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Joe Biden sonne le "retour" d'une Amérique ouverte sur le monde

Mis à jour le 24/11/2020 à 21:09 Publié le 24/11/2020 à 21:10
Joe Biden lors de la présentation des premiers grands noms de son futur gouvernement, le 24 novembre 2020 à Wilmington, dans le Delaware

Joe Biden lors de la présentation des premiers grands noms de son futur gouvernement, le 24 novembre 2020 à Wilmington, dans le Delaware AFP / CHANDAN KHANNA

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Joe Biden sonne le "retour" d'une Amérique ouverte sur le monde

Le président élu Joe Biden a proclamé mardi que l'Amérique était "de retour, prête à guider le monde", en présentant les poids lourds qu'il a choisis pour mener la diplomatie et la sécurité dans son futur gouvernement.

Tous masqués et à distance de précaution, Covid-19 oblige, sur une grande scène dans son fief de Wilmington, le démocrate de 78 ans a présenté les six premiers grands noms désignés pour l'accompagner à son arrivée à la Maison Blanche, le 20 janvier.

Avec en message-clé le retour du multilatéralisme, contre-pied de "l'Amérique d'abord" prôné par Donald Trump. Et sa "détermination" à lutter contre le changement climatique.

"C'est une équipe qui reflète le fait que l'Amérique est de retour, prête à guider le monde et pas à s'en retirer", a déclaré Joe Biden, accompagné de sa future vice-présidente Kamala Harris.

Cette première salve de nominations comprend plusieurs personnalités chevronnées ayant servi sous Barack Obama, comme Antony Blinken, futur chef de la diplomatie.

"Nous ne pouvons pas résoudre seuls les problèmes du monde, nous devons travailler avec les autres pays", a affirmé cet ex-numéro deux du département d'Etat, soulignant le besoin de "coopération" et de "partenariat" avec les pays étrangers.

"Le multilatéralisme est de retour, la diplomatie est de retour", a renchéri la future ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield.

"Menace existentielle"

Signalant son engagement à lutter contre la "crise climatique", le futur 46e président des Etats-Unis a créé un rôle d'émissaire spécial pour John Kerry, ex-chef de la diplomatie américaine, afin qu'il "mobilise pour affronter" cette "menace existentielle".

Donald Trump arrive pour un discours non annoncé dans la salle de presse de la Maison Blanche, le 24 novembre 2020
Donald Trump arrive pour un discours non annoncé dans la salle de presse de la Maison Blanche, le 24 novembre 2020 AFP / MANDEL NGAN

"Je ne sous-estime pas une seule seconde les difficultés à respecter mes engagements audacieux", a lancé le président élu, qui a promis de revenir dès le premier jour de son mandat dans l'accord de Paris et de parvenir aux Etats-Unis à la neutralité carbone en 2050.

"Mais en même temps, personne ne devrait sous-estimer une seule seconde ma détermination à le faire".

John Kerry, qui avait lui-même signé, au nom des Etats-Unis, l'accord sur le climat négocié en 2015, a pour sa part appelé la communauté internationale à encore "plus d'ambition", affirmant que cet accord n'était pas "à lui seul (...) suffisant".

Disant vouloir donner une plus grande place aux femmes et aux minorités, l'ancien vice-président de Barack Obama a désigné plusieurs pionniers, avec le premier Hispanique à la tête de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, et la première femme à la tête des services de renseignement, Avril Haines.

Sur la scène avec eux, Jake Sullivan, nommé conseiller à la sécurité nationale, est un proche collaborateur de M. Biden.

Le démocrate prévoit aussi, selon une source dans son entourage, de nommer au Trésor l'ancienne présidente de la Banque centrale Janet Yellen, un poste jusqu'ici toujours occupé par des hommes.

En choisissant ces personnalités qualifiées et habituées du pouvoir, sans effet surprise, Joe Biden signale un retour à une politique plus traditionnelle que son prédécesseur Donald Trump, novice en politique à son arrivée à Washington sur la promesse de rompre avec l'establishment.

Accès aux dossiers sensibles

Après deux semaines d'un déni sans précédent dans l'histoire américaine, le président sortant a finalement donné lundi soir, d'un tweet, son feu vert à l'ouverture du processus de transition vers une administration Biden.

Sans pour autant concéder sa défaite à la présidentielle du 3 novembre.

Juste avant le tweet présidentiel, l'agence gouvernementale chargée du protocole de transition, la GSA, avait envoyé une lettre informant Joe Biden qu'elle ouvrait finalement le processus, dans une décision "indépendante".

Comprendre: pas sur commande du président sortant, mais après la certification des résultats dans plusieurs Etats-clés et une volée de revers en justice pour l'équipe Trump.

Après le Michigan lundi, la Pennsylvanie a à son tour certifié mardi la victoire de Joe Biden.

Dans les faits, ce feu vert débloque des fonds pour que l'équipe Biden puisse s'organiser, et lui ouvre la porte de l'administration Trump afin de se coordonner sur les sujets brûlants, comme la campagne de vaccination à venir pour lutter contre la pandémie.

Joe Biden aura par ailleurs enfin accès aux informations classées secret défense.

Apparaissant de plus en plus isolé dans sa tentative de nier la défaite, Donald Trump a fait une curieuse --et très brève-- intervention mardi.

Sans un mot pour l'élection, il s'est félicité du nouveau record de la Bourse de New York, le Dow Jones ayant dépassé pour la première fois la barre symbolique des 30.000 points, et des avancées vers un vaccin contre le Covid-19.

Autre événement à son agenda: la grâce de deux dindes, rendez-vous traditionnel à la Maison Blanche avant la grande fête de Thanksgiving.


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