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Jean-Louis Debré à Monaco: "Se détourner de ceux qui ont des comportements déviants par le vote"

Mis à jour le 27/03/2017 à 08:44 Publié le 27/03/2017 à 05:28
Jean-Louis Debré

Jean-Louis Debré Photo NM

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Jean-Louis Debré à Monaco: "Se détourner de ceux qui ont des comportements déviants par le vote"

Jean-Louis Debré, l'ancien président du Conseil constitutionnel, était l'invité d'honneur du Salon du livre de Monaco. Il a parlé de la défense de la République et... de l'élection présidentielle

Jean-Louis Debré aime le contact avec les lecteurs. Il reçoit les critiques « comme un élément positif ». L'ancien ministre de l'Intérieur, président de l'Assemblée nationale puis du Conseil constitutionnel a récemment publié un Dictionnaire amoureux de la République (Plon). Il était l'invité d'honneur ce week-end du sixième Salon du livre de Monaco.

Dans ce cadre, Jean-Louis Debré a donné également une conférence sur le thème de « la République de France ». Et s'il insiste pour qu'on ne lui donne pas, ou plus, du « monsieur le président », il continue à défendre la République et ses valeurs. A les expliquer, aussi. Un rappel « essentiel » à un mois du premier tour de l'élection présidentielle.

Vous avez donné une conférence sur la République de France… Comment aborde-t-on un aussi vaste sujet?
Je parle du livre que je viens de publier, Dictionnaire amoureux de la République, etje pars de cette phrase de Paul Eluard: “Dans la vie, il n’y a pas de hasard, il y a des rendez-vous”. Je montre comment la France a eu rendez-vous avec le système républicain et que progressivement, grâce à des personnalités, grâce à des architectes, grâce à des artistes, la République s’est installée en France. Je retrace l’histoire de la République en France.

L’enjeu, c’est une meilleure connaissance de ces institutions?
L’enjeu, c’est de dire que la République, ce ne sont pas simplement des institutions, une Constitution, une organisation des pouvoirs publics, ce sont aussi des valeurs que les différents responsables politiques ont voulu promouvoir en France. Valeurs de la liberté, de la laïcité, de la recherche d’une égalité par une promotion du droit social ou du droit de la famille. Et tout ça pour aboutir à une plus forte fraternité, égalité entre les citoyens.

Tout cela, il faut le rappeler, aujourd’hui?
C’est essentiel, au moment où les Français doivent participer à un scrutin important qui va désigner le chef de l’Etat, de rappeler que derrière des personnes, derrière des politiques, il y a une architecture institutionnelle et des valeurs à défendre.

L’art, comme la littérature, peut aider dans cette démarche?
Oui, et pas uniquement en littérature. Je cite bien des artistes, des peintres, ou des architectes même qui en construisant des préfectures ou des mairies ont montré la force du pouvoir de l’Etat.

Dans un contexte de défiance envers une certaine partie de la classe politique, ces symboles prennent-ils encore plus de poids?
Il faut faire une distinction entre la défiance que certains peuvent avoir à l’égard des politiques et la République. La République, elle est ce qu’en font les hommes qui ont le mandat de représenter le peuple. Et il faut rappeler à tous ces représentants, quels qu’ils soient, quelle que soit leur appartenance, que leur pouvoir, c’est aussi de faire progresser les valeurs républicaines. Je pense notamment au principe de laïcité.

Défiance envers une partie de la classe politique, mais pas envers les institutions, donc…
Défiance à l’égard de certains politiques, l’homme est ce qu’il est, mais pas défiance en l’égard de la foi qu’on doit avoir à l’égard de ce que représente la République.

Les affaires comme celles de Bruno Le Roux ou de François Fillon peuvent-elles fragiliser les institutions?
Naturellement, les comportements déviants portent atteinte à l’image de la République. Sachons par le vote nous détourner de ceux qui ont des comportements déviants. Et s’ils en ont, il faut qu’ils comprennent qu’ils ne peuvent pas s’accrocher à la République.

Les Français font-ils ce distinguo entre une partie de la classe politique et les institutions?
Il est de notre responsabilité de rappeler, à chaque fois que l’on peut, que le vivre ensemble repose sur les principes qui sont intangibles. Je reviens sur le principe de la laïcité, qui permet à chacun quelle que soit sa religion, quelles que soient ses croyances ou l’absence de croyance de vivre ensemble parce que justement, la République repose sur la diversité des croyances et la liberté des croyances.

Vous évoquez souvent la laïcité… Et il a encore beaucoup été question du sujet, lundi soir lors du débat entre cinq candidats à l’élection présidentielle. Est-elle menacée?
Elle est menacée dans la mesure où ce qui est derrière certaines actions terroristes, c’est une volonté de porter atteinte à ce principe de laïcité, pour faire en sorte que ceux qui veulent défendre la liberté de conscience soient malmenés.

Ce qu’il faut faire, c’est la démarche que vous avez adoptée, une forme de pédagogie?
C’est ce que je fais à peu près tous les jours dans des lycées, des collèges, dans des villes. C’est de ne jamais abandonner à d’autres la défense de ces grands principes.

Êtes-vous confiant ou inquiet, quand vous observez les réactions, notamment des jeunes?
Je suis confiant dans la mesure où je le vois à chaque fois que je passe à un endroit, les questions, l’affluence sont très grandes.Je le constate avec le succès de ce Dictionnaire amoureux de la République. Mais inquiet, aussi, parce qu’on perd souvent les mots simples. On se complique les choses. Et puis il y a des défis devant nous. Le défi d’internet.

Est-ce que les réseaux sociaux ne sont pas en train d’abîmer la République?
Il faut au contraire que les moyens modernes permettent de renforcer ces valeurs de liberté. Il ne faut pas que les réseaux sociaux remplacent la justice indépendante.

Quel regard portez-vous sur l’appel à une VIe République évoqué par plusieurs candidats à l’élection présidentielle?
On a, en France, un jeu extraordinaire qui consiste à vouloir toujours changer les institutions. [...] Bien d’autres pays n’ont pas ces mêmes réflexes. Donc la VIe République, pourquoi pas. Si c’est pour revenir à ce que nous avons connu sous la IVe République, où il y avait instabilité gouvernementale, où les gouvernements changeaient tous les six mois, où il n’y avait pas de politique claire, précise et que finalement, c’étaient toujours les mêmes qui gouvernaient… Ce n’est pas ça, la République. Avant de porter atteinte aux institutions de la République, pensons toujours à corriger nos comportements. J’ajoute que quand la Ve République a été installée, on nous a expliqué qu’elle avait été faite pour De Gaulle et qu’elle disparaîtrait avec le général De Gaulle. Je constate simplement qu’après De Gaulle, il y a eu Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande… et que la République a continué. Je constate aussi que la République, la Ve, a permis les alternances politiques et à l’Etat de traverser des graves crises politiques, notamment mai 68. Donc attention: si c’est pour améliorer, oui. Si c’est pour revenir au jeu des partis politiques dénoncé par le général De Gaulle, c’est une erreur manifeste.


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