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Le Front national en tête dans six régions

Mis à jour le 07/12/2015 à 05:12 Publié le 07/12/2015 à 05:12
La présidente du parti d’extrême droite peut se targuer de résultats dépassant les 50 % dans certaines communes.

La présidente du parti d’extrême droite peut se targuer de résultats dépassant les 50 % dans certaines communes. PQR/LeParisien

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Le Front national en tête dans six régions

Nouvelle percée historique : 30 % des suffrages, en tête dans six régions La gauche se retire en Nord-Pas-de-Calais - Picardie et en Paca Nicolas Sarkozy : « Ni retrait, ni fusion de listes »

Cette fois, les sondages ne s'étaient pas trompés. Ils avaient annoncé un Front national au plus haut, non seulement en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais - Picardie - les deux régions sur lesquelles la formation d'extrême droite avait concentré ses efforts -, mais dans l'ensemble du pays. Et c'est bien un résultat historique qu'a réalisé hier le parti fondé par Jean-Marie Le Pen : avec 30 % des suffrages, en moyenne, au niveau national, soit près de 7 millions de voix. à titre de comparaison, lors du « coup de tonnerre » à l'élection présidentielle de 2002, Jean-Marie Le Pen en avait rassemblé 4,8 millions.

Large avance

Résultat : alors que les sondages les plus favorables le voyaient en tête au 1er tour dans trois à cinq régions métropolitaines (sur treize au total), c'est finalement le cas dans six : Paca et Nord-Picardie, donc, mais aussi Alsace- Lorraine - Champagne-Ardenne, Bourgogne - Franche-Comté, Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées, et même, ce que personne n'avait imaginé, Centre - Val-de-Loire. Ne laissant à la gauche, qui détenait depuis la « vague rose » de 2010 toutes les régions (alors au nombre de 22) à l'exception de l'Alsace, que deux de ses plus anciens fiefs : la Bretagne et Aquitaine - Limousin - Poitou-Charente. Et à la droite, qui espérait une reconquête qui lui aurait permis prendre rendez-vous pour l'élection présidentielle de 2017, quatre victoires annoncées : Île-de-France, Normandie, Pays-de-la-Loire et Auvergne - Rhône-Alpes.

Avec, qui plus est, souvent une large avance sur ses concurrents : plus de 40 % en Nord-Pas-de-Calais - Picardie, selon plusieurs estimations, contre 24 % aux Républicains-UDI-Modem et moins de 20 % au PS-MRC-PRG. Même scénario en Paca (lire en page 2) et en Alsace - Lorraine - Champagne-Ardenne (FN 35 %, LR-UDI-Modem 26 %, PS-MRC-PRG 17 %).

Circonstance aggravante, cette nouvelle progression du parti de Marine Le Pen (lors des élections départementales de mars dernier, 25 % des votants avaient choisi un bulletin FN, ce qui constituait alors déjà son meilleur score) a lieu malgré un regain de participation : l'abstention, qui détermine dans une très large part les résultats, s'établit cette fois à 49 %, contre 53 % au 1er tour des élections régionales de 2010.

Renforcé par la crise des migrants et les attentats

Autrement dit, là où on aurait pu attendre un ressaisissement de l'électorat de la gauche et de la droite républicaine, sur fond de sursaut citoyen après les attentats du 13 novembre, c'est au contraire l'extrême droite qui a réussi à mobiliser encore davantage ses sympathisants, traditionnellement déjà très actifs. La crise migratoire et les attaques djihadistes, combinées à l'absence de baisse significative du chômage (alors même qu'une timide reprise économique se fait sentir), n'y sont sans doute pas pour rien.

Au-delà des satisfecit de circonstance, reste toutefois à l'état-major frontiste à transformer l'essai. Combien de victoires peut-il raisonnablement espérer au second tour ? Deux ? Trois ? Davantage ?

Tout dépendra du nombre de triangulaires ; or, dès le début de soirée, le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, a confirmé la ligne « ni-ni » : ni retrait ni fusion de listes pour faire barrage au FN. Mais des voix dissidentes se sont aussitôt fait entendre, notamment chez ses alliés UDI et Modem (lire les réactions ci-dessous).

