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Intérim : les syndicats d'accord sur le fond, mais pas sur la méthode

Mis à jour le 09/01/2019 à 08:49 Publié le 09/01/2019 à 09:00
La méthode de concertation a déjà été utilisée pour le projet de loi sur le travail de nuit. L’Union des syndicats de Monaco n’est pas satisfaite des résultats de la concertation, et ne souhaite pas reproduire l’expérience.

La méthode de concertation a déjà été utilisée pour le projet de loi sur le travail de nuit. L’Union des syndicats de Monaco n’est pas satisfaite des résultats de la concertation, et ne souhaite pas reproduire l’expérience. Photo Michael Alesi

Intérim : les syndicats d'accord sur le fond, mais pas sur la méthode

Le travail temporaire fera bientôt l’objet d’un projet de loi pour l’encadrer. Le gouvernement souhaite la concertation avec les partenaires sociaux, qui ne l’acceptent pas tous

L’USM refuse de s’asseoir à la table de la concertation

En tant que fédération de syndicats historiques, l’Union des syndicats de Monaco aurait dû siéger en bonne place à la table des discussions. Mais voilà, l’expérience du projet de loi sur le travail de nuit semble les avoir refroidis.

"Nous avons dépensé beaucoup d’énergie avec beaucoup de militants pour aller à de nombreuses réunions sur le travail de nuit. Au final, aucune des demandes qui émanent de nos 42 syndicats n’a été prise en compte. On s’est reposé la question quand on a reçu la proposition du conseiller. On a soumis l’idée au comité fédéral qui a décidé que ce n’était pas une bonne idée de dépenser de l’énergie pour aller dans des réunions qui ne sont pas des réunions de négociations, mais des réunions de concertations, et qui rassemblent un certain nombre de personnes qui ne maîtrisent pas le sujet", plaque Olivier Cardo, secrétaire général adjoint de l’Union des syndicats de Monaco.

LIRE. Le gouvernement monégasque veut règlementer l'intérim

"Nous nous tenons à la disposition du gouvernement, s’il consent à recevoir une délégation de l’USM, et rien qu’une délégation de l’USM. Ce n’est pas la peine de nous mettre à table avec la F2SM ou le syndicat patronal de l’intérim. Nous sommes ouverts à la concertation, à condition que cela apporte du progrès social. Jusque-là, ça n’est pas arrivé."
Au moins, on peut dire que c’est du direct.

Mais l’USM a participé à sa façon, depuis de nombreuses années, par le biais de courriers et de vœux émis au Conseil économique et social de Monaco où siègent Olivier Cardot et Bruno Augé.

"Les banques ne prêtent pas aux intérimaires"

Ce que l’USM reproche au travail temporaire, c’est de "produire de la précarité, et d’acheter la paix sociale": "Un jeune qui commence à travailler, ce qu’il veut, c’est construire sa vie. Or, en intérim, aujourd’hui c’est impossible: les banques ne prêtent pas aux intérimaires pour un