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"La France peut se retrouver devant un tournant" selon Thierry Montbrial, président de l'Institut français des relations internationales

Mis à jour le 06/04/2017 à 12:14 Publié le 06/04/2017 à 05:57
Thierry de Montbrial était l’invité de la Monaco Méditerranée Foundation, lundi 3 avril, à l’Hermitage.

Thierry de Montbrial était l’invité de la Monaco Méditerranée Foundation, lundi 3 avril, à l’Hermitage. Photo Jean-François Ottonello

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"La France peut se retrouver devant un tournant" selon Thierry Montbrial, président de l'Institut français des relations internationales

Le président de l'Institut français des relations internationales, Thierry de Montbrial, a été invité par Monaco Méditerranée Foundation pour évoquer la campagne électorale française

Thierry de Montbrial a une vision de l'intérieur et en même temps le regard éloigné.

Le fondateur et président de l'Institut français des relations internationales (Ifri) vient d'animer une conférence sur le thème "Élection et politique étrangère de la France".

La rencontre a eu lieu à l'Hermitage, pour la Monaco Méditerranée Foundation présidée par Enrico Braggiotti. Quelques jours avant le premier rendez-vous des Français dans l'isoloir, Thierry de Montbrial analyse les postures et positionnement des principaux candidats.

"Marine le Pen à toutes les chances d'être la première en score le 23 avril. Elle pourrait même l'emporter au second tour." Quant à l'élection de François Fillon, selon Thierry de Montbrial, elle est "peu probable".

"Ce n'est pas tellement les programmes qui comptent. Je regarde les basic instincts." Le président de l'IFRI s'est donc attaché davantage aux tempéraments et aux filiations qu'aux programmes. Parmi les cinq "principaux" candidats, il distingue deux groupes. Ceux qui sont "dans le système", et ceux qui sont en rupture.

Fillon, Macron : dans le système

"Deux candidats sont essentiellement dans le prolongement des soixante dernières années : Fillon et Macron. Avec des nuances certes. François Fillon, assez gaulliste, a la réflexion la plus aboutie. Il n'a pas seulement réfléchi à ses costumes mais aussi à ses programmes. Assez gaulliste, il a la vision d'une Europe qu'il faut corriger ; ce ne veut pas dire être conservateur. Emmanuel Macron, lui, a la vision d'un centriste de gauche. Il veut maintenir l'UE et l'Alliance atlantique par un dialogue ouvert mais exigeant. On ne peut pas lui en vouloir considérant son âge."

Dans le groupe des trois autres, "le cas d'Hamon est intéressant. Il est politiquement correct sur l'UE et l'Alliance atlantique ; en dehors de l'épure du point de vue économique. Il y a une incompatibilité." Et de plaisante: "Ses basic instincts sont tragiquement mauvais. Sans doute serait-il le premier surpris s'il devait être élu. Après tout, dans ce monde un peu fou, n'importe quoi peut arriver!"

Marine Le Pen "eut être élue"

Comme Georges Marchais en son temps, Jean-Luc Mélenchon est vu par Thierry de Montbrial comme "un personnage". Si le secrétaire général du parti communiste français était si populaire, c'est "parce qu'il n'avait aucune chance d'accéder au pouvoir. Si d'aventure nous nous trouvions dans une situation où les chances de Mélenchon étaient réelles, nous le trouverions nettement moins sympathique." Mais avec le candidat de "La France insoumise", ce serait "retrait de l'UE, de l'OTAN, sortie de l'euro et protectionnisme".

Thierry de Montbrial regarde avec beaucoup plus de sérieux et de crainte le parcours de la candidate du Front national. "Elle est très forte et redoutablement efficace. Or, les Français votent pour des personnalités. Instinctivement, elle veut une France seule. Mais elle est en train de nuancer ses positions sur l'Europe et l'Alliance Atlantique. En ce sens, on peut dire qu'elle a mis un peu d'eau dans son vin car, contrairement à son papa, elle veut être élue. Elle cherche donc à adoucir son langage."

Alors qui pourrait l'emporter ? Thierry de Montbrial a bien une idée mais insiste aussi sur tous les possibles de cette folle campagne.

"Nous pouvons nous retrouver devant un véritable tournant. La question de la survie de l'UE est clairement en jeu. C'est la première fois que la possibilité de rompre avec cet ordre post-guerre mondiale est ouvertement évoquée."

Car, du fait d"'une révolution technologique non maîtrisée et à la mondialisation", du fait de "l'explosion des rémunérations des dirigeants reléguant les chefs d'état au rang de vassaux", "l'ensemble des démocraties libérales se trouve en profond désarroi."

Et les paradoxes s'enchaînent: "Après Berlusconi en Italie, c'est un chef d'entreprise richissime que l'on a élu aux États-Unis." Et peut-être le mois prochain, ce sera le tour de la France avec "le jeune Macron, produit de l'élite"…


Savoir +
À lire Notre intérêt national: quelle politique étrangère pour la France?, par Thierry de Montbrial et Thomas Gomart. Editions Odile Jacob, janvier 2017. Prix: 24,90 euros.


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