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INTERVIEW. "Nous surmonterons cette crise sanitaire", assure le prince Albert II

Mis à jour le 17/11/2020 à 18:34 Publié le 17/11/2020 à 18:29
"L’option du reconfinement n’est pas envisagée pour l’instant", indique le prince Albert II.

"L’option du reconfinement n’est pas envisagée pour l’instant", indique le prince Albert II. Photo Cédric Dodergny

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INTERVIEW. "Nous surmonterons cette crise sanitaire", assure le prince Albert II

Le chef de l'Etat monégasque est confiant. Dans un entretien exclusif accordé à Monaco-Matin, Albert II est persuadé que son pays a la capacité et les atouts pour se relever de la double crise sanitaire économique. Dans le premier volet de ce long entretien, le souverain explique pourquoi la Principauté ne s'est pas reconfinée en même temps que la France.

Alors qu’Emmanuel Macron a reconfiné la France au moins jusqu’au 1er décembre, vous avez décidé de ne pas suivre le mouvement. Pourquoi ?

La situation sanitaire ne le justifiait pas. Elle n’est pas comparable. Même si l’on sent les effets de la seconde vague, ils sont plus atténués que dans le pays voisin. Le nombre de cas augmente, certes, mais la plupart sont asymptomatiques. Nous constatons peu d’hospitalisations et de personnes en réanimation. Nous sommes loin d’une saturation de nos services hospitaliers. À notre avis, il n’était pas nécessaire de décider, en Principauté, un confinement. Mais cela peut encore changer.

Un confinement peut donc être envisagé…

Si la situation sanitaire devait évoluer de façon significative, nous serions amenés à prendre d’autres décisions. Notre priorité numéro 1, c’est la santé de la population de la Principauté. Il faut aussi préserver, autant que faire se peut, les activités économiques et les commerces du pays.

Chaque jour, au travers du bilan sanitaire que publie le gouvernement depuis le début de l’épidémie, nous voyons les principaux indicateurs suivre une croissance constante, qui s’accélère depuis fin octobre, allant jusqu’à une trentaine de nouveaux cas de contamination en vingt-quatre heures. Cela vous fait-il réviser votre position ?

Encore une fois, l’option du reconfinement n’est pas envisagée pour l’instant. Seule une aggravation significative des chiffres pourrait nous y faire songer. J’ajoute que le nombre de cas est en augmentation parce que nous testons davantage. Nous sommes l’un des pays d’Europe qui teste le plus sa population. Je note aussi une stabilisation du nombre de cas dans la région voisine où les services hospitaliers ne sont pas saturés. Il n’y a donc pas de raison d’accentuer les restrictions et d’envisager un reconfinement. Par ailleurs, on constate depuis plusieurs jours une baisse non négligeable du nombre de cas à Monaco, ce qui représente une satisfaction quant à l’efficacité des mesures mises en place. Toutefois, nous déplorons, depuis hier, le décès d’un résident monégasque. Je souhaite adresser mes sincères condoléances à la famille du défunt.

Le 1er novembre, vous avez resserré la vis en ordonnant un couvre-feu après 20 h, la fermeture des bars et des salles sports, ainsi que des restaurants à 21 h 30. Mesurez-vous les effets de ces nouvelles restrictions ?

Comme je viens de l’indiquer, on observe une diminution des cas depuis plusieurs jours. On peut donc penser que l’ensemble des mesures arrêtées produit ses effets. Ces décisions ont été prises pour lutter contre les facteurs à risques et éviter les rassemblements dans les espaces clos, sans masques. C’est pour cela que nous avons fermé les bars. Nous savons aussi que les contaminations s’opèrent dans la sphère privée, dans les appartements où l’on se retrouve en famille ou entre amis : c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’instaurer un couvre-feu à 20 h.

"Il revient à la France de renforcer les contrôles sur les routes"

Mais le fait de laisser les restaurants ouverts, qui attirent d’ailleurs de très nombreux Français, n’est-ce pas un mauvais signe ?

Il est effectivement facile, pour les habitants des communes limitrophes, de se rendre dans les restaurants de la Principauté et pouvoir aller manger au restaurant. Je souhaite rappeler que la France est en situation de confinement et, par conséquent, il lui revient de renforcer les contrôles sur les routes pour éviter des déplacements non autorisés. Vous me direz qu’il y a d’autres préoccupations sécuritaires en ce moment. Je les comprends, bien entendu. La Sûreté publique effectue, elle aussi, de nombreux contrôles aux entrées de ville.

Il n’empêche, les restaurants sont pleins le midi, ce qui n’est pas très raisonnable…

La Sûreté publique réalise des contrôles pour que les règles sanitaires soient respectées, telle que la distanciation physique. J’en appelle aussi à la responsabilité des restaurateurs pour qu’ils posent eux-mêmes des limites. Il faut également préciser que la Principauté n’est pas soumise à un confinement et, dès lors, les salariés sont nombreux durant la journée. Cela explique l’activité de nos restaurants au moment du déjeuner.

Et le fait de laisser les salles de spectacles ouvertes ?

Il faut soutenir la culture, qui souffre pendant cette crise sanitaire. Des spectacles, des festivals ont été annulés. Si nous avons décidé de maintenir certains spectacles, avec un public réduit, c’est pour donner un signe d’encouragement aux acteurs culturels du pays. Ce sera le cas pour le récital de la Fête nationale.

Les tests antigéniques viennent d’arriver à Monaco, complétant le dispositif de tests PCR à l’Espace Léo-Ferré. Quelle est désormais la politique de la Principauté en matière de tests Covid ?

Les tests antigéniques, c’est bien, on obtient une réponse très rapide. Ces tests sont parfaits pour des personnes peu symptomatiques ou asymptomatiques. Cela dit, la fiabilité des résultats n’est pas encore parfaite. Un test PCR pour confirmer un diagnostic positif est nécessaire. Les deux tests sont donc indispensables.

L’idée est de tester de plus en plus ?

Oui, et d’accroître notre capacité de dépistage. Une nouvelle machine vient compléter notre dispositif (lire notre édition du mardi 17 novembre, ndlr). Grâce à de généreux donateurs, nous avons pu acquérir un équipement, installé au Centre scientifique de Monaco, qui peut traiter jusqu’à 800 tests PCR par tranche de huit heures. Il peut aussi être utilisé pour d’autres maladies, comme la grippe ou les hépatites A et B. Ainsi, nous allons pouvoir augmenter le nombre de postes de prélèvements PCR à l’Espace Léo-Ferré. Et si cela devenait nécessaire, nous pourrions même rouvrir le centre de prélèvements du Grimaldi Forum.

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