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L'ambiance dans les QG de la région Paca

Mis à jour le 07/12/2015 à 08:06 Publié le 07/12/2015 à 07:45
Marion Maréchal-Le Pen, hier soir, au Pontet (Vaucluse).

Marion Maréchal-Le Pen, hier soir, au Pontet (Vaucluse). Franz Chavaroche

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

L'ambiance dans les QG de la région Paca

Maréchal-Le Pen veut saisir sa chance

À 20 heures, les portes du complexe sportif de Fargues, au Pontet (Vaucluse), s’ouvrent aux supporters de Marion Maréchal-Le Pen.Munis d’un carton d’invitation, ces militants, partenaires, soutiens et gens impliqués dans la campagne électorale du Front national en Paca sont presque moins nombreux que les journalistes arrivés dans l’après-midi, qui ont déjà rempli une grande partie de l’espace.

Sur deux écrans géants, le journal télévisé.à l’annonce des résultats partiels dans la région où la candidate vire en tête, les applaudissements fusent. Celle-ci se fait attendre. Le visage de sa tante Marine apparaît, en direct.L’image est chaudement applaudie. Quand le présentateur annonce que Christophe Castaner a décidé de ne pas se désister, les cris de joie saluent cette information.


La « star » de la soirée fait son entrée à 20h35, assaillie par une nuée de caméras et d’objectifs. « Marion, Marion, Marion! » scandent ses partisans sans la voir tant un épais cordon de reporters la suit jusqu’au plateau où elle enregistre sa réaction pour la télévision, évoquant « l’espoir et le changement » qu’elle incarne, « même si la gauche se retire ».Durant cet exercice, quelques militants sifflent en voyant Christian Estrosi prendre la parole sur les écrans, qui s’éteignent. Problème de liaison ou volonté du staff lepéniste?


Lentement, les tables décorées de nappes bleu-blanc-rouge se remplissent. L’interview terminée, Mme Maréchal-Le Pen quitte les lieux. Deux ou trois personnes chantent : « On est chez nous, on est chez nous! »

Moment d’hésitation et d’incertitude.Les invités présents, 250 personnes environ, se dirigent vers le buffet. Celui-ci est « aussi bon que la victoire » pour Tanguy, 33 ans, qui ne veut pas donner son nom mais indique qu’il est élu frontiste de Carpentras!

Une chance historique

Les informations sont à nouveau diffusées. On y apprend qu’à Fréjus, le FNfait plus de 50 % des voix. Une dame se lève, crie de joie, applaudit. Une habitante de la ville varoise?Non mais « j’étais militaire là-bas au 21e RIMa », raconte-t-elle.


22h05. La reine de la soirée arrive. Remerciant ses colistiers, ses militants et électeurs, Marion Maréchal-Le Pen veut confirmer dans une semaine.« Nous sommes prêts à diriger la région. Le 13décembre, une chance historique se présente.Je vous invite à la saisir avec nous ».

Et ses partisans de lui répondre en chœur « on est prêt, on est prêt »…Avant de chanter La Marseillaise.

Christian Estrosi hier soir dans son QG marseillais.
Christian Estrosi hier soir dans son QG marseillais. Luc Boutria

Estrosi un camp sous le choc

Les militants « Les Républicains » (LR) réunis hier soir au quartier général marseillais de Christian Estrosi s’attendaient à arriver derrière Marion Maréchal-Le Pen. Mais pas aussi loin derrière. Quinze points! Aussi, quand les premières estimations sont tombées sur les écrans de télévisions, un cri d’effroi a retenti dans la salle. « Ouh, la, la! »


Devant l’écart, les militants, pas très nombreux certes, sont sous le choc. Abattus comme après une déroute de l’Olympique de Marseille, dont le stade Vélodrome est tout proche. S’il accuse le coup, Patrick Thévenin, militant Modem, souhaite réagir. Peut-être comme pour mieux évacuer sa déception. Il déclare : « Il faut que les électeurs comprennent qu’on ne peut pas laisser une région comme Paca au Front national.

Le Parti socialiste doit se désister en faveur de Christian Estrosi. On est mieux placé qu’eux ». Même s’il rappelle qu’il « ne faut jamais baisser les bras en politique », Patrick Thévenin admet que « ce sera dur de refaire son retard ».

