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La rentrée politique sans compromis de Jean-Louis Grinda (Union monégasque)

À 15 jours de la première séance publique du budget rectificatif, l’élu UM explique ses positions notamment sur le budget rectificatif, le cadre de vie et le contrat de vie commune.

Joëlle Deviras Publié le 23/09/2019 à 11:45, mis à jour le 23/09/2019 à 08:32
Jean-Louis Grinda, élu Union Monégasque : « En tant que président de la commission pour le Suivi du Fonds de Réserve Constitutionnel, je me sens comptable du bas de laine des Monégasques. J.D.

Jean-Louis Grinda est l’unique élu Union monégasque dans l’hémicycle mais il sait toutefois occuper pleinement sa place de conseiller national de la minorité. Il défend, avec un enthousiasme constant, ses idées et ne lâche rien pour dire et redire ses positions même s’il est seul contre tous.

Deux semaines avant que ne débutent les séances publiques qui conduiront au vote du budget rectificatif de l’État pour 2019 le 17 octobre prochain, et avant les séances législatives d’automne, il a fait, devant la presse, un tour d’horizon des sujets d’actualité.

"Le budget rectificatif n’est pas le résultat réel"

Sur les comptes publics, Jean-Louis Grinda a tenu d’ores et déjà à expliquer ou réitérer ses positions.

"Comme tous les ans, le budget rectificatif sera très éloigné du résultat réel de l’année civile tel qu’il nous est présenté au printemps lors d’une commission plénière d’études (CPE) - qui n’est donc pas une séance publique. On doit être un des seuls pays au monde à ne pas voter le résultat de son budget. Comme nous l’avons souvent exprimé avec le groupe Union Monégasque, l’entièreté des dépenses publiques n’est pas comprise dans le budget et ce n’est pas conforme à la constitution. Stéphane Valeri a eu le courage et l’élégance de me confier la présidence de la commission pour le Suivi du Fonds de Réserve Constitutionnel (FRC) et la Modernisation des Comptes Publics - ce qui est politiquement intelligent - et nous travaillons ensemble."

 

Cette casquette qui l’amène à être un observateur avisé du fonctionnement comptable du budget de l’État conduit Jean-Louis Grinda à explique: "Le FRC va nous racheter 100 millions d’actions de la SBM pour équilibrer le budget. Cet argent sera dépensé pour le plan logemen ; très bien. Mais dans ce cas, le FRC n’est-il pas considéré par le gouvernement comme un budget bi ; une fois de plus? Cette pratique ne me semble pas tout à fait orthodoxe. En tant que président de la commission pour le Suivi du Fonds de Réserve Constitutionnel, je me sens comptable du bas de laine des Monégasques. Il y a une vraie déviation sur le rôle du FRC qui possède 2,2 milliards de liquidités et 2,8 milliards d’immobilités."

Une caisse autonome pour la retraite des fonctionnaires

Sujet de désaccord de l’élu Union Monégasque toujours en relation avec le FRC: la retraite des fonctionnaires. "Je veux une caisse autonome qui garantisse aux fonctionnaires leur retraite. Le gouvernement veut se servir encore une fois du FRC. Moi, je ne suis pas d’accord avec cela."

Mais le dossier qui inquiète le plus, dans l’immédiat, Jean-Louis Grinda, c’est le litige de l’Esplanade des Pêcheurs. "Le Tribunal suprême a tranché et a statué in fine. Un accord doit être trouvé entre le gouvernement et le promoteur. Je n’en vois aucun signe. Et je ne vois aucune provision dans le budget rectificatif. Si le gouvernement a à payer, il va encore le prendre dans le FRC. Ça ne va pas! Il s’agit d’une opération publique; ça doit donc relever du budget. Il y a eu les fantaisies de Testimonio II et les échanges entre le gouvernement et le promoteur. Monaco est le seul pays où les constructions poussent sans que ce ne soit inscrit au budget ! Je m’oppose frontalement à ce que le FRC soit utilisé comme un budget bis."

