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Le FN échoue aux portes des régions

Mis à jour le 14/12/2015 à 05:16 Publié le 14/12/2015 à 05:16
Monaco-Matin, source d'infos de qualité

Le FN échoue aux portes des régions

La formation de Marine Le Pen était pourtant pressentie dans trois régions métropolitaines sur treize. La droite remporte sept régions au second tour, la gauche limite la casse en n'en conservant que cinq

Le Front national (FN) n'a pas confirmé, hier, sa percée historique du premier tour aux élections régionales, en ne décrochant aucune région, alors que la droite en remporte sept et la gauche cinq. Mais le FN a dépassé d'au moins 200 000 voix son record historique du premier tour de la présidentielle 2012, selon des résultats non définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur hier à 23 heures. La Corse, pour sa part, bascule pour la première fois de son histoire entre les mains d'un autonomiste, le maire de Bastia, Gilles Simeoni [lire ci-dessous]

Le Premier ministre Manuel Valls a salué les électeurs qui ont répondu à l'appel de la gauche à faire barrage au Front national, tout en prévenant que « le danger de l'extrême droite n'[était] pas écarté ».

Dans un scrutin marqué par une progression spectaculaire de la participation, l'extrême droite a donc échoué en duel aussi bien dans le Nord, où la présidente du FN Marine Le Pen affrontait Xavier Bertrand (Les Républicains), qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), théâtre de la bataille entre sa nièce Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi. Idem en triangulaire, dans le Grand-Est pour Florian Philippot et en Bourgogne-Franche-Comté pour Sophie Montel.

Battue largement dans le Nord où la gauche s'était retirée pour faire barrage à l'extrême droite, Marine Le Pen a fustigé un « régime à l'agonie » depuis le fief frontiste d'Hénin-Beaumont, où régnait un silence de cathédrale à l'annonce des résultats.

« Succès sans joie »

A droite comme à gauche, le ton n'était d'ailleurs pas à l'euphorie : le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis a parlé d'« un succès sans joie », Xavier Bertrand avertissant lui que le « coup de tonnerre » du premier tour pourrait être « le dernier avant que le FN ne prenne le pouvoir ».

Se refusant à tout « triomphalisme », Manuel Valls a estimé que l'« élan très digne » des électeurs était une « injonction à en finir avec les petits jeux politiciens, les invectives, les sectarismes ».

« Nous devons apporter la preuve que la politique ne reprend pas comme avant », a déclaré le Premier ministre, laissant entrevoir des inflexions dans sa politique. « Nous ne pouvons plus continuer comme cela. Il faut agir contre la précarité et pour l'activité », a embrayé M. Cambadélis.

La gauche, qui avait appelé à voter pour la droite dans trois régions où le FN était en bonne position de l'emporter, « n'a pas eu la déroute annoncée », selon la formule du patron du PS, en gagnant cinq régions métropolitaines : victoires nettes en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, et Bretagne, où le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian s'est imposé largement (51,41 %). Et de justesse devant la droite en Centre-Val-de-Loire et Bourgogne-Franche-Comté, où le FN est troisième.

La droite, conduite par Les Républicains, l'emporte, elle, dans sept régions métropolitaines : Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Paca - avec plus de dix points d'avance sur le FN -, Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays-de-la-Loire, Normandie (36,43 % pour Hervé Morin contre 36,08 % pour l'Union de la gauche) et Ile-de-France. Elle a aussi conservé La Réunion. Elle accroche surtout la plus belle à son tableau de chasse : l'Ile-de-France, gérée par la gauche depuis dix-sept ans, où Valérie Pécresse a battu de peu son rival socialiste Claude Bartolone [lire ci-contre].

« Plafond de verre » pour le Front national

Quant au FN, son échec à confirmer sa forte poussée du premier tour est la conséquence de la mobilisation des électeurs (+9 points de participation par rapport au premier tour, encore plus que lors du duel Chirac-Le Pen à la présidentielle de 2002) et d'un « plafond de verre » qui l'empêche de gagner des seconds tours, selon les analystes. « C'est un essai non transformé une fois de plus. Comme aux départementales, le FN ne parvient pas faute d'alliés et de réserves, à l'emporter au second tour, où il se heurte toujours à un plafond de verre. Par ailleurs, le patronyme Le Pen est un formidable booster mais il entraîne aussi plus massivement une mobilisation en contre au second », a commenté le politologue Yves-Marie Cann (Elabe).

