“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Le gouvernement étudie les pistes vers une législation du travail de nuit à Monaco

Mis à jour le 21/03/2018 à 09:49 Publié le 21/03/2018 à 05:11

Le gouvernement étudie les pistes vers une législation du travail de nuit à Monaco

L'Union des syndicats de Monaco est bien décidée à faire avancer la législation sur le travail nocturne. Un sujet qu'elle porte depuis deux décennies et qui est à l'étude au gouvernement.

Le tractage a démarré vendredi. L'Union des syndicats distribue en Principauté, depuis plusieurs jours, flyers et affichettes pour sensibiliser les salariés sur la question du statut du travail de nuit.

Cette opération vise à les informer de l'avancée du travail législatif sur la question. La proposition de loi, déposée en 2013 par Eric Elena au nom du groupe Renaissance, a été adoptée en juin dernier. À charge du gouvernement, désormais, de revenir devant la Haute assemblée avec un projet de loi.

7.000 salariés concernés?

"Nous sommes heureux que le gouvernement s'attelle à ce sujet. Les relations sont bonnes avec Didier Gamerdinger et les réunions nous ont permis d'élaborer une ossature à ce projet de loi, dans un dialogue ouvert. Ce que nous voulons, c'est un texte progressiste pour les salariés, avec des compensations pour ceux qui exercent la nuit et qui sont en demande de la prise en compte de cette pénibilité", confirme Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l'USM.

Il poursuit: "Les études montrent qu'un salarié qui travaille de nuit a une espérance de vie de 7 à 10 ans moindre, vu l'impact sur son système physiologique", continue-t-il, précisant que l'USM demande la mise en place de ce statut dans la loi monégasque depuis vingt ans.

En Principauté, la question concerne aujourd'hui, selon les chiffres de l'USM, environ 7 000 salariés, dans des domaines aussi divers que l'industrie, l'hôtellerie, les casinos, la santé ou le gardiennage.

"Ce que nous prônons, c'est que le travail de nuit demeure un mode de travail exceptionnel, déterminé dans une période allant de 21 h à 7 h du matin."

Ce que veulent les syndicats

Parmi les revendications portées par l'USM pour les travailleurs de nuit : une majoration de 10 % de salaire, des repos compensateurs, la possibilité d'une retraite anticipée, protéger les femmes enceintes ou les personnes avec des obligations familiales pour basculer sur un poste de jour sans contrepartie.

"Nous voulons aussi, que soit qualifié comme travailleur de nuit, un salarié qui travaille 270 heures par an de nuit, soit 12 % de son activité, comme le système français."

Des doléances qu'ils espèrent voir aboutir dans un projet de loi, qui sera ensuite examiné par les élus, d'ici à la fin de l'année 2018.

"Il est légitime de réfléchir à des compensations"

Didier Gamerdinger reconnaît qu’il y a matière à faire évoluer la législation actuelle.
Didier Gamerdinger reconnaît qu’il y a matière à faire évoluer la législation actuelle. Photo Charly Gallo / Dir. Com.)

Le travail de nuit concernerait 7 000 salariés, selon l'Union des syndicats de Monaco. D'après la direction du Travail, ce serait entre 6.000 et 12.000 personnes qui travailleraient régulièrement la nuit, selon que les chiffres proviennent de la médecine du travail ou du service des permis de travail.

Cela prouve bien que la première des choses à faire sur ce sujet est d'harmoniser les informations et les critères, pour savoir exactement de quoi l'on parle. Si le travail de nuit est bien régi par l'ordonnance 677, celle-ci n'en fournit qu'une définition très lapidaire, les détails variant d'une convention collective à l'autre.

Alors, après l'adoption de la proposition de loi n° 210, rapportée par Eric Elena, le gouvernement a rencontré à plusieurs reprises les différents acteurs du dialogue social à Monaco: USM, F2SM, Fedem, etc. D'abord individuellement, puis tous ensemble.

"J'ai été frappé par le nombre de convergences des différents partenaires. Cela montre bien qu'il y a quelque chose à faire, parce que tout le monde s'accorde à reconnaître que travailler de nuit, c'est fatigant, c'est usant, et cela a un impact sur la vie. Il est donc légitime de réfléchir ensemble à toutes les thématiques que cela recouvre, mais aussi aux possibilités de compensation", analyse Didier Gamerdinger, conseiller-ministre des Affaires sociales et de la Santé.

Cette partie du processus est terminée, et les services de Didier Gamerdinger planchent à présent sur un projet de loi. Ils devront rendre leur copie au Conseil national aux environs du mois d'octobre prochain.

D'ici là, le texte devra être validé par le gouvernement et les partenaires sociaux, ce qui tient particulièrement à cœur du conseiller Gamerdinger: "Mon rôle est d'accompagner les partenaires sociaux dans le dialogue et pas de me substituer à eux. Ils ont toute leur place en Principauté de Monaco, et encore une fois, ils ont prouvé qu'un dialogue social de qualité est possible."


La suite du direct