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Le gouvernement princier et les employeurs de la Principauté s'engagent à assurer l'égalité hommes-femmes

Mis à jour le 08/11/2019 à 09:05 Publié le 08/11/2019 à 11:45
Autour du Ministre d’État Serge Telle, les représentants des employeurs ont signé la charte.

Autour du Ministre d’État Serge Telle, les représentants des employeurs ont signé la charte. Photo Manu Vitali/Dir. Com.

Le gouvernement princier et les employeurs de la Principauté s'engagent à assurer l'égalité hommes-femmes

Le gouvernement princier et plusieurs partenaires sociaux se sont engagés, ce mercredi, pour que cesse toute forme de discrimination entre les femmes et les hommes dans l’entreprise. Un premier pas

"Cette charte est à la fois un aboutissement et une promesse. C’est l’aboutissement d’un travail de fond, sous l’impulsion du Prince souverain. (...) Un travail qui a été marqué par des avancées importantes au cours des dernières années, en particulier l’installation d’un Comité pour la promotion et la préservation des droits des femmes et la nomination de Céline Cottalorda, déléguée pour la promotion et la préservation des Droits des femmes. Et cette charte est aussi une promesse : celle d’une lutte toujours plus déterminée contre tout ce qui entrave les droits des femmes dans le monde du travail."

Mercredi soir, le Ministre d’État se réjouissait de signer une charte pour lutter contre les inégalités entre les hommes et les femmes dans le travail. Un texte élaboré sous la houlette de Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaire sociales et de la Santé, et signé par Serge Telle, Georges Marsan, Alberte Escande, Philippe Ortelli, Étienne Franzi, André Garino et Fabien Deplanche. "Les signataires représentent 99% des employeurs", souligne ainsi Didier Gamerdinger.

"Un état d’esprit"

Seulement voilà : sur sept signataires, une seule femme... Preuve que la route est encore longue pour aboutir à l’égalité. Mais il faut bien commencer et œuvrer pour sensibiliser les esprits. La charte y contribue. Didier Gamerdinger le souligne: "Je suis profondément convaincu que l’égalité de la femme et de l’homme, c’est avant tout un état d’esprit. Je pense que cet état d’esprit, nous l’avons à Monaco, même s’il reste encore du chemin à parcourir."

USM: "Nous aurions préféré une loi"

L’Union des syndicats de Monaco a la même analyse que la majorité du Conseil national sur la charte. "Les déclarations de bonnes intentions, c’est bien. Mais après?" Olivier Cardot poursuit: "On a le parfait exemple avec la Charte sur le travail intérimaire. On se demande à quoi elle sert…"

Dans les locaux de l’Union des syndicats de Monaco, des femmes sont parfois accueillies et conseillées.

"Quand les problèmes arrivent, c’est subtil. Je pourrais citer l’exemple de la salariée qui rentre de son congé maternité et se voit imposer un licenciement sans motif avec l’article 6. Ou d’une autre jeune femme qui explique que le regard de son employeur sur elle a changé dès qu’elle a annoncé sa grossesse. Il y a également les cas de harcèlement."

Autant de situations que tout le monde considère comme inacceptables et qui existent pourtant bel et bien.

Alors Olivier Cardot réclame "des mesures législatives parce que la charte, ce ne sont que des promesses".

leur politique
sur l'égalité hommes-femmes dans leur entreprise

Alberte Escande, présidente de l’AIHM (Association de l’industrie hôtelière monégasque)
"Au XXIe siècle, époque plus facile pour les femmes, rien n'est plus précaire que les droits des femmes."

Georges Marsan, maire de Monaco
"Si l’égalité femme-homme est plus que respectée à la mairie de Monaco, ce n’est malheureusement pas le cas partout. Nous nous devons, en tant qu’institution, de montrer l’exemple et de rester vigilant sur ce qui se passe autour de nous."

Étienne Franzi, président de l’AMAF (Association monégasque des activités financières)
"À travail égal, salaire égal. Il y a bien longtemps que ce principe est en vigueur dans les banques. S’agissant, en revanche, du fameux “plafond de verre” empêchant les femmes d’accéder à certains niveaux de responsabilités, les choses ont évolué plus lentement. Mais il commence à s’ébrécher."

André Garino, président du conseil d’administration du CHPG
"Cet engagement constitue un message fort pour les professionnels de santé de l’hôpital, où certaines professions sont encore très largement prisées par les femmes."

Fabien Deplanche, président de la Chambre patronale du bâtiment 
"La mixité de notre secteur d’activité ne peut être qu’un atout, une richesse pour nos entreprises qui, en tendant à généraliser cette situation, nous permettront de confirmer l’attractivité de notre profession."

Philippe Ortelli, président de la Fédération des entreprises monégasques
"Dans notre tissu économique composé principalement de PME, les employeurs doivent se battre pour attirer les meilleurs talents. Or, le talent n’est pas défini par le sexe."


le chiffre

60. C’est le pourcentage d’hommes, sur 51.601 salariés du privé en 2018 à Monaco; ce qui représente plus de 10.000 salariés de sexe masculin en plus! Dans la fonction publique, sur 4.702 salariés, 57,4% sont des hommes. Preuve que l’administration et les services publics sont dans la même logique que le secteur privé.

Illustration
Illustration Photo MaxPPP

"Il faudrait des mesures permettant de sanctionner", selon la Commission du droit des femmes

Que pensez-vous de cette charte?
Sur le principe, toutes les mesures permettant la prise de conscience et de résorber l’écart de traitement entre les femmes et les hommes du point de vue du salaire sont positives. Il faut aussi parler d’ailleurs de l’écart de responsabilités accordées aux femmes dans l’entreprise ou le monde du travail en général, notamment dans les conseils d’administration des grandes sociétés, où les femmes sont largement sous-représentées. Mais le problème, c’est que cette charte n’est qu’un listing de bonnes intentions, puisqu’il n’est prévu aucun mécanisme de contrôle de ces engagements. Pour moi, c’est de l’affichage de communication publique, alors qu’il faudrait des mesures permettant aussi de sanctionner. Contrôler et pouvoir sanctionner les inégalités le cas échéant: ce serait le seul moyen de les réduire dans les faits. Et puis je trouve dommage que les actions ne soient pas coordonnées, et menées en solitaire de la part du gouvernement.

Que proposez-vous?
La majorité avait, dès le début du mandat, proposé la création d’une commission de contrôle et de réclamation concernant les inégalités salariales. Toute femme ressentant une injustice avérée pourrait la saisir et cette commission serait dotée de moyens de sanctions permettant seuls de parvenir aujourd’hui à une égalité de traitement dans les faits. Voilà une mesure attendue et efficace. Mais le gouvernement nous a répondu non, car selon lui, il faudrait d’abord faire des statistiques via l’Imsee, étude forcément très longue à réaliser. Comme si on devait connaître des chiffres concernant des violations évidentes d’une loi, avant de sanctionner les employeurs qui ne la respecteraient pas ! Si le gouvernement est sincère dans sa démarche, alors qu’il instaure cette commission.

Que pensez-vous du logo #monegalité que lance le gouvernement?
Je préfère avancer vers l’égalité femme-homme de manière concrète, par des actes, plutôt que de trouver des artifices de marketing. On ne réglera pas l’injustice de la différence salariale avec un nouveau hashtag.


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