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Laurent Nouvion et sa garde rapprochée au front

Mis à jour le 06/04/2016 à 05:07 Publié le 06/04/2016 à 05:07
Entouré par quatre élus de la majorité, Laurent Nouvion a reçu la presse hier midi.

Entouré par quatre élus de la majorité, Laurent Nouvion a reçu la presse hier midi. Photo Sébastien Botella

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Laurent Nouvion et sa garde rapprochée au front

À quinze jours de l'ouverture « explosive » de la session de printemps, le président du Conseil national s'est montré serein hier devant la presse, égrenant les dossiers à l'étude

La nature n'aime pas toujours le changement, glisse Laurent Nouvion au détour d'une phrase. Une semaine après la déclaration d'intention de Christophe Steiner de briguer la présidence le 27 avril prochain, l'actuel président du Conseil national a tenu hier une longue conférence de presse entouré de quatre élus de la majorité (Béatrice Fresko, Jacques Rit, Christian Barilaro et Daniel Boéri) pour brosser les sujets législatifs qui feront l'actualité de la session de printemps de la Haute assemblée.

Mais les élus fidèles à Laurent Nouvion étaient surtout présents pour dénoncer la « conspiration » dont ils se disent victimes. Un « putsch » pour Jacques Rit, qui se fomente dans les arcanes de l'assemblée.

«Démarche irresponsable»

« C'est une chasse à l'homme dans laquelle Laurent Nouvion est visé, sans qu'ils s'expliquent sur leurs raisons », lance Christian Barilaro. Qui évoque « une trahison de la part du vice-président qui ne nous a pas informés de ses intentions au sein de la majorité. Il dit être porteur d'un message qu'il entend dans la rue mais, pour moi, c'est une prise en otage des Monégasques dans ce débat qui devrait être au sein de vingt-quatre élus ».

« La méthode n'est pas belle », renchérit Béatrice Fresko. « La démarche de ce groupe est irresponsable car nous avons des textes importants sur lesquels travailler et cette ambiance est dommageable pour nos électeurs. »

Quelle que soit l'issue du vote du 27 avril, le Conseil national arrivera-t-il encore à travailler avec une majorité morcelée assaillie par les tensions ? « C'est ce qui me préoccupe », répond le président du Conseil national. « Lors de notre élection nous nous étions engagés dans une démarche politique pour faire du Conseil national un contrepoids institutionnel. Nous devons honorer le mandat confié par les Monégaques en étant le plus exemplaire possible. Alors que depuis vingt mois, ils sont dans le sabotage, en boycottant les réunions pour organiser un putsch », juge Laurent Nouvion sur ces futurs ex-alliés. « Le débat nous a été volé. Ils ne sont ni démocrates, ni courageux et prendront leurs responsabilités d'affaiblir la Haute assemblée pour des prétextes fallacieux. Les Monégasques ne nous le pardonneront pas. »

Pour l'heure, Laurent Nouvion s'est dit « serein », hier. « Nous continuons à faire notre devoir. »

La «lenteur administrative» du gouvernement montrée du doigt

Si la charge du président Nouvion et des élus présents était surtout dirigée vers les « frondeurs » de la majorité hier, le gouvernement en a pris aussi pour son grade. Et les élus, égrenant leurs propositions et projets de loi à l'étude ont dénoncé les « lenteurs administratives » systématiques du gouvernement.

Sur la loi du patrimoine par exemple, Daniel Boéri dit « s'attendre au pire » sur ce dossier qu'il espérait boucler en décembre dernier et voter au printemps. Le projet de loi a fait des allers/retours depuis onze mois entre le gouvernement et le Conseil national.

« J'ai l'impression que le bras droit du gouvernement ne fonctionne pas avec le bras gauche », tance le président de la commission Culture & Patrimoine, pessimiste sur l'éventualité de voir avancer rapidement le projet. Ce qui bloque ? Visiblement la manière de gérer l'institut du patrimoine, crée via cette loi. Le Conseil national souhaite voir l'institut totalement indépendant, alors que le gouvernement voudrait garder une emprise dessus.

Autre exemple, le projet de loi - plus consensuel - porté par Béatrice Fresko relatif au nom patronymique et permettant aux parents de transmettre à leurs enfants, soit le nom du père, soit d'un commun accord, celui de la mère. « Le texte a été déposé le 26 août dernier et nous attendons toujours un retour du gouvernement pour présenter le projet en séance publique et le voter. Cette attente commence à être très longue. »

Dans ces exemples, Laurent Nouvion voit une « inertie naturelle présente dans toute structure de décision », sur laquelle il compte agir.

« J'ai sensibilisé le ministre d'État sur l'importance d'être proactif. Que l'on arrête ce retard dans les dossiers, notamment dans les services juridiques des départements. Et surtout sur des propositions constructives qui ne posent pas de problèmes majeurs », a confié hier le président. Soucieux de pouvoir garnir l'ordre du jour des séances publiques des 27 et 28 avril prochains.

Au chapitre des priorités d'avril : le vote du texte sur le prêt étudiant pour les nationaux, « dont la proposition a été votée en juin 2014 et que nous ne voterons enfin après deux ans d'attente », et un projet de loi relatif au commerce électronique de médicaments. Le règlement intérieur modifié du Conseil national pourrait lui aussi être adopté, si le tribunal suprême valide les articles modifiés.

En juin, la Haute assemblée espère enfin débattre sur la question du nom patronymique, du télétravail, et de la très attendue loi sur des mesures relatives à la préservation de la sécurité nationale. « Sur le fond, tout le monde est d'accord sur l'impérative nécessite. Sur la forme, le curseur est entre les libertés individuelles de chacun et la sécurité maximale d'un territoire, notamment en cas de terrorisme », explique Jacques Rit, qui ajoute que « les sensibilités des vingt-quatre élus ont été stimulées » sur cette loi.

« L'objectif est de ne pas entamer l'efficacité du texte », continue Laurent Nouvion, « et de sécuriser au maximum les libertés individuelles. Et que la Sûreté publique n'ait plus à coopérer avec les pays voisins dans un flou juridique qui n'est pas sécurisant. »

Extension en mer : une séance fin juin

 

Entouré par quatre élus de la majorité, Laurent Nouvion a reçu la presse hier midi.
Entouré par quatre élus de la majorité, Laurent Nouvion a reçu la presse hier midi. Photo Sébastien Botella

« Les échanges sur l'extension en mer n'ont jamais autant avancé », annonce Laurent Nouvion. Le dossier tient la priorité dans l'avenir et le développement du pays. Fin juin, une séance publique devrait être consacrée à l'étude de la loi de désaffectation nécessaire au feu vert du projet.

« La balle est aujourd'hui dans le camp du gouvernement. Nous voulons faire en sorte que la loi soit bien faite pour qu'elle soit le moins susceptible de recours. »

En filigrane, les élus espèrent obtenir de la part de l'opérateur, « des contreparties substantielles car nous considérons qu'il s'agit d'un projet semi-privé. Tout est à l'arbitrage et les choses évoluent tous les jours ».

Parmi leurs propositions de contreparties, une revalorisation du littoral depuis le Yacht-club, jusqu'au Larvotto. Mais aussi des garanties demandées au gouvernement en matière d'accélération de constructions domaniales.


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