Le groupe écolo va-t-il survivre au conseil municipal de Nice?

Les six élus de « Nice écologique » vont-ils continuer à siéger ensemble, après les péripéties des régionales et des départementales, où leur chef de file, Jean-Marc Governatori a fait cavalier seul ?

Stéphanie Gasiglia Publié le 05/07/2021 à 20:09, mis à jour le 05/07/2021 à 20:23
Lors du dernier conseil métropolitain, le leader du groupe "Nice écologique", Jean-Marc Governatori était à Paris pour préparer la primaire écologiste en vue de la présidentielle. (Photo Éric Ottino)

En faisant cavalier seul lors des élections, Jean-Marc Governatori a-t-il ravivé des crispations déjà latentes au sein du groupe écolo qu’il préside au conseil municipal de Nice? "Nice écologique": sept élus, seconde force d’opposition à Christian Estrosi derrière Philippe Vardon qui cornaque pour le Rassemblement national une équipe de sept conseillers municipaux...

Les crispations d’une colistière

Le one écoloshow "au centre" de Jean-Marc Governatori lors du scrutin régional face à Jean-Laurent Félizia, candidat EE-LV soutenu par les forces de gauche, tout comme sa candidature verte "dissidente" dans le canton de Valbonne ont plongé dans la confusion certains militants écologistes. Quant à son rapprochement avec Renaud Muselier, dont il a précisé les contours un peu avant le verdict des urnes a fait monter dans les tours sa colistière, Hélène Granouillac, présidente de l’association Terre bleue.

"Après de telles déclarations @JM_Governatori que comptes-tu faire avec @cestrosi binôme de @RenaudMuselier, lors de nos prochains conseils?", s’est-elle agacée, sur Twitter, juste après le premier tour. Peu après le second tour, elle a enfoncé le clou, assez violemment, toujours sur Twitter : "Cas de conscience. Comment retourner travailler sereinement avec un écolo-animaliste qui a soutenu la candidature d’un pro corrida? Douces comme le duvet, vertes comme la moisissure, ces fourberies rongent en silence et par l’intérieur."

Quant à Sylvie Bonaldi, une autre colistière, elle a, pendant la campagne des régionales, soutenu la liste "Un nôtre monde", cette liste initiée par le docteur marseillais Louis Fouché, figure du complotisme.

"La démocratie et la liberté"

Le groupe écolo va-t-il exploser en vol, un peu plus d’un an seulement après son arrivée au conseil municipal? Jean-Christophe Picard ne le croit pas. Il n’en voit pas non plus les premiers signes. "Cette campagne – c’est vrai – dans toute sa confusion, a plongé certains militants dans le désarroi", dit-il.

 

Leur groupe "Nice écologique" devait se réunir hier. Une réunion "habituelle". "Ce n’est pas une réunion de crise", a assuré l’ex-président d’Anticor, adhérent d’EE-LV.

Pour lui, que les conseillers municipaux de son groupe s’expriment librement ou expriment leur différence, c’est un signe "de démocratie et de liberté". Pas de dissension, ni de fracture. "Nous ne sommes pas une secte, nous ne sommes pas comme tous les élus de la majorité municipale de Christian Estrosi qui ont tous le petit doigt sur la couture. Nous sommes libres de nous exprimer. Pas eux, ils savent que s’ils expriment, sans parler de critique, ne serait-ce que la moindre nuance, ils seront mis au ban", argumente Jean-Christophe Picard.

Mercredi, en conseil métropolitain, les élus écolos ont siégé sans leur chef de file. Certains y ont vu un signe. Jean-Marc Governatori était à Paris: "Je travaille pour notre métropole et notre pays pour préparer la primaire présidentielle écologiste de septembre 2021".

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