Les socialistes, eux, ont préféré disputer au FN, par la voix du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll (Manuel Valls et François Hollande, eux, sont restés silencieux), le titre de « premier parti de France »… en additionnant le total des suffrages de gauche. En milieu de soirée, le Premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, annonçait finalement un retrait des listes PS en Nord-Pas-de-Calais - Picardie et en Paca. Pour le reste, d'éventuelles négociations dans les jours qui viennent pourraient s'avérer déterminantes. Et bien malin qui pourrait, cette fois, en annoncer les résultats à l'avance.

Denis jeambar: "Les trois crises françaises

"C’est un tremblement de terre politique que vient de vivre le pays. Certes, au cours des trois dernières consultations – municipales, européennes et départementales – l’extrême droite avait déjà imprimé sa marque et fait un bond en avant, mais le premier tour des élections régionales hier constitue une étape spectaculaire dans sa progression et ouvre une période politique aussi nouvelle qu’inédite.

En tête dans six des treize nouvelles grandes régions, en position de l’emporter dimanche prochain dans au moins deux ou trois d’entre elles, le Front national non seulement triomphe mais confirme le chambardement de notre système politique : la France passe du bipartisme au tripartisme. Du coup, tous les équilibres en sont bouleversés.

Les partis dits de gouvernement de gauche et de droite voient leur hégémonie s’achever. Déboussolés, ils se lancent sous nos yeux dans un sauve-qui-peut fait d’arrangements et de calculs qui risque de les discréditer plus encore.

Ce séisme frappe en premier lieu le Parti socialiste et le président de la République. 2010 avait été un triomphe pour les socialistes, 2015 est une dégringolade. La langue de bois du porte-parole du gouvernement affirmant sans rire que la gauche est le premier parti de France avec 36 % des suffrages ne trompe personne. La gauche est en miettes et son rassemblement peu crédible. En outre, le FN prospère sur l’échec économique avéré du pouvoir et, bien sûr, sur les questions d’immigration et de sécurité. La France populaire a abandonné la gauche, elle s’abstient ou vote FN.


La droite est, elle aussi, au plus mal, en recul par rapport au scrutin de 2010, qui l’avait vue pourtant subir une véritable bérézina avec une seule région gagnée. Un changement de nom ne lui a pas rendu sa crédibilité.

Les Républicains, par leurs louvoiements au cours de ces dernières années, ont eux aussi contribué à l’enracinement du FN. Une porosité s’est créée entre la droite et l’extrême droite. La droite n’est pas terrassée mais, avec 30 à 32 % des suffrages, elle n’a plus de marges de manœuvre dans l’électorat.

Le second tour, certes, n’est pas encore écrit mais le pays est dans un tel état que le président de la République ne peut se tenir à distance de ces résultats. Crise civique, crise économique et sociale, crise sécuritaire, tous les clignotants de son tableau de bord sont au rouge.

Le voici dos au mur. Sa popularité retrouvée est une illusion. Il n’est en rien le sauveur de la patrie mais le premier comptable de la situation et de ces élections régionales. Le temps n’est plus aux petits calculs pour la présidentielle de 2017. Un sursaut s’impose. Mais en est-il capable?"

Les réactions

Nicolas Sarkozy (LR) :

Le président du parti Les Républicains a écarté toute fusion avec la gauche et tout retrait face au FN. « Il nous faut entendre et comprendre l’exaspération profonde des Français. Les Français souhaitent que la priorité, pour tous les responsables politiques, soit que la République ne recule plus, elle a trop reculé, en particulier depuis bientôt quatre années. »

Marine Le Pen (FN) :

« C’est un résultat magnifique que nous accueillons avec humilité, gravité et un sens profond des responsabilités [...] Le Front national est le seul front véritablement républicain [...] Nous avons vocation à réaliser l’unité nationale dont le pays a besoin. »

