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Le Conseil national "demande des chantiers non bruyants" à Monaco

Mis à jour le 12/10/2019 à 14:10 Publié le 12/10/2019 à 14:09
Le président Stéphane Valeri s’est dit très insatisfait de la gestion des chantiers qui, outre les surcoûts et les retards, génèrent trop de nuisances, notamment sonores, pour la population.

Le président Stéphane Valeri s’est dit très insatisfait de la gestion des chantiers qui, outre les surcoûts et les retards, génèrent trop de nuisances, notamment sonores, pour la population. Conseil national

Le Conseil national "demande des chantiers non bruyants" à Monaco

Primo! et Union Monégasque ont voté contre le chapitre sur les travaux publics, jeudi soir au Conseil national, considérant que les nuisances exaspèrent les résidents de Monaco

Ce fut "non", 22 fois "non". Jeudi soir, les conseillers nationaux de la majorité Primo !, comme un seul homme autour de Stéphane Valeri et l’élu de la minorité Union Monégasque (UM) Jean-Louis Grinda, ont voté contre le chapitre "Grands travaux - Urbanisme" du projet de loi sur le budget rectificatif 2019 de l’État.

Ils ont voulu exprimer ce qu’ils considèrent comme l’exaspération de la population face aux nuisances liées aux chantiers du pays. Et alors qu’une grande enquête est lancée, en ce moment, à l’initiative du Conseil national, auprès de tous les Monégasques de plus de 18 ans pour connaître leur opinion sur la qualité de vie en Principauté, les élus prennent les devants, affirmant recevoir de multiples plaintes concernant notamment le bruit généré par les grands travaux publics ou privés.

"La population
est furieuse"

Il y a un an, seul l’élu UM avait exprimé sa désapprobation. "La population était mécontente, aujourd’hui elle est furieuse." Et de s’adresser à Marie-Pierre Gramaglia, non pas parce qu’elle serait la cause de tous les maux urbains mais parce qu’elle est à la tête du département de l’Équipement, l’Environnement et l’Urbanisme : "Et vous en portez la responsabilité. Oui, vous avez fait des actions. Mais là je crois qu’il va falloir oser trancher dans le vif."

Ce ras-le-bol général a balayé les longues et précises explications du conseiller de gouvernement-ministre de l’Équipement, l’Environnement et l’Urbanisme. Les arrêtés ministériels pris fin 2018 et destinés à mieux encadrer les chantiers n’ont, de toute évidence, pas été suffisants.

Le conseiller-ministre énumère l’ensemble des mesures prises pour limiter les nuisances : "4.757 contrôles ont été effectués. Quatorze constats d’infraction ont été dressés. Deux contrôleurs supplémentaires vont arriver : l’un le 21 octobre, l’autre le 4 novembre. Ils seront six au total le mois prochain." Des dispositifs antibruit sont installés tels que des parois, des tapis insonorisant, des bâches acoustiques… "Nous sommes en train de généraliser la technique dite du “up and down” qui sera utilisée sur le chantier Pasteur et limite bruit et poussières." De plus, le gouvernement veille à informer les riverains.

"Il y a quand même des avancées considérables."

"On peut faire beaucoup mieux"

Des améliorations certainement. Mais cela est loin d’être suffisant pour les élus des Monégasques. "Est-ce que vous pensez qu’il y a 14 problèmes en un an ?", lance, ironique, le président Stéphane Valeri. Les conseillers nationaux réclament notamment des "sarcophages acoustiques" qui n’existent sur aucun chantier monégasque pour l’heure alors qu’ils sont réputés efficaces pour lutter contre bruit et poussières. Mais Marie-Pierre Gramaglia est réticente : "Il faut savoir que c’est très coûteux, très difficile et très long à mettre en place. De plus, cette technique a une incidence sur les délais : il faut à peu près six mois pour construire un sarcophage." Stéphane Valeri bouillonne : "Vous dépensez 600 millions, dont 20 à 40 % de surcoût par chantier, et vous n’êtes pas capables de trouver quelques millions. Nous n’avons pas la même notion des priorités."

Mais ce qui exaspère les élus, ce sont les délais d’action du gouvernement. Le président Stéphane Valeri note ainsi que le remplacement du double vitrage aux Eucalyptus, en face du stade Louis-II où sont réalisés des travaux, vient tout juste de commencer.

Et de lancer : "Vous parlez de smart-city. Les Monégasques voudraient d’abord des smart-chantiers. Notre sentiment, qui est partagé par une grosse partie de la population, est que l’on peut faire beaucoup mieux." Fait relativement rare : on entend des applaudissements dans la salle.

"Nous ne sommes pas devenus anti-chantiers"

Le Ministre d’État Serge Telle prend la pleine mesure de la situation. Et n’élude pas le problème : "Oui, les résultats sont totalement insatisfaisants. Le gouvernement dans son ensemble est responsable de cette situation. Il y a eu des succès comme les Jardins d’Apolline dont la rénovation s’est achevée entre trois à six mois avant. Mais non, nous ne sommes pas devenus anti-chantiers."

Stéphane Valeri explique alors : "On n’est pas anti-chantiers quand on demande des chantiers moins bruyants. Nous avons le prix du mètre carré le plus cher du monde. Donc on a une plus-value incroyable. Oui, nous devons être le numéro 1 mondial pour la qualité de nos chantiers."

Les deux hommes sont d’accord : "C’est tout à fait cela l’idée, lance le ministre d’État. Nous allons voir ensemble comment on peut améliorer ce qui est fait. Ensemble, on va faire que les chantiers soient mieux coordonnés."

Brigitte Boccone-Pages a expliqué le refus des élus de la majorité de voter la ligne budgétaire concernant les Grands Travaux.

Déclaration solennelle de Brigitte Boccone-Pages

Après les très longs échanges entre conseillers nationaux et gouvernement sur les nuisances et notamment le bruit engendrés par les travaux, la vice-présidente Brigitte Boccone-Pagès a tenu à faire "une déclaration solennelle" pour expliquer le vote de la majorité contre la ligne "Chapitre 1 : Grands travaux - urbanisme" de la "Section 7 : Équipement et investissements des Dépenses d’équipement et d’investissements".

"Au moment de passer au vote de ce chapitre qui concentre des éléments fondamentaux qui forment une cause majeure de la dégradation de la qualité de vie en Principauté, sans compter les conséquences financières beaucoup trop importantes pour le budget de l’État, au détriment d’autres investissements, vous comprendrez qu’il ne sera pas possible, pour la majorité du Conseil national, de voter en sa faveur. Des travaux de voirie trop nombreux et conduits de manière inefficace par la société en charge de ces travaux. Trop peu de contrôles des chantiers et trop peu de contrôleurs habilités, et surtout si peu de sanctions. Pas assez d’information des riverains, pas de pose de doubles vitrages, ou si tard. Pas de phasage concret des chantiers, pas de reports des chantiers privés. Retards des chantiers publics avec tous les surcoûts et les blocages d’autres opérations que cela provoque. Retard notamment d’un chantier vital, celui du Nouveau CHPG. Retard du collège pour nos enfants. Pour toutes ces raisons non exhaustives, la majorité du Conseil national va voter contre ce chapitre."


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