“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

INTERVIEW. La tête de liste Horizon Monaco, Béatrice Fresko a "grandi en politique"

Mis à jour le 23/10/2017 à 14:09 Publié le 23/10/2017 à 05:30
« Moi je veux une présidence collégiale et je serai l'arbitre si notre liste gagne les élections. »

« Moi je veux une présidence collégiale et je serai l'arbitre si notre liste gagne les élections. » Photo JFO

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

INTERVIEW. La tête de liste Horizon Monaco, Béatrice Fresko a "grandi en politique"

En quatre ans et demi de mandat seulement, la tête de liste « Horizon Monaco » a su trouver sa place aux côtés de Laurent Nouvion et faire entendre sa voix au Conseil national.

Dans les pas de Laurent Nouvion, Béatrice Fresko, aujourd'hui conseiller national de la minorité, part en campagne pour remporter les prochaines élections nationales. Fidèle parmi les fidèles, elle reprend le flambeau d'Horizon Monaco et de l'ex-président du Conseil national avec une équipe partiellement renouvelée. Aujourd'hui, elle avoue sans peine ne pas encore avoir constitué une liste entière et n'avoir aucune crainte pour trouver les quatre candidats manquants. On la sait ambitieuse, impliquée pour défendre les positions de son groupe politique. On la découvre leader.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter?
Parce que mes collègues me l’ont demandé. Ils m’ont fait cet honneur. Ils ont senti que j’étais prête, que j’avais cette opportunité, grâce à Laurent Nouvion, d’être dans la majorité et dans la minorité. J’ai beaucoup grandi en politique.

Étiez-vous d’emblée partante?
J’ai réfléchi très vite, car j’aime la politique. Je m’y suis développée et je suis passionnée par la chose publique depuis quatre ans.

Vous n’aviez auparavant jamais eu de mandat d’élue?
Non. Je m’étais présentée en 2008 sur la liste conduite par Laurent Nouvion. Mais seulement lui, Christophe Steiner et Marc Burini avaient alors été élus.

Quelles leçons tirez-vous de cette mandature?
C’est dommage. On avait une belle équipe qui n’a pas tenu pour des raisons diverses. Quelque chose s’est cassé. Humainement, la séparation a été très difficile. Mais je pense que le passage dans la minorité m’a aguerrie.Je repars aujourd’hui avec une nouvelle équipe dynamique. Et je ne pense pas avoir à subir une autre fois ce que j’ai subi là.

Est-ce qu’une alliance avec l’UM vous semble envisageable?
L’alliance, dans le passé, ne nous a pas été très favorable. Je suis sceptique. Je ne pense pas que l’UM lâcherait sur certains sujets et moi non plus. Je ne suis pas prête à tout pour gagner une élection. Je pense que c’est contre-productif.

Vos positions sur l’Europe et la qualité de vie étant proches, semble-t-il, avec celles de Stéphane Valeri, pourquoi ne pas œuvrer main dans la main avec la liste «Primo»?
Non, je ne pense pas non plus qu’il y ait une alliance possible. Ce ne sont pas les choix politiques mais une question de personne. Mon souci avec Stéphane Valeri est que je le trouve un peu fébrile.  Sa position entre Conseil national et gouvernement est inédite. On dirait qu’il manque de stabilité. J’ai l’impression que ce sont des ambitions de carrière.

Sa manière de faire de la politique ne vous plaît pas?
Moi, je veux une présidence collégiale et je serai l’arbitre si notre liste gagne les élections.

Avec un chef de cabinet?
Ah oui, obligatoirement! J’aurai un bureau d’élus avec les présidents de commissions qui décideront ensemble de la ligne politique.
Je ne suis pas dirigiste comme Stéphane Valeri. C’est ce qui m’a toujours distinguée des autres.

Donc pas d’alliance à l’horizon?
Non, c’est clair pour l’instant. Il n’y a pas de discussion en cours.

Trois listes, ce n’est pas trop?
Tout le monde est à sa calculette. Gagner une élection pour simplement la gagner, est-ce que c’est bon? Il faut des convictions, une famille. Et je compte faire de ma liste une famille.

Une femme tête de liste, un atout ou un handicap?
Non, ça ne change rien. On va me juger sur mes idées. Je sais être ferme, douce. Peut-être que ma qualité «plus» est d’être proche du monde associatif - avec l’œuvre de sœur Marie, des personnes âgées, du sport. Je suis au contact des Monégasques. Je m’intéresse à ce qui se passe.

Les autres ne le sont pas?
Ils se disent proches des Monégasques, mais ne le sont pas. 

Être une femme, c’est aussi être une épouse, avoir des enfants. Vous avez deux enfants de 20 et 14 ans. Un mandat de présidente est-il possible?
J’ai du temps et je vais donner du temps au Conseil national.  Je serai une présidente à plein-temps. Je continuerai à l’investir pour les associations; c’est vrai.
Et continuerai, comme toute femme active, à donner à ma fille cadette, du temps de qualité.

Europe, retraitement des déchets, qualité de vie, jeunesse: les priorités de la tête de liste

Sur le dossier des négociations avec l’UE, quelle est votre position?
Je ne suis pas europhobe. J’ai juste un chiffre: 360 millions d’Européens et 7.000 Monégasques et déjà minoritaires dans leur pays. Il faut prendre cela en considération. Le Brexit nous donne l’occasion de prendre le temps de la réflexion. Je préférerais que le gouvernement voie ce qui va être fait avec les Britanniques. J’attends des accords de branche.

C’est bien ce qui doit être négocié non?
Il s’agit d’un contrat d’association et c’est un peu plus lourd. Nous avons des spécificités à sauvegarder avec les professions réglementées, des priorités au logement et à l’emploi. Il va falloir être très ferme là-dessus. Je suis extrêmement frileuse sur ce dossier.