Jean-Christophe Cambadélis (PS) :

« Dans les régions à risque Front national où la gauche ne devance pas la droite, le Parti socialiste décide de faire barrage républicain. [...] Ce sacrifice pour notre idéal démocratique ne sera pas vain : il démontre que les socialistes savent être au rendez-vous démocratique. Il démontre notre attachement à une certaine idée de la France »

Jean-Christophe Lagarde (UDI) :

« Partout où le FN peut gagner, nous souhaitons le retrait des listes qui arrivent en 3e position, quelles que soient les listes. [...] Je ne pense pas que des forces démocratiques aient le droit de prendre le risque de faire gagner l’extrême droite. [...] On ne transige pas sur des principes pour des problèmes de places. »

François Bayrou (Modem) :

« J’appelle au retrait pur et simple de toute liste arrivée troisième. »

Emmanuelle Cosse (EELV) :

« Ce que nous pouvons faire, c’est travailler à la fusion des listes de gauche et des écologistes au second tour », afin d’« avoir des régions demain qui soient dirigées par cette majorité-là ».

Alain Juppé (LR) :

« Nous allons devoir réfléchir à la façon dont nous devons mener le combat pour le gagner. »

Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) :

« Je pense que tout ce qui est utile doit être fait pour éviter que le Front national s’installe à la tête d’une région. »

Stéphane Le Foll (PS) :

« La gauche rassemblée est le premier parti de France. J’appelle ce soir au rassemblement. »

Jean-Luc Mélenchon (FdG) ne s’est pas exprimé hier soir.

Le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, l’autre terre FN

Près de 60 % dans son fief de Hénin-Beaumont ; près de 50 % à Calais, ville touchée de plein fouet par la crise des migrants et réfugiés… En Nord-Pas-de-Calais - Picardie, où le FN avait choisi d'aligner rien moins que sa présidente elle-même, Marine Le Pen peut s'enorgueillir d'un véritable plébiscite. Sur l'ensemble de la région, le parti d'extrême droite dépasse les 40 % (1), contre à peine 25 % à la tête de liste Les Républicains-UDI-Modem, l'ex-ministre Xavier Bertrand.

Quant au socialiste Pierre de Saintignon, dans une région ouvrière historiquement ancrée à gauche, il reçoit une sévère déculottée, avec 17,7 % des suffrages. Derrière lui, seul le communiste Fabien Roussel dépasse - de justesse - le seuil des 5 %, nécessaire pour pouvoir fusionner avec une liste se maintenant au second tour. Et ce, encore une fois, alors que l'abstention y est plus faible qu'en 2010 : 45 %.

Comme en Provence-Alpes-Côte d'Azur, le PS a annoncé retirer sa liste. Une décision nationale à laquelle s'est plié Pierre de Saintignon, non sans regretter sur Twitter : « Le PS va donc disparaître des conseils régionaux de Paca et du Nord-Pas-de-Calais - Picardie. Deferre, Mauroy, Mollet, Guesde… dispersés au vent de l'actualité. » Et l'écologiste Sandrine Rousseau (dont la liste a obtenu 4,8 %) a de son côté appelé à voter pour la liste des Républicains.

Marine Le Pen n'a pas manqué de rallier ce revirement : « La tête de liste du PS demande à ses électeurs de se faire hara-kiri et de voter pour quelqu'un qui a affirmé pendant toute sa campagne que la région était dirigée par une bande de feignasses. »

Le ministre de la Défense,Jean-YvesLe Drian, recueille près de 35 % des suffrages enBretagne.
Le ministre de la Défense,Jean-YvesLe Drian, recueille près de 35 % des suffrages enBretagne. PQR/Ouest-France

L’ouest du pays reste fidèle au PS

Le Parti socialiste peut dire merci à la façade atlantique. Les deux seules régions où il aborde le second tour en favori se situent en effet à l’extrémité ouest de l’Hexagone.  En Bretagne tout d’abord, où le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, recueille (résultats définitifs) 34,9 % des voix, loin devant son adversaire de droite, Marc LeFur (23,5 %). Le FN Gilles Pennelle arrive en troisième position, à 18,17 %.

En Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes, ensuite. Dans cette nouvelle (très) grande région, AlainRousset devra toutefois batailler plus ferme : il a réuni 30,3 % des suffrages, contre 27,2 % à Virginie Calmels (LR-UDI-Modem) et 23,2 % au FN Jacques Colombier.

La gauche fait également un bon score en Corse, où le président du conseil exécutif (divers gauche) PaulGiacobbi devance de peu le maire de Bastia (nationaliste modéré) Gilles Simeoni : 18,4 % contre 17,6 %. Mais rien n’est joué dans l’île de Beauté, où cinq listes peuvent se maintenir au 2nd tour, et deux autres peuvent fusionner avec l’une d’entre elles !

En Île-de-France, le second tour s’annonce serré entre Valérie Pécresse (LR-UDI-Modem, ci-dessus) et son adversaire PS Claude Bartolone.
En Île-de-France, le second tour s’annonce serré entre Valérie Pécresse (LR-UDI-Modem, ci-dessus) et son adversaire PS Claude Bartolone. PQR/Le Parisien

L’alliance de la droite en première position dans quatre régions

Certes, on est loin des espoirs d’il y a six mois, quand la droite républicaine se voyait infliger auPS une défaite massive qui aurait renvoyé aux oubliettes la « vague rose » de 2010… et permis au futur candidat Les Républicains de bénéficier d’un tremplin vers l’élection présidentielle de 2017.

Pour autant, l’alliance Les Républicains-UDI-Modem peut se targuer, sur ce premier tour, d’être en tête dans près d’un tiers des 13 nouvelles régions. Et pas n’importe lesquelles.

L’Île-de-France, tout d’abord, où Valérie Pécresse est créditée (estimations à une heure du matin) de 31 % des voix. Ce qui laisse présager d’un second tour serré face à son adversaire socialiste Claude Bartolone (25,4 %). Le Front national, emmené par Wallerand de Saint-Just réunit quant à lui 18,4 % des suffrages.

Vers une triangulaire féroce en Rhône-Alpes - Auvergne

La droite est également en première position dans la deuxième plus importante région de France : Rhône-Alpes - Auvergne. L’ancien ministre et actuel secrétaire général des Républicains, LaurentWauquiez, y rassemble (résultats définitifs) 31,7 % des suffrages. Le FN Christophe Bodot n’est cependant pas très loin, à 25,5 %. Il est lui-même talonné par le président sortant du conseil régional, le socialiste Jean-Jack Queyranne, à 23,9 %.


Enfin, l’alliance de la droite est également bien partie en Pays-de-la-Loire (LR-UDI-Modem 33,5 % ; PS-MRC-PRG 25,7 % ; FN 21,3 %). La situation s’annonce beaucoup plus délicate en Normandie : le FN Nicolas Bay (27,7 %) est en embuscade juste derrière Hervé Morin (LR-UDI-Modem, à 27,9 %).

Jean-Marie Le Pen salue le score du FN avec une vidéo d’Estrosi dansant à une fête juive

Jean-Marie Le Pen a salué hierla première place de sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen et du FN au premier tour des régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur en tweetant une vidéo de Christian Estrosi dansant avec des juifs.

« Contre mauvaise fortune bon cœur », a tweeté le président d’honneur exclu du FN Jean-Marie Le Pen, en mettant en copie Christian Estrosi, tête de liste Les Républicains-UDI-Modem et adversaire de Marion Maréchal-Le Pen. Dans la vidéo qui figure aussi dans le tweet, on voit le député-maire de Nice danser avec des juifs, plusieurs hommes – dont Christian Estrosi – portant une kippa, sans que le contexte ni la date de cette vidéo ne soient mentionnés : elle avait été prise lors de la célébration d’une fête juive, place Magenta à Nice, durant l’hiver dernier. Jean-Marie Le Pen l’a retirée plus tard dans la soirée.

Offre numérique MM+

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