« Je ne suis pas très optimiste »

Même sentiment chez Raymond Mallet, militant LR : « Je ne suis pas très optimiste. Pas complètement pessimiste non plus. On a connu par le passé des retournements de situation. J’espère qu’il y aura une forte mobilisation dimanche prochain, mais la différence est telle – 15 points – que mon inquiétude est forte ».


Jérôme Pignoly, un badge « ça va changer » sur la poitrine, se dit « sonné par les résultats ». Mais il ne veut pas croire à une victoire du Front national dimanche prochain. « Je suis sûr que le score du FN ce soir va pousser les gens à se mobiliser. Christian Estrosi est le plus compétent pour présider la Région », déclare le jeune militant.


Quelques minutes plus tard, son « champion », le visage fermé, grave, sort de son « bureau de crise » pour faire sa déclaration devant les journalistes. « Il a fait le discours qu’il fallait faire », confie Jean-Claude Bocciolini, une figure locale de LR. « Mais avec 15 points d’écart, ce sera dur ». Et de lâcher : « Daesh a été un bon agent électoral pour le Front national ».

Décision douloureuse, hier soir àMarseille, pour le Parti socialiste.
Décision douloureuse, hier soir àMarseille, pour le Parti socialiste. Frank Muller

Castaner, arrivé 3e, finit par se retirer

C’est la plus mauvaise des configurations qui est apparue, hier soir à 20 h, au QG des socialistes, installés dans un bistrot des Docks des Sud à Marseille. Annoncé autour des 16 %, Christophe Castaner se retrouve non seulement en troisième position, ce qui était prévu, mais surtout très nettement distancé. Debout face à l’écran de télé, le sourire devient crispé mais ne faiblit pas. Ce ne fut que le début d’une soirée sous tension.


Première intervention, à 20h15, Christophe Castaner prend la parole, alors que cela n’était pas prévu si tôt. Et ce qu’il dit ne souffre guère d’ambiguïté. « Évidemment, l’heure est grave, parce que le FN est aux portes du conseil régional Paca. J’en appelle au sursaut, au réveil de chacune et chacun de nos concitoyens » entame le candidat socialiste.

Son analyse? « Je constate ce soir, que l’ensemble des forces de gauche, républicaines, démocratiques et écologistes sont supérieures à celles des candidats des Républicains. J’appelle l’ensemble des partenaires à se rassembler ce soir, ici, avec nous pour faire en sorte que le FN ne puisse pas gagner dans la région Paca. »

Bras de fer

Ici, tout le monde comprend que le PS se maintient au second tour. Ou en tout cas que Christophe Castaner ne compte pas se retirer. Très vite, des colistiers dans la salle assurent que la décision n’est pas prise définitivement. Pas encore. Les voix discordantes ne tardent pas à se faire entendre. Et la plus forte arrive de Paris. La consigne tombe : ordre de retrait. « Paris nous trahit. La décision a été prise sans nous! Si la gauche se retire ici, elle meurt et pour longtemps », réagit Fadela Aoummeur, colistière des Bouches-du-Rhône.


Commence alors un long bras de fer avec les instances nationales. À l’abri des regards, derrière une grande porte noire qui est restée close toute la soirée. Le suspense a duré jusqu’à 23h30. Devant une forêt de micros et caméras, Christophe Castaner finit par prendre la parole. Il s’est rangé aux consignes.


« La meilleure façon de résister, c’est de tout faire pour battre le FN ». Et « malgré la douleur, la tristesse de tous ceux qui ont mené campagne », il faut « tout faire pour faire barrage au Front national ». La décision a été « lourde », « difficile », « pendant six ans, il n’y aura plus de représentants de gauche au conseil régional ». Mais « avoir le sens des responsabilités, c’est se retirer ».

Une trentaine de sympathisants étaient réunis hier soir à la brasserie des Templiers de Marseille.
Une trentaine de sympathisants étaient réunis hier soir à la brasserie des Templiers de Marseille. Laurent Martinat

Camard/Coppola la résistance s’organise

« Une claque ». Les militants régionaux de l’union Europe Ecologie-Les Verts - Front de gauche en ont pris une petite, hier soir, à l’heure où les résultats des élections ont commencé à tomber. Réunis à la brasserie des Templiers de Marseille, transformée pour l’occasion en QG de campagne, les sympathisants de gauche avaient effectivement du mal à cacher leur « déception » et leur « amertume ».