 

Marine Le Pen  a fustigé, hier, un « régime à l’agonie ».
Marine Le Pen a fustigé, hier, un « régime à l’agonie ». (Photo AFP)

Marine Le Pen : « Rien ne pourra nous arrêter »

Alors que la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie lui échappe , « rien ne pourra nous arrêter », a affirmé, hier soir, Marine Le Pen la présidente du Front national, malgré l’échec de son parti à conquérir une région au second tour de l’ultime scrutin avant la présidentielle de 2017.

La chef de file de l’extrême droite a évoqué « la montée inexorable » de son parti, « élection après élection » appelant « les Français de toutes origines » à rejoindre les rangs des « comités Bleu Marine » qui « se constitueront » dans « les semaines qui viennent dans tout le pays ».

« Rejoignez-les, ensemble rien ne pourra nous arrêter ! », a-t-elle lancé. « En triplant le nombre de nos conseillers régionaux élus, le Front national sera désormais la première force d’opposition dans la plupart des conseils régionaux de France: une opposition constructive mais aussi exigeante parce que non connivente », a estimé Marine Le Pen. « Cet entre-deux tours a vu le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale en poste possédés par leur emportement y tenir de propos d’une irresponsabilité inquiétante qui conduisent à s’inquiéter sur les dérives et les dangers d’un régime à l’agonie », a dénoncé la patronne du FN.

« Politiquement, cette élection constitue une formidable et bienfaisante clarification ; elle a mis au grand jour le mensonge fondamental sur lequel repose depuis des décennies tout le système politique français », a-t-elle jugé.

« Maintenant le clivage sépare non plus gauche et droite mais mondialistes et patriotes », a lancé la chef de file de l’extrême droite, « cette distinction sera le grand enjeu, le grand choix politique des présidentielles ».

 

Il peut avoir le sourire, Gilles Simeoni : il vient de déboulonner Paul Giacobbi de la présidence de la Région corse !
Il peut avoir le sourire, Gilles Simeoni : il vient de déboulonner Paul Giacobbi de la présidence de la Région corse ! (Photo AFP)

Un autonomiste à la tête de la Collectivité territoriale de Corse

Historique ! Arrivé en deuxième position au premier tour, derrière le chef de file de la liste divers gauche de Paul Giacobbi, c’est le maire autonomiste de Bastia qui est sorti vainqueur hier soir
En effet, selon les estimations de sortie des urnes, le régionaliste Gilles Simeoni, 48 ans, maire de Bastia depuis 2014, emporte l’élection régionale en Corse. Il obtiendrait 37 % des voix et devance Paul Giacobbi (divers gauche, 28,9 %), José Rossi (union de la droite, 25,4 %) et Christophe Canioni (FN, 8,7 %) au second tour des régionales.

La liste divers gauche de Paul Giacobbi, arrivée en tête du premier tour (18,42 %), a fusionné avec la liste Front de gauche de Dominique Bucchini (5,56 %).
Face à eux, les deux listes nationalistes menées par Gilles Simeoni (17,62 %) et Jean-Guy Talamoni (7,72 %) ont annoncé leur fusion, de même que les deux listes de droite menées par José Rossi (Les Républicains, 13,17 %) et celle de Camille de Rocca Serra (Rassembler pour la Corse, 12,70 %).

Fils du docteur Edmond Simeoni, figure emblématique du renouveau du nationalisme corse moderne, à la fin des années 1960, Gilles Simeoni est un avocat qui a notamment défendu Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac.

Né le 20 avril 1967 à Bastia, ce partisan du dialogue et du consensus engagé dès l’adolescence dans le mouvement national, prône un « nationalisme d’ouverture ». Chef de la coalition autonomiste Femu a Corsica (Faisons la Corse) à l’Assemblée de Corse et opposé à l’action violente clandestine, il a été l’artisan du rapprochement avec les indépendantistes pour présenter une liste unique au second tour des territoriales.

Pécresse annonce sa victoire Bartolone s’en remet aux députés PS

L’ex-ministre Valérie Pécresse (LR) l’emporte en Ile-de-France face au président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone (PS) au second tour des élections régionales. Elle obtient, en effet, 43,93 % des voix, tandis que Claude Bartolone réalise un score de 42,04 %. Le candidat du FN, lui, recueille 14,03 %.

Immédiatement après l’annonce de sa défaite, Claude Bartolone se présente, à 22 h 10, face à la presse et reconnaît sa défaite devant les militants qui ont fait sa campagne, dont certains sont en larmes. Le candidat annonce avoir appelé sa rivale Valérie Pécresse pour la féliciter, souhaitant « bonne chance à l’Île-de-France ».

