Le nouveau président de la Communauté d'agglomération de la Riviera française, Jean-Claude Guibal, l'avait annoncé le jour même de son élection. Lors des Assises du développement de la Carf, prévues pour la fin d'année, la collectivité sera en mesure de rendre public son « Projet de territoire ». Terme assez vaporeux qui renvoie pourtant à l'avenir concret des quinze communes concernées.
Une première étape a été franchie, jeudi, avec une séance de travail entre élus. Durant laquelle le responsable a présenté les grandes orientations à mener.
Explications.
Qu'est-ce qu'un
projet de territoire ?
« Il s'agit d'anticiper ce que peuvent être les investissements, mais aussi les différentes actions, la communication à mettre en place d'ici à 10 ou 20 ans pour que notre territoire devienne ce que l'on souhaite qu'il soit », explique le député-maire de Menton. En intégrant, précise-t-il, toutes les caractéristiques propres à la Carf. Géographie physique et humaine, morphologie…
« Beaucoup de communautés d'agglomération ne font pas de projet de territoire », reconnaît le président. Attaché, lui, à ce qu'un tel document puisse « donner un sentiment d'appartenance à ceux qui y vivent ». Plus seulement à l'échelle d'une commune.
Quelles finalités ?
« Bien-être ». « Prospérité ». « Préservation du cadre de vie ».
Les principaux objectifs visés par le projet de territoire sont « un peu évidents », sourit Jean-Claude Guibal.L'idée est plus globalement de « transformer la collectivité - au sens financier - en un projet concret. Pour qu'il ne s'agisse plus d'une structure hors sol, voire technocratique ».
Quelle identité ?
« Nous sommes dans un territoire qui allie littoral méditerranéen et montagne alpestre ; un territoire enclavé, quasi insulaire, situé entre deux frontières », définit le président. Pointant du doigt combien les résultats du premier tour de la Présidentielle, étudiés par des spécialistes en géographie électorale, sont évocateurs : « Ils analysent le vote de l'est du département comme celui d'une population périurbaine et rurale. » Et de fait, le territoire de la Carf a « une part importante de ruralité dans son ADN », commente Jean-Claude Guibal. Ajoutant que le secteur a pour autre particularité d'être difficile à bâtir et à valoriser. « Aménager des voies de circulation, reconstituer des paysages, lutter contre les risques naturels sont des choses coûteuses, à la rentabilité non immédiate… »
50 % des actifs travaillent par ailleurs en Principauté. Tandis que 40 % de l'habitat est constitué de résidences secondaires.
Comment se développer ?
Selon le responsable de l'institution, l'enjeu principal sera de construire une image à coller au territoire. « À ce jour, la Carf n'en a pas. Or, le tourisme fonctionne ainsi. Il faudrait pouvoir travailler avec une agence de communication à qui l'on donnerait des indications. » En vue de se différencier des autres espaces. « Nous avons pour souhait d'être un territoire équitable, mais pas homogène », résume-t-il. Comment ? Par la reconquête d'une vocation agricole, un plan de relance de l'économie historique, le soutien aux commerces de proximité, la valorisation des métiers traditionnels, une offre d'accueil couvrant toute la gamme, par de l'événementiel. Ainsi que par l'accès au numérique pour chacun.
Quelle économie ?
Jean-Claude Guibal part d'un constat : le citron n'est pas suffisant pour rendre la Carf identifiable. D'autres axes de développement économique doivent être trouvés. « Nous avons pensé à construire une filière "santé, nutrition, bien-être"». Et pourquoi ne pas se tourner, vers la silver économie ? Ou vers une valorisation de l'eau des vallées ?
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