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INTERVIEW. Pourquoi Laurence Sailliet (LR) quitte la politique pour rejoindre Cyril Hanouna

Mis à jour le 16/07/2019 à 16:16 Publié le 16/07/2019 à 15:35
La candidate LR Laurence Sailliet, lors des élections législatives de 2017 dans la 5e circonscription des Français de l’étranger, ici en campagne à Monaco.

La candidate LR Laurence Sailliet, lors des élections législatives de 2017 dans la 5e circonscription des Français de l’étranger, ici en campagne à Monaco. Photo Sébastien Botella

INTERVIEW. Pourquoi Laurence Sailliet (LR) quitte la politique pour rejoindre Cyril Hanouna

Candidate malheureuse en 2012 et 2017 aux législatives dans la 5e circonscription des Français de l'étranger (Espagne, Portugal, Andorre et Monaco), mais aussi porte-parole des Républicains depuis 2017, Laurence Sailliet a décidé de quitter la politique pour rejoindre l’émission "Touche pas à mon post!" sur C8. Une décision très commentée…

"Je dois avoir mille coups de fil en retard…" Grand éclat de rire. Laurence Sailliet est visiblement ravie du petit pavé qu’elle a jeté dans la mare médiatique lundi 15 juillet, au travers d’un tweet dans lequel elle annonce sa démission des fonctions qu’elle occupe au sein des Républicains. Et singulièrement celle de porte-parole.

"Aujourd’hui, c’est une page qui se tourne, écrit-elle. À partir de la rentrée de septembre, j’interviendrai dans les médias en tant qu’éditorialiste et chroniqueuse. À ce titre, je suis très heureuse de rejoindre l’équipe de Cyril Hanouna dans l’émission “Balance ton post!”."

Laurence Sailliet se dit prête, aujourd’hui, à l’exposition médiatique qui l’attend, elle qui était jusque-là plus connue à Monaco qu’ailleurs en France. En effet, cette "femme de droite" de 46 ans, engagée en politique depuis 2002 (UMP puis LR), jamais élue en quatre tentatives, s’est présentée à deux reprises aux législatives dans la 5e circonscription des Français établis hors de France, dont Monaco fait partie.

Laurence Sailliet garde ainsi d’ailleurs d’excellents souvenirs de ses campagnes électorales en Principauté.

Mais aujourd’hui, elle fait une croix sur la politique, quitte LR et ne briguera plus aucun scrutin. Se considérant désormais "libre de [sa] pensée et de [sa] parole", elle fera de la politique différemment. En l’occurrence, chez Hanouna.

"J’ai envie de m’exprimer librement"

Avez-vous démissionné de vos fonctions au sein de LR pour des raisons politiques ou par l’envie de faire autre chose?
Ce ne sont pas pour des raisons politiques car j’entretiens d’excellentes relations avec les dirigeants de ma famille politique. J’ai eu envie de rentrer dans le débat public de manière différente. Au bout d’un an et demi de porte-parolat, j’ai passé beaucoup de temps à la télé, à la radio. Et ça m’a donné envie de m’y exprimer avec toute la liberté que permet une fonction d’éditorialiste ou de chroniqueur.

Vous vous sentiez bridée chez LR?
Pendant mon porte-parolat, je n’ai jamais été obligée de dire quelque chose qui n’allait pas dans le sens de ce que je pensais. Néanmoins, par professionnalisme, j’ai toujours veillé à m’exprimer dans des termes qui puissent correspondre le plus possible au collectif. J’ai toujours essayé de faire des synthèses pour porter la parole de la manière la plus juste possible. Maintenant, j’ai envie de pouvoir m’exprimer librement, de participer au débat public sous une autre forme.

Si on rembobine votre parcours politique, on constate que vous avez essuyé quatre échecs électoraux, mais aussi brigué la présidence de LR sans réussir à réunir le nombre de parrainages suffisants. Ne quittez-vous pas la vie politique avec de l’amertume?
En 2007, on m’a envoyée dans une circonscription ingagnable (dans les Pyrénées-Atlantiques, NDLR), parce que j’étais une femme. Ensuite, je me suis présentée aux législatives pour les Français de l’étranger (en 2012 et 2017, dans la 5e circonscription, qui couvre notamment Monaco, NDLR). À tous ceux qui se moquent et me raillent en disant que j’ai toujours perdu, je conseille de se présenter dans ces mêmes circonscriptions, dans le même contexte. On ne gagne ces circonscriptions que quand on gagne la Présidentielle. Je ne suis pas "la fille de", je n’ai pas été pistonnée, on ne m’a pas mis dans des circos où je pouvais gagner. Je trouve ces moqueries assez injustes.

