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Le Front national face au barrage républicain

Mis à jour le 07/12/2015 à 05:11 Publié le 07/12/2015 à 05:11
Marion Maréchal-Le Pen largement en tête du premier tour...

Marion Maréchal-Le Pen largement en tête du premier tour... Franz Chavaroche

Monaco-matin, source d'infos de qualité

Le Front national face au barrage républicain

Largement en tête au premier tour en Paca, Marion Maréchal - Le Pen affrontera Christian Estrosi en duel au second tour. La mort dans l'âme, le candidat socialiste s'est, en effet, retiré

La manière forte avec laquelle Christophe Castaner avait cogné la semaine dernière sur Christian Estrosi avait entretenu le doute… C'est pourtant bien un duel Marion Maréchal-Le Pen - Christian Estrosi qui décidera, dimanche prochain, de la gouvernance de la région Paca.

Après d'inévitables atermoiements, peu aidé par l'attitude de son côté inflexible de Nicolas Sarkozy, Jean-Christophe Cambadélis a figé la position socialiste. Il était 22 h hier lorsque le premier secrétaire du PS a demandé le retrait des listes socialistes au second tour en Paca et dans le Nord. Une heure et demie plus tard, Christophe Castaner se rangeait à cette décision contrainte.

Car les sondages avaient vu juste. Tant Ipsos que BVA avaient anticipé les résultats d'un scrutin qui a intéressé (54 % de participation) : un Front national surfant plus que jamais sur un sentiment diffus de colère, une gauche plombée d'avance et par sa division et par le désamour national du PS, et une droite qui, entre fermeté et humanité, aura peiné à imprimer un discours suffisamment lisible par les électeurs.

Le Front national a fait sa pelote à gauche…

Au-delà de la vague bleu marine qui a déferlé sur toute la France, son score en Paca constitue un indéniable succès personnel pour Marion Maréchal-Le Pen qui y réalise le meilleur résultat du FN sur l'ensemble du pays, faisant même un poil mieux que sa tante en Nord - Pas-de-Calais - Picardie.

Plus significatif encore, la députée du Vaucluse attire sur son nom 21 % de plus que son grand-père au premier tour en Paca en 2010 (20,30 %). Quoi qu'il advienne dimanche prochain, la candidate frontiste, dont le visage juvénile dissimule une habileté déjà consommée, aura achevé d'asseoir sa notoriété lors de cette élection.

à l'inverse, le résultat de ce premier tour, dans un contexte il est vrai inconfortable, s'apparente à un revers pour Christian Estrosi. Il réalise peu ou prou le même score que Thierry Mariani (26,60 %), chef de file de l'UMP en 2010. Mais, contrairement au maire de Nice, ce dernier ne menait pas une liste d'union avec le Modem et la gauche avait, alors, le vent en poupe…

Pour le député des Républicains, le choc de ce tour inaugural marque un double échec provisoire. Celui d'un programme qui, si ambitieux soit-il, n'a clairement pas eu le rôle moteur escompté. Et, surtout, l'inefficacité, dans ce round initial du moins, de la stratégie de diabolisation de Marion Maréchal-Le Pen.

à ce sujet, il est intéressant de noter que le Front national, pour doubler son score en six ans en Paca, a fait sa pelote en allant prendre dix points dans l'électorat socialiste (le PS était à 25,80 % en 2010) et dix autres à Europe Ecologie (10,92 % en 2010) et au Front de gauche (6,11 % en 2010) confondus.

Quel front républicain ?

Christian Estrosi a très vite appelé à « un sursaut citoyen pour le progrès face à une candidate du mensonge qui représente un danger immense pour notre vivre ensemble et qui ferait de notre région un laboratoire du sectarisme ».

Philippe Vitel, sa tête de liste varoise, voyant dans le FN « un réceptacle des peurs », a parié sur « une correction dimanche prochain ». Les seconds tours, de fait, ont la plupart du temps été fatals au Front national jusqu'ici. Marion Maréchal-Le Pen ne pourra plus guère étoffer son score. Elle a quasiment fait le plein. Mais a contrario, quelles que soient les consignes des états-majors, Christian Estrosi aura du mal à réunir en intégralité un électorat de gauche qui ne distingue guère que l'épaisseur d'une feuille à cigarette entre lui et le FN…

Hier soir, la vice-présidente socialiste de la Région Christine Mirauchaux était vent debout contre la décision de la direction du PS. Et même le Républicain Lionnel Luca abondait dans son sens, y voyant « une grande stupidité ».