Qualité de vie: "Primo n’a pas fait preuve de discernement"

Durant la campagne électorale, les trois groupes politiques en lice étaient unanimes pour expliquer la nécessité de retrouver une qualité de vie détériorée par les travaux, la circulation automobile difficile et l’ensemble des nuisances qui y sont liés. Sur le sujet, Jean-Louis Grinda est intarissable, certainement parce qu’il a une sensibilité personnelle réelle sur la question mais aussi parce qu’il a été, durant cinq ans, président de la commission pour le Cadre de vie et l’Environnement.

 

"Tout le monde est d’accord pour dire que c’est insupportable : les Monégasques n’en peuvent plus, les résidents n’en peuvent plus, les pendulaires n’en peuvent plus." Mais cette unanimité politique n’a pas fait naître une position identique en 2018.

Jean-Louis Grinda explique. "L’année dernière, la nouvelle majorité dit que c’est une priorité et annonce avoir obtenu deux arrêtés ministériels. Je rappelle également que lors du budget rectificatif 2018 il y a un an, le président de la commission de l’époque n’a pas voté ce budget pour protester contre la qualité de vie en Principauté qui s’était considérablement détériorée depuis cinq ans. Or, le président et la majorité ont voté comme un seul homme la ligne "Travaux publics" deux mois plus tard. On savait bien que les arrêtés ministériels ne seraient pas appliqués et ils étaient, de toute façon, très largement insuffisants. C’était un écran de fumée. J’ai été le seul a ne pas voter ce chapitre. La majorité aurait pu, fidèle à sa ligne, voter contre ou s’abstenir comme un signal d’alarme. Rien du tout ! Primo, et Horizon Monaco également, ont voté ce chapitre. Aujourd’hui, on ne constate évidemment aucune amélioration. Il aurait fallu prendre des décisions beaucoup plus volontaristes. Le président Stéphane Valeri s’empare du sujet et fait une grande enquête d’opinion. Pourquoi puisqu’aux dernières élections, tout le monde était d’accord sur la dégradation de la qualité de vie? Pour des raisons politiques, la majorité a choisi de soutenir le gouvernement sur le chapitre Travaux publics. Je trouve qu’elle n’a pas fait preuve de discernement. Elle a été au mieux complice ; au pire elle a fait preuve d’une légèreté coupable. Nous avons perdu un an. Je pense que politiquement Primo a fait une faute vis-à-vis de Monégasques. Aujourd’hui, elle essaie de récupérer le sujet. Je soutiens cette démarche évidemment parce que le gouvernement nous rétorque sans cesse que nous exagérons. Stéphane Valeri invite le gouvernement à changer de braquet ; moi je l’invite à changer de vélo."

contrat de vie commune: "Ce que propose le gouvernement est un voyage en absurdie"

Jean-Louis Grinda a commencé sa conférence de presse en évoquant un texte qui lui tient à cœur puisqu’il en a été "le dépositaire et premier signataire en juin 2013" : le contrat de vie commune (CVC).

Que nul ne se méprenne, ce "Pacs à la monégasque" a été d’emblée pensé pour les couples homosexuels.

 

"Aujourd’hui, on se rend compte que le gouvernement, pour des raisons que je n’arrive pas bien à comprendre, semble suivre les positions de Monseigneur Bernard Barsi en voulant inclure les familles dans le contrat de vie commune." Jean-Louis Grinda tient exactement la même position que la majorité Primo! du président du Conseil national Stéphane Valeri.

"C’est un contrat civil qui ne singe pas le mariage. La majorité à rajouter des droits pour les concubins et nous sommes d’accord. Ils sont légitimes. Ce que propose le gouvernement est un voyage en absurdie totale et je refuse absolument de tomber là-dedans. Nous ne sommes absolument pas dans la sphère religieuse mais dans le civil. Le CVC n’est en aucun cas un mariage bis."

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