Pourtant, le score réalisé par les partis regroupés autour de la bannière de la Région coopérative n’a pas non plus étonné grand-monde. « Avec les attentats, on pouvait s’attendre au pire », regrettait déjà Yannick, militant du Parti de gauche, tandis que les deux écrans télé sur lesquels étaient rivés une trentaine de militants commençaient à distiller les premières estimations du scrutin.

« Oh mon Dieu! » Le score réalisé par le FN au niveau national a vite plombé l’ambiance. « C’est quand même moins pire qu’ici », tentait, en vain, de relativiser une sympathisante. « On s’est fait voler des voix avec l’Alliance écologiste indépendante », réagissait un autre militant, l’air agacé et abattu. Pourtant, on voulait y croire dans les rangs de l’alliance de gauche.

« Pendant toute la campagne, on a appelé à un sursaut citoyen, rappelait Dorian Hispa, candidat EELV dans les Bouches-du-Rhône. Mais on a plus assisté à une réaction sécuritaire et le sursaut a eu lieu, mais dans le mauvais sens ». Tous regrettaient : « Les enjeux régionaux sont passés à la trappe », faisant évidemment écho à la campagne sécuritaire menée par certains.

« Il fait nuit dans les urnes »

Alors que les images de Marion Maréchal-Le Pen acclamée au Pontet déclenchaient quelques huées « pour se redonner le moral », les têtes étaient déjà tournées vers le second tour. Accueilli comme il se doit par ses militants, le binôme Sophie Camard (EELV) - Jean-Marc Coppola (Front de gauche) a donc tenté de remobiliser les troupes en vue de dimanche prochain.

« Le problème, analysait l’ancien cheminot Coppola, c’est que même si on a mené une belle campagne, nous n’avons pas été audibles sur notre projet régional ». « Il n’est pas question de laisser faire la droite et l’extrême-droite, vu l’état d’alerte sociale et démocratique de notre pays. Aujourd’hui, c’est l’heure de vérité ».

Pour Sophie Camard, qui parle de « nuit dans les urnes » en référence au score du FN, c’est la démocratie qui est en jeu. Et la candidate écologiste d’annoncer que « la bataille n’est pas finie. Il faut maintenant rentrer en résistance », a-t-elle martelé à ses sympathisants, récoltant au passage une petite vague d’applaudissements, timides mais sincères.

« Une chance historique »

Marion Maréchal-Le Pen
Front national

« Mes amis, le score de ce soir est historique, tout simplement extraordinaire. Nous sommes extraordinairement heureux de ce score qui nous honore et nous oblige à la fois. Nous sommes le premier parti de France. Le vieux monde des politiciens est mort, la République leur a donné une leçon. Nos compatriotes n’ont pas eu peur. Ils n’ont pas choisi les vieux rentiers de la politique.
Nous sommes prêts à diriger la région. Le 13décembre, une chance historique se présente.Je vous invite à la saisir avec nous ».

« J’appelle à faire bloc »

Christian ESTROSI
Les Républicains

Les électrices et les électeurs ont exprimé leur colère et leur exaspération. Je les comprends face à des promesses non tenues depuis trop longtemps. Notre liste est la seule alternative possible à l’extrême droite. Le score de Marion Maréchal-Le Pen fait peser pour notre Région (...) la plus grosse menace qu’ait jamais connue notre histoire politique (...).  Cette région ne doit pas être le laboratoire du sectarisme, de la violence, de la négation du droit des femmes et des valeurs de la République. Quel que soit votre vote, je vous appelle à faire bloc dans l’intérêt de notre Région.

« Faire barrage au FN »

Christophe CASTANER
Parti socialiste

« Les idées du FN sont les ennemis de tout ce que nous représentons dans notre engagement politique. Ce soir, je prends une décision lourde, difficile. Je pense au peuple de gauche qui va se retrouver sacrifié pendant six ans. Qui n’aura plus de représentant au conseil régional. Mais il nous faut, et c’est cela aussi être socialiste, avoir le sens des responsabilités. Avec peine, je prends mes responsabilités en me retirant et j’appelle à faire barrage au Front national. Parce que je ne me trompe jamais de combat et je fais la différence entre mes adversaires et mes ennemis. »

« La politique est en crise »

Sophie CAMARD
EELV-FdG

« Le gros score du FN s’est malheureusement confirmé. Pour nous, il fait nuit ce soir et il fait nuit dans les urnes. Ces résultats montrent que la politique est profondément en crise. Ce n’est pas en confrontant chrétiens et musulmans qu’on réussit à faire baisser le chômage ou relever le pays. Maintenant, il faut entrer en résistance contre la droite. On va discuter avec Christophe Castaner de la stratégie à mener pour le second tour mais il n’est pas question de capituler pour ne pas tuer la démocratie. La bataille et le débat politiques ne sont pas terminés ». 