Patrick Allemand, tout en laissant entendre qu'il voterait à titre personnel pour Christian Estrosi, s'interrogeait quant à lui : « Il n'est pas sûr qu'il fédère suffisamment d'électeurs à gauche pour aller chercher Marion Maréchal-Le Pen. »

Bref, dimanche prochain, ce sera très compliqué pour tout le monde. Fin novembre, BVA donnait Maréchal-Le Pen et Estrosi à 50-50 en cas de duel…

La soirée s'annonce étouffante.

 

Le billet de Denis Carreaux, directeur des rédactions: "Tous au pied du mur"

 

Nous y sommes. Ce ne sont plus seulement des sondages, mais bel et bien des résultats. Et une confirmation : celle de la poussée spectaculaire du Front national incarné en Paca par la plus redoutable représentante de la famille Le Pen. Sourire aux lèvres, blondeur charmeuse, aplomb impressionnant et convictions plus radicales encore que celles de sa tante Marine, Marion Maréchal-Le Pen a séduit plus de 40 % des électeurs au premier tour. Deux fois plus que son grand-père il y a cinq ans !

Largement en tête, la députée du Vaucluse est bien partie, à vingt-six ans à peine, pour devenir la patronne de Paca. Et incarner demain, en France et dans le monde, la région la plus attirante (pour combien de temps ?) de l’Hexagone. Celle que ses adversaires appellent « la blonde », sans une once d’affection, s’offre le plus beau score du FN au niveau national et réussit à mettre tout le monde au pied du mur.

Les électeurs d’abord. Beaucoup ont choisi de traduire leur ras-le-bol en glissant un bulletin Le Pen dans l’urne, y compris dans les Alpes-Maritimes de Christian Estrosi. D’autres, plus de la moitié, ont préféré rester chez eux. Ils peuvent réagir dimanche. Laisser faire ou pas ? Offrir les clés d’une région de cinq millions d’habitants à un parti qui séduit mais divise, oppose, montre du doigt ?


Nous ne vous dirons pas ici pour qui voter. Nous avons une trop haute opinion de nos lecteurs pour nous arroger le droit de leur indiquer ce qu’il faut penser. Notre rôle de journaliste consiste à informer, à alerter parfois comme nous le faisons en pointant les faiblesses des programmes ou en publiant la semaine dernière un sondage révélant l’inquiétude du monde économique en cas de victoire de Marion Maréchal-Le Pen.

Sans brandir d’épouvantails, on sait que la région Paca sera, à tort ou à raison, stigmatisée. Que des investisseurs y réfléchiront à deux fois avant de s’engager. Que nous pouvons réellement être plombés pendant six ans. Voulons-nous courir ce risque-là ? Nous devons nous poser la question.

Au pied du mur également, les adversaires de Marion Maréchal-Le Pen ont une grande part de responsabilité. Le PS, à qui les électeurs présentent la facture d’une situation nationale peu glorieuse, d’un bilan peu lisible en Paca et d’un candidat certes sympathique, mais inconnu au bataillon. La droite, pourtant unie, qui n’a pas su convaincre, se démarquer du FN et a manqué d’oxygène face à une candidate réussissant à incarner la nouveauté et la jeunesse.

Au pied du mur, la direction du PS a pris ses responsabilités dès hier soir. En appelant au retrait de la liste Castaner, les socialistes se font hara-kiri et se privent de tout élu pour six ans. Un crève-cœur. Imaginer que le mandat à venir se résumera à un affrontement entre le FN et la droite est pour eux un cauchemar absolu.

La perspective, pour Christian Estrosi de se retrouver dans le rôle du premier opposant à la présidente Maréchal-Le Pen, n’est pas moins effrayante pour lui. Or ce scénario n’a plus rien de délirant. Il appartient aux électeurs de l’écarter ou non dimanche. Libres et responsables, ils ont les cartes en main. Ils doivent juste être conscients de ce qui les attend.

Christian Estrosi s'est aussitôt posé, hier soir, en seul rempart possible au Front national.
Christian Estrosi s'est aussitôt posé, hier soir, en seul rempart possible au Front national. Luc Boutria
Décollage raté pour Christophe Castaner : le PS a perdu la Région.
Décollage raté pour Christophe Castaner : le PS a perdu la Région. Frank Muller
Sophie Camard n'a pas atteint la barre espérée des 10 %.
Sophie Camard n'a pas atteint la barre espérée des 10 %. Laurent Martinat

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