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"Le Conseil national a arrêté de travailler"

Les trois élus de la minorité Union Monégasque ont adressé leurs vœux à la presse et exposé leurs positions sur plusieurs sujets budgétaires et législatifs de la Haute assemblée

Joëlle Deviras Publié le 23/01/2016 à 09:00, mis à jour le 23/01/2016 à 05:03
Jean-François Robillon, Bernard Pasquier et Jean-Louis Grinda, jeudi, en conférence de presse au Conseil national. J. D.

Ils gardent le sourire mais sont un peu marris. À l'occasion des vœux qu'ils ont formulés aux journalistes de la presse locale, les trois élus de la minorité Union Monégasque (UM) expliquaient, jeudi, leur désappointement. « Depuis le départ du ministre d'État Michel Roger, le Conseil national a arrêté de travailler, lance Bernard Pasquier. Quasiment toutes les commissions ont été annulées sans motivation. Nous aurions pensé que l'institution pouvait montrer qu'elle continuait à œuvrer pour les Monégasques. »

Le président de l'UM, Jean-François Robillon, note que cette constatation qui est la leur ne date pas d'hier. « Le Conseil national a disparu des écrans radars de Monaco. Ça fait trois ans que ça ne fonctionne pas… »

SBM : « De quoi se mêle-t-on ? »

Et d'évoquer les sujets qui les fâchent… « Nous sommes assez choqués par les réactions telluriques après les propos d'Agnès Puons paru dans Monaco-Matin et où la secrétaire générale parle de la SBM comme d'une société "normale" », embraye Jean-Louis Grinda. Historiquement, oui, la SBM avait un rôle social à jouer. Mais cette vocation ne doit pas être l'alpha et l'oméga de toutes choses. C'est une société cotée en bourse tout de même. La majorité ne peut pas fustiger la SBM sur ses résultats et réclamer de faire des frais supplémentaires. De quoi se mêle-t-on ? Le Conseil national n'est pas cogestionnaire de cette société. Ce sont des méthodes du passé ; un passé qu'on essaie toujours de réenchanter. Mais le monde a changé. Pensons avec une certaine modernité. Fondamentalement, ce qui nous sépare de la majorité, ou plutôt d'une partie de la majorité, c'est la vision de l'avenir. De grâce, pourquoi se fiche dans des positions qui regardent dans le rétroviseur ? »

Retraites, dépendance : préparer l'avenir

Autre sujet récurrent : le financement de la dépendance et le coût de la retraite des fonctionnaires. Jean-François Robillon revient sur ses propos prononcés lors du budget primitif. « Les frais vont exploser au fil des ans. Nous demandons à ce que, dans cette période aux finances publiques confortables, nous réfléchissions à l'avenir. Demain, si ça va moins bien, comment fera-t-on ? Il faut évaluer les besoins pour les trente années à venir. Et nous avons assisté à quelque chose d'assez exceptionnel : un refus de la part du gouvernement. » Et Bernard Pasquier en est sûr : « Il faut en discuter maintenant. »

Des comptes plus transparents

Celui-ci revient également sur un sujet qui lui est cher : l'inscription de toutes les dépenses et recettes aux comptes de l'État. « Les comptes mériteraient un petit dépoussiérage. Il y a encore une utilisation anticonstitutionnelle du fonds de réserve. Nous avons été élus pour représenter les Monégasques et nous voulons donc que toutes les dépenses publiques soient dans le budget. Quand l'État s'accorde avec des promoteurs pour des ventes privées, ça n'est comptabilisé nulle part. » Jean-Louis Grinda note : « Nous demandons seulement une vérité des coûts. »

 

Amendement budgétaire encore et encore

Et de là arrive la discussion sur l'amendement budgétaire… Jean-François Robillon continue : « Nous ne lâcherons pas là-dessus. Faire valider tout et n'importe quoi sur un budget global alors que certaines lignes budgétaires ne sont pas votées, ça n'est pas possible. L'exemple typique est le tunnel descendant pour lequel tous les élus s'étaient prononcés défavorablement. Il faut modifier la Constitution. Rappelons que l'amendement budgétaire a existé sous Albert Ier. »

Et Bernard Pasquier enchaîne : « La farce du budget rectificatif 2015 est liée au fait qu'on n'a pas l'amendement budgétaire. Il est impensable qu'au XXIe siècle, les citoyens ne puissent pas agir sur une ligne budgétaire. »

Mais on est encore qu'au début de ce nouveau siècle…

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