Il annonce qu’il remettra son mandat de président de l’Assemblée nationale à Bruno Le Roux, chef des file des députés PS, comme il s’y était engagé lors de la campagne. Ce dernier aura la charge de décider si Bartolone peut reprendre son poste après sa défaite aux régionales.

Sarkozy critiqué dans sa famille

Tandis que la moisson est moins bonne qu’espérée chez Les Républicains, les premières contestations de la stratégie de Nicolas Sarkozy se faisaient jour hier.
Pour Bruno Le Maire, les Français attendent « une autre politique » et « des visages nouveaux, y compris à droite ».

La numéro 2 du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet, a de nouveau critiqué le « ni PS ni FN » porté par l’ancien chef de l’Etat, estimant que « si les électeurs avaient appliqué le ni-ni, nos candidats dans le Nord-Pas-de-Calais et en région Paca auraient été battus » au second tour. D’autres vont plus loin dans leurs critiques, comme le député-maire LR d’Antibes-Juan-les-Pins, Jean Leonetti, sur Twitter : « Devoir de remise en cause des Républicains dans [leurs] stratégies et [leurs] valeurs. Nécessité d’accélérer le calendrier de la primaire à droite ».

Quant au maire LR de Cannes, David Lisnard, il y voit le « début de la primaire » pour la désignation du candidat de la droite à l’élection présidentielle de 2017. Nicolas Sarkozy a promis, hier soir, de prendre en compte « les avertissements » lancés aux régionales.

Les réactions

Florian Philippot (FN) : malgré la défaite « une lame de fond patriote » en France

Malgré la défaite du Front national au second tour des régionales, « une lame de fond patriote » s’est levée en France, qui « ne redescendra pas », a estimé, hier, le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot [photo AFP], à son QG électoral de Metz.« Ce qui s’est levé aujourd’hui en France, et déjà dimanche dernier, est une véritable lame de fond patriote », qui « ne redescendra pas » d’ici à 2017, a déclaré Florian Philippot devant les militants après avoir reconnu sa propre défaite dans le Grand Est face au candidat LR-UDI-MoDem Philippe Richert.

Juppé (LR) : l’échec du Front national « un signe de bonne santé de notre démocratie »

Alain Juppé [photo AFP], candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017, a affirmé, hier, que la mobilisation des électeurs pour faire barrage au Front national aux élections régionales était « un signe de bonne santé de notre démocratie ». Il a toutefois appelé son camp à la « lucidité » et à éviter de tomber dans des querelles internes après ces élections. « Prenons garde aux mauvaises réponses », a-t-il lancé.

Mélenchon (PG) appelle à la constitution d’un « véritable front populaire » pour 2017

Le porte-voix du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon [photo AFP] a appelé, hier au soir du second tour des élections régionales, à la constitution d’un « véritable front populaire » dans la perspective de la présidentielle de 2017. « C’est un véritable front populaire qu’il faudrait être capable de faire naître », a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle. Le responsable politique s’est néanmoins dit « sans illusion car la COP21 comme cette élection ont montré à quel niveau d’irresponsabilité les élites politiques peuvent parfois croupir ».

Pierre Laurent (PCF) demande au gouvernement un « vrai changement de cap »

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a réclamé, hier, un « vrai changement de cap » contre le chômage et la précarité et « pas seulement une inflexion », comme l’a demandé le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis.

« Personne n’a gagnéce soir », tranche la maire de Lille Martine Aubry (PS)

La maire de Lille Martine Aubry [photo AFP] a appelé ses collègues de gauche à se remettre en question : « Nous ne pouvons pas sortir de ces élections sans se poser de vraies questions », achevant son propos par : « Personne n’a gagné ce soir. »

Pour François Bayrou (Modem), « pas de raison d’attendre 18 mois » pour changer

« C’est maintenant qu’il faut qu’on fasse quelque chose », a affirmé le président du MoDem, François Bayrou [photo AFP], sur i-Télé, expliquant qu’il n’y avait « pas de raison d’attendre 18 mois », date de l’élection présidentielle, « pour prendre les décisions qui s’imposent ». Il faut « changer ce que les citoyens ne supportent plus » : « l’impuissance de l’action publique » et « l’aspect caricatural de la politique », a ajouté plus tard François Bayrou sur BFMTV, dénonçant les « invectives » et les « insultes ».

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