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"La mandature s'est arrêtée le 7 octobre"

Pour les minorités UM et Renaissance, le constat est sans appel : le vote du budget rectificatif a signé le début de la fin pour le président du Conseil national

Joëlle Deviras Publié le 09/03/2016 à 05:08, mis à jour le 09/03/2016 à 05:08
Jean-Louis Grinda (Union Monégasque) et Eric Elena (Renaissance). Photos E.D. et C.D.

Une majorité qui vole en éclats autour de la personne de Laurent Nouvion. Et une minorité qui espère enfin du renouveau le mois prochain avec l'élection du président. Voici le triste tableau du Conseil national aujourd'hui. Triste parce que, aux yeux de tous, opposition y compris, « on a besoin d'un Conseil national qui fonctionne », pour reprendre les termes du ministre d'État Serge Telle (lire notre interview de samedi dernier).

Or, la minorité n'a cessé de le répéter : « Le conseil national, dans son ensemble, est une terrible défaite », dixit Jean-Louis Grinda, élu Union Monégasque, le 7 décembre dernier en séance publique. Eric Elena, conseiller national de la minorité Renaissance, l'affirme également : « Le Conseil national tourne au ralenti ; c'est l'évidence même. Le système est totalement grippé. »

En décembre, lors de sa déclaration de politique générale, Jean-Louis Grinda, qui ne souhaite pas, pour l'heure, s'exprimer, proposait une solution, « la seule qui vaille » à ses yeux : « Reconnaître l'échec et s'employer au plus vite à créer les conditions politiques d'un nouveau départ avec le gouvernement (...). Ne pouvant faire du neuf avec du vieux, ce nouvel élan ne pourra se concrétiser qu'au prix d'une recomposition de la majorité pour laquelle le groupe Union Monégasque se déclare disponible sans aucune contrepartie politicienne car notre conviction est que la gravité du moment impose la seule prise en compte de l'intérêt général. »

« Il méprise son propre camp »

Eric Elena, qui avait voté en faveur de Laurent Nouvion l'année de la victoire d'Horizon Monaco comme un « gage de confiance », est désabusé. « Je voterai contre Nouvion si quelqu'un se présente en face de lui. Avec le président actuel, ça n'a jamais fonctionné. Je comprends la colère des élus. Laurent Nouvion a méprisé la minorité. Et maintenant, il méprise ceux de son propre camp. »

 

Point d'orgue de la discorde : le budget rectificatif 2015 voté le 7 octobre. « Le président a fait un enfant dans le dos aux élus de son propre camp », explique Eric Elena. Et Jean-Louis Grinda notait dès décembre : « Historiquement, jamais le rôle du Conseil national n'a été aussi rabaissé, à tel point que l'on peut considérer que la mandature s'est terminée au soir du 7 octobre dernier. »

Si Laurent Nouvion décidait de jeter l'éponge, ou s'il devait céder sa place à un autre candidat (son vice-président Christophe Steiner par exemple, ou peut-être Jean-Charles Allavena, Marc Burini ou encore, moins probablement, Thierry Poyet), qu'adviendrait-il de l'échiquier politique ? Peut-être juste un lissage des partis plus qu'une recomposition. Car les Monégasques ont voté pour une liste. Et les élus qui la composent s'en revendiquent tous. Car il ne s'agit pas d'un problème de politique mais bien de personnes…

L’Horizon pas si bouché

En février 2013, 5088 Monégasques s’étaient déplacés aux urnes pour choisir leurs futurs conseillers nationaux. Avec près de 51 % des voix et 20 sièges sur 24, rien n’aurait laissé croire que trois ans plus tard, la majorité Horizon Monaco serait dans une telle tourmente… Mais voilà, aujourd’hui, Laurent Nouvion est fragilisé, au sein même du mouvement leader de sa majorité: Rassemblement & Enjeux (R&E), parti qu’il a fondé et dont il est le président d’honneur.
Que deviendrait Horizon Monaco si le président du Conseil national devait passer la main ou décidait de jeter l’éponge? Il semble difficile de croire à une recomposition de l’échiquier politique. Pour au moins deux raisons.

D’une part, les querelles récurrentes ne se sont jamais concrétisées par des claquements de portes des groupes politiques. Les vingt conseillers nationaux de la majorité ont été choisis par leurs compatriotes sur la liste Horizon Monaco. Ils leur restent fidèles, quelles que soient les dissensions internes. Ainsi, à titre d’exemple, malgré ses positions franches contre Laurent Nouvion dès 2014, malgré sa démission de la présidence de Rassemblement & Enjeux (R&E), Jean-Charles Allavena est toujours resté un élu R&E. Il a même voté en faveur de Laurent Nouvion en 2015 et a été reconduit dans ses fonctions de président de la commission des Relations extérieures; et ce, alors que la tension était très déjà forte entre les deux hommes.

 

Par ailleurs, les séances publiques l’ont démontré, les élus de différentes étiquettes partagent régulièrement des vues concordantes tandis que les élus d’un même camp s’affrontent parfois. Quid de l’identité de chaque mouvement et de chaque groupe dans ce cas? Quid des différentes couleurs politiques?
Si le président du Conseil national devait céder son fauteuil en avril prochain, fort est à penser qu’il s’agirait davantage de définir un rééquilibrage interne à chaque groupe plutôt que d’une recomposition de l’échiquier politique avec des élus qui quitteraient leur parti pour en rejoindre un autre. Du moins jusqu’en 2018…

Offre numérique MM+

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