« Pas de consignes »

Jean-Marc GOVERNATORI
Alliance écologiste
indépendante

« C’est un bon score pour l’Alliance Écologiste Indépendante. Et sans les attentats nous aurions même pu dépasser les 5 %. Notre liste est la seule à se positionner au-delà du clivage traditionnel gauche-droite. Nous avons déjà été appelés par les trois grands partis. Mais nous ne donnerons pas de consignes de vote à nos électeurs. Ce sera une suggestion. C’est une vraie responsabilité pour l’Alliance Écologiste Indépendante. Nous nous déterminerons au plus tard lundi. À l’issue, d’une nuit qui sera longue. »

« Ils en ont marre » 

Noël Chuisano
Debout la France

« Nous sommes déçus de notre résultat, mais nous sommes parvenus à être représentés dans toutes les régions. La poussée de l’extrême-droite complique la situation pour la France. Sur le terrain, nous avions pu mesurer la difficulté de convaincre les électeurs. Certains n’étaient pas inscrits sur les listes électoralesou avaient fermement décidé de ne pas aller voter. D’autres ont dit clairement qu’ils en avaient marre de ce “ système ”. Pour le second tour, notre bureau national se positionnera aujourd’hui ».

« Évolution réactionnaire »

Isabelle BONNET
Lutte ouvrière

« Les résultats reflètent l’évolution réactionnaire de la société en même temps que la désorientation de l’électorat populaire et la perte de repères de la classe ouvrière (...) Tout en rejetant le Front national, il n’est pas question pour Lutte ouvrière de défendre auprès de son électorat l’idée que des hommes de droite, avec des idées aussi crasseuses, puissent servir de rempart contre le parti d’extrême-droite. Quant à voter pour une liste socialiste (1), cela ne servirait à rien et ce serait remercier le PS d’avoir fabriqué le succès de l’extrême-droite. »
1. Réaction recueillie avant le retrait de la liste PS et alliés de Christophe Castaner.

« Prêt à soutenir Marion »

Jacques Bompard
Union des droites

« Mon score est magnifique, trois fois supérieur à ce que donnaient les sondages! On a assisté à une élection nationale avec une campagne qui n’a promu que les grands candidats.Les médias ont fait la promo des candidats du Front national pendant que les candidats opposés au FNfaisaient la campagne du Front. J’ai aidé Marion depuis qu’elle est arrivée dans le Vaucluse.Elle nous a déclaré la guerre au lendemain des sénatoriales sous prétexte qu’on ne s’est pas entendus.Si elle dépose la hache de guerre, on sera prêt à la soutenir. »

« Un ras-le-bol »

Cyril JAMY
Nouvelle donne

« Nous sommes évidemment déçus de notre score sur la région, mais le système n’est pas égalitaire et il est très difficile de faire entendre notre vraie alternative. Le résultat de ce premier tour est assez révélateur du ras-le-bol d’une politique menée depuis 30 ans par la gauche et la droite. C’est le résultat de leur travail. Le FN n’a pas cessé de monter et, malgré cela, ils n’ont rien changé. Pour le second tour, on maintient ce que l’on avait dit : aucune consigne de vote. Les électeurs sont suffisamment intelligents pour décider ».

« Réponse responsable »

Michel Vauzelle
Président sortant PS

Hier soir dans un communiqué le président de la Région PACA a indiqué avoir « pris connaissance des décisions du Parti socialiste » et considérait « que la défense de la République nécessitait cette réponse responsable ».

« Satisfaits »

Daniel Romani
Union populaire républicaine

« Nous sommes satisfaits de notre score en progrès par rapport aux Européennes. Vu le peu de visibilité médiatique, les gens qui ont voté pour nous l’ont fait en toute connaissance de cause. »

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