Finalement, les listes en lice ont la même position…
Je pense qu’Union Monégasque est plus ouverte que nous sur l’Europe. Bernard Pasquier a déclaré que ce serait un point clivant avec nous.

L’environnement?
Il va falloir vraiment faire quelque chose sur la qualité de vie. C’est devenu impossible. Les résidents et les Monégasques ont des difficultés pour vivre à Monaco. J’ai peur que nous perdions des résidents qui sont notre valeur ajoutée. Ils constituent notre tissu social et nous voulons qu’ils restent à Monaco.

Comment améliorer la qualité de vie?
Il faut demander un meilleur phasage des chantiers. Ce n’est plus possible de faire des constructions publiques et privées dans tous les quartiers en même temps!

Mais vous reprochez là ce que vous avez validé en séance publique.
Oui, mais il faut revoir le phasage.

Vous parlez tous également des futurs chantiers: le très grand Ida par exemple…
Les autres parlent d’un très grand Ida avec une somme colossale pour gagner finalement assez peu de logements. Est-ce que ça vaut le coup? Bien sûr, on est en demande de logements. Donc il va falloir une construction. Je suis favorable au Grand Ida mais pas maintenant. Monaco doit se calmer et respirer.

Quel avenir espérez-vous sur le retraitement des déchets?
Je pense que nous devons être maîtres de nos déchets et de notre vie. Dépendre de l’État français, dans n’importe quel domaine, c’est dommageable pour Monaco. C’est sûr que la proximité avec un collège n’est pas idéale. Mais il s’agit d’une usine de retraitement des déchets pas forcément d’incinération. On a demandé au gouvernement des études pour aller chercher d’autres techniques.

Quels progrès souhaiteriez-vous en matière de droit de la famille?
Les objectifs vont plutôt être tournés sur la jeunesse et leur insertion que sur la famille. Je ne lâcherai pas le harcèlement, les femmes et l’égalité salariale, la prévention des risques de grossesse non désirée, des MST et du Sida.

L’avortement?
La proposition de loi sur la dépénalisation de l’avortement a été déposée par Eric Elena de «Renaissance». Je pense qu’il faut sortir l’avortement du code pénal et agir sur la prévention. Après, il faut agir en son âme et conscience. Il ne faut pas que les femmes soient punies de leur choix. Mais il est indispensable d’aller au-devant des jeunes pour expliquer tous les moyens de prévention.

"J’aime bien la manière de Laurent Nouvion de faire de la politique"

Votre proximité avec Laurent Nouvion est-elle un choix politique ou une marque de fidélité?
Je le connais depuis mon enfance. J’ai fait une belle campagne en 2008 à ses côtés, et une encore plus belle en 2013. Je suis restée avec Laurent Nouvion, malgré le fait que j’avais des amis en face et sans animosité par rapport aux autres, parce que c’était le choix des Monégasques.
Ils ont élu une équipe et un président.

Le président est élu par les conseillers nationaux pourtant…
En effet, il est élu chaque année en avril. On peut donc envisager un changement. Mais la manière dont cela a été fait m’a heurtée. Les paroles que j’ai entendues au cours de la séance publique du 27 avril 2016 étaient une mise à mort politique. Cela m’a convaincu de rester là où j’étais. J’ai senti de la haine. J’aime bien la manière de Laurent Nouvion de faire de la politique, d’appréhender la chose publique, discuter avec lui à bâtons rompus.

Vous appréciez donc sa méthode de travail, source semble-t-il de la rupture?
Je n’étais pas au bureau. J’étais présidente de la commission des droits de la Femme et de la Famille. On m’a donné carte blanche et on m’a demandé de ne pas trop bloquer l’agenda avec les commissions. Laurent Nouvion ne m’a jamais donné d’instruction. Aujourd’hui, l’ex-président du Conseil national est président d’honneur de Rassemblement & Enjeux. C’est un soutien. Mais il s’est retiré de la vie politique. Ce n’est pas lui maintenant qui construit le programme. Je l’ai suivi politiquement. C’est un homme politique à qui je peux demander des avis.

Travaillez-vous dans son sillage?
Nous avons les mêmes idées politiques: logement, finances publiques... Je suis dans la ligne politique de Laurent Nouvion.

Trouver 200 logements

Le logement,une priorité?
Notre bilan, outre Testimonio 2, c’est 140 préemptions et des opérations intermédiaires. C’est bien mais après Testimonio II, nous n’avons plus rien. Il faut regarder du côté d’Ida et commencer, après la livraison, à entrevoir la construction d’un grand édifice.

Les enfants du pays?
Une proposition de loi sur le statut des enfants du pays doit être inscrite à l’ordre du jour. C’est un sujet sur lequel j’ai travaillé en commission le 8 septembre. Les enfants du pays ont un problème de logement. On doit tout faire pour qu’ils soient maintenus à Monaco.

Le logement est aussi un problème pour les Monégasques.
Je veux l’anonymisation des Monégasques aux commissions d’attribution des logements. Tout le monde sera logé à la même enseigne. Je veux qu’on arrête de prendre les compatriotes en otages à chaque campagne électorale. «Vote pour moi et tu auras un appartement». Je crois qu’il faut redonner aux Monégasques le sentiment d’être une famille, le sentiment d’équité.

Qui fait ça?
Ça s’est toujours fait et il faut arrêter. C’est un désastre. C’est de notoriété publique. La demande de logement doit être faite de manière neutre.

Combien de Monégasques ne sont pas logés correctement?
Le chiffre avancé par «Primo» est de 500. Je pense qu’ils sont, en fait, quelque 200.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.