"Je connais bien les préoccupations des Français de Monaco"

Que gardez-vous des deux campagnes électorales menées à Monaco?
Je connais maintenant parfaitement bien les préoccupations des Français de Monaco, en particulier les problématiques liées à la fiscalité et au logement. On n’imagine, en France, qu’ils ont la vie facile. Ce n’est pas le cas. Je le sais et je suis sincèrement désolée de n’avoir pas pu agir pour eux. Je ne sais pas ce qu’ils pensent de leur députée (Samantha Cazebonne, La République en marche, NDLR), et ça m’est égal, maintenant. J’ai également été très touchée par la Fondation Flavien, qui lutte contre les cancers pédiatriques. Je conserve des liens avec Denis Maccario, son président et fondateur. Il sait pouvoir compter sur moi.

"La politique, clairement, c’est fini"

Et aux Européennes, en 10e position sur la liste de François-Xavier Bellamy, vous étiez potentiellement éligible, avant la déroute électorale de LR que l’on sait…
Le mélodrame de notre parti aux élections européennes, dont je ne pense pas être responsable, m’a amenée à réfléchir et à changer de trajectoire. La politique, clairement, c’est fini.

Et donc, pas de regrets, pas d’amertume?
Si j’en avais eu, je ferais autre chose et je sortirais totalement de l’espace médiatique. Je ne comprends pas pourquoi on pense qu’une femme qui fait un choix différent le fait par amertume. Je suis enthousiaste et positive, et imperméable à la critique. Et puis, vous savez, quand je vois les critiques venir de certains qui aimeraient pouvoir passer à la télé mais n’y arrivent pas, ça me fait sourire. Le producteur de l’émission "Touche pas à mon post!" me disait hier (lundi, NDLR) que beaucoup de politiques souhaitent passer dans cette émission. Les mêmes qui la critiquent. Or, je considère qu’il n’y a pas de sous-public ni de sous-émission. Comme me le rappelait Cyril Hanouna, cette émission est suivie surtout par les 25-34 ans. Ces centaines de milliers de jeunes ont droit au respect. Et puis, quels sont les critères qui définissent une émission politique sérieuse?

Comment avez-vous atterri dans l’émission de Cyril Hanouna sur C8, un dérivé de "Touche pas à mon poste!" plus axé sur l’actualité sociale et politique?
J’ai contacté quelqu’un de son équipe et j’ai rencontré Cyril Hanouna une semaine plus tard. On s’est très bien entendus et tout est apparu comme une évidence. Je lui ai dit que je trouvais bien, dans son émission, le fait de mettre autour de la table des gens qui pensent différemment, sans agressivité.

Sans agressivité, vous trouvez?
Beaucoup moins que dans d’autres émissions politiques. La violence ne doit pas avoir sa place en politique. Mais depuis lundi, je m’en moque (rires).

"J’ai des projets dans d’autres médias"

Quel sera votre rôle?
Nous sommes plusieurs chroniqueurs autour de la table. Je reste une débatteuse, une femme de droite, engagée. Chacun s’exprimera sur les sujets et on débattra sans tabou.

Avez-vous essuyé des critiques de votre famille politique?
Non. Je n’ai reçu aucun message dans ce sens.

Dans un tweet, Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, écrit : "Après que les Républicains m’aient (sic) vouée aux gémonies pendant des mois avec un mépris et une méchanceté sans nom pour avoir osé participer à une émission de Cyril Hanouna dans le cadre du grand débat national, leur porte-parole en devient chroniqueuse permanente". Que lui répondez-vous?
Quoi qu’on fasse, on est critiqué. Je n’ai pas envie de réagir. La politique, c’est dur, on prend des coups. Soit on accepte et on avance, soit on fait autre chose pour être moins exposé.

Interviendrez-vous dans d’autres émissions, d’autres médias?
Oui, j’ai d’autres projets, dans l’audiovisuel et la presse écrite. Mais je ne vais pas tout révéler d’un coup (rires). Je suis en tout cas très enthousiaste à l’idée d’ouvrir ce nouveau chapitre de ma vie.


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