La question du désengagement de l’État s’invite aux débats

Le conseil communautaire de l’agglomération Provence verte s’est déroulé hier dans un climat plutôt serein, jusqu’à cette intervention de Jean-Pierre Véran à propos de la gendarmerie…

Romain Alcaraz Publié le 10/12/2021 à 20:15, mis à jour le 10/12/2021 à 20:13
Jean-Pierre Véran, maire de Cotignac, a ajouté un point à l’ordre du jour, pour une discussion intéressante portant sur le rôle des collectivités locales. Hélène Dos Santos / Nice Matin

Alors que le conseil communautaire touche à sa fin, après moins d’une heure de discussions plutôt apaisées, Didier Brémond, président de l’agglomération Provence verte, lève la tête: "Autre chose avant de clore la séance?" Sur sa droite, Jean-Pierre Véran se manifeste. Il s’apprête à lancer une longue discussion pas inintéressante sur le désengagement de l’État. Personne n’est prêt, mais beaucoup vont réagir. Un thème très politique, aux enjeux multiples, pour des échanges francs et des positions tranchées. Rien n’est simple, mais en parler reste le meilleur moyen de s’approcher d’une solution. Et c’est peut-être aussi à ça que servent les réunions d’élus.

"Je veux vous parler de la gendarmerie de Cotignac", commence le premier magistrat du village. Annoncé en 2017, le projet est aujourd’hui bien avancé: un terrain a été trouvé et des financements engagés. "La commune, l’agglomération, le Département, la Région, l’État…" Tous ont mis – un peu – la main au portefeuille. Mais ce n’est pas suffisant aux yeux de Jean-Pierre Véran. Qui ne va pas tarder à recevoir le soutien de ses collègues.

Michel Gros: "Victime de la gendarmerie"

"Je suis moi-même victime de la gendarmerie!" Par cette formule provocatrice, Michel Gros, maire de La Roquebrussanne, exprime sa propre colère, alors que "cette gendarmerie plombe [s] a capacité à financer [s] es projets". Il poursuit: "À l’origine, quand nous avons installé la gendarmerie chez nous, le coût était de 3 millions d’euros par an. On est à 6 millions€ aujourd’hui." Et de conclure: "J’invite Cotignac à beaucoup de prudence."

 

Juste avant, Franck Pero, maire de Bras, avait déjà pesté contre le désengagement de l’État: "Je trouve ça scandaleux que des infrastructures dépendantes des compétences de l’État soient financées par les collectivités locales. Le foncier, d’accord, mais ensuite, c’est à l’État de faire face aux dépenses qui lui sont propres." Son point de vue est du genre catégorique: "Il vaut mieux dire “non" maintenant. »

Face à ces griefs, Didier Brémond reste mesuré. "Je suis d’accord sur le fond, à 1.000%. Mais il faut quand même prendre en compte que la difficulté, elle est sur notre territoire." Et ça ne va pas en s’arrangeant. "On voit déjà ce qui se passe avec les impôts qui ferment à Saint-Maximin et à Barjols. Alors si ça doit aussi se faire avec la gendarmerie, ça voudra dire qu’on n’aura plus de sécurité sur le territoire, et c’est impossible. Donc on mettra davantage de police municipale."

Pour le président de l’agglo, il faut savoir raison garder. "Je suis d’accord avec vous: ce n’est pas normal. Mais on doit montrer qu’on est prêts à discuter. On doit défendre ce qu’on a à défendre, mais faire attention de ne pas se braquer. Car l’État, si on va au bout de la démarche, peut très bien se désengager complètement."

Une tentative d’apaisement qui ne convainc toutefois pas tout le monde: "C’est une compétence totalement extérieure à celles de notre collectivité, lance Jean-Michel Constans. On ne doit pas mettre le doigt dans l’engrenage: la gendarmerie, nous n’avons ni à la construire, ni à la gérer."

Didier Brémond: "Protéger les habitants"

 

Michel Gros également: "On ne peut pas continuer à être “menacé". Moi, je ne sais pas comment m’en sortir. Mon cas doit servir d’exemple. »

Une piste à explorer pourrait être celle de la coordination avec l’autre établissement public qui profitera de la gendarmerie de Cotignac: la communauté de communes Provence Verdon, pour huit de leurs communes. "Une réunion est programmée pour aborder la question, en présence des deux présidents et du sous-préfet, qui est à l’écoute de la problématique", souligne Jean-Pierre Véran. "La balle reste dans le camp de l’État."

Didier Brémond reprend: "Le rôle des élus, c’est aussi de protéger les habitants. On doit pouvoir engager la discussion avec l’État. Réfléchir."

Réfléchir, sur une problématique pas simple, impactant la vie des administrés, c’est ce qu’ont fait les élus collectivement hier matin. Sans forcément se mettre d’accord. Sans forcément trouver des solutions. C’est aussi – et surtout – ça, la politique.

 

 

Les enjeux

 

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