dans le domaine des travaux publics aient voulu concourir. Le choix de Bouygues ne peut qu’ajouter un plus à des relations déjà excellentes entre la Principauté et la France. Il s’est avéré que Bouygues a été le meilleur dans le dossier présenté et les engagements pris.

Le projet initial d’extension en mer a-t-il évolué?
Oui. Et de façon assez radicale. Il y a cinq ans, on parlait de 12 à 15 hectares. L’extension sera au maximum de 6 hectares. Peut-être moins. Ce projet répondra à des normes environnementales beaucoup plus strictes, à la fois dans la construction et la façon de gérer ce nouveau petit quartier. On pourra même parler d’éco-quartier. Ce projet devra également répondre à des besoins réels et futurs de la Principauté, tout en s’inscrivant dans une démarche de développement durable. La surface a aussi été réduite pour pouvoir respecter ce cahier des charges environnementales. Je ne voulais pas que l’extension puisse entraver le courant ligure qui passe dans cette zone, très proche du littoral. Une trop grosse avancée en mer aurait perturbé ce courant et l’équilibre des écosystèmes. Nous demanderons à Bouygues de dessiner son extension afin qu’elle épouse au mieux les contours du littoral.

Quels impacts économiques espérez-vous de cette extension en mer?
L’estimation, qui n’est pas encore très affinée, de la réalisation du seul terre-plein est de pratiquement un milliard d’euros. À cela s’ajoute le coût de construction des superstructures, environ 60.000 m2 de planchers. En plus du chantier lui-même, les retombées en termes de TVA seront très importantes pour Monaco. Tout ceci profitera au secteur des travaux publics, mais également à l’immobilier et aux autres services. C’est un projet qui occupera une place importante dans l’économie monégasque. Il n’y a aucune raison pour qu’il ne connaisse pas un grand succès.

 


Transparence fiscale : « Ce que j’entends est assez injuste »

La principauté de Monaco s’apprête à signer la convention multilatérale sur la transparence fiscale de l’OCDE. Vous avez beaucoup milité dans ce sens? L’image financière de Monaco a-t-elle changé?
Cela fait un certain temps que je milite dans ce sens, comme vous dites. Cette convention sera signée au cours de ce semestre. Mais, et j’insiste bien sur ce « mais », depuis quelques années, nous ne figurons plus sur aucune liste noire ou grise de toutes les organisations internationales qui évaluent les différents pays ayant pris des mesures importantes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et la transparence fiscale. Je ne comprends donc pas pourquoi on revient sans cesse sur le soi-disant caractère non coopératif et non transparent de la Principauté. Il est assez injuste d’entendre certains médias affirmer le contraire sans avoir pris le temps d’examiner la réalité de notre situation.

 

Cela vous agace…
Cette convention est l’aboutissement de plusieurs années de discussions. Beaucoup de pays ne l’avaient pas signé.  Nous n’étions pas les seuls.
Il est parfois plus facile de pointer du doigt les petits pays… Or, j’ai toujours dit que s’il y avait un mouvement général de volonté internationale de transparence fiscale, on s’y joindrait. C’est ce que nous faisons au travers de la signature de cette convention.

Des négociations avec l’Union européenne démarrent cette année afin de définir les relations entre Monaco et l’Europe. En gros, c’est oui à des liens plus étroits, mais non à une intégration?
Il faut trouver la voie, dit la philosophie chinoise (sourire). On ne peut pas être complètement à l’écart de l’Europe. On a déjà des relations dans certains secteurs bien définis. Mais on a constaté qu’il existait une grande méconnaissance de la Principauté et de ses réalités. Les discussions ont permis de montrer la réalité. C’est déjà bien. Il y a vraiment, là, une opportunité d’avoir un dialogue constructif avec l’Europe sans devenir membre de l’Union européenne. Pour de nombreuses raisons.

Notamment la libre installation des entreprises, qui serait fatale à l’économie monégasque…
Oui. On doit tracer un cadre dans nos relations, en tenant compte de nos spécificités. On peut ainsi envisager un rapprochement et des échanges positifs avec l’Europe.

Cette singularité est-elle comprise au niveau européen?
Difficilement, au tout début. Avec les autres petits États, nos relations sont bonnes, mais la réalité de nos économies et de nos populations est différente. Les discussions avec les services de la Commission européenne doivent prendre en considération cet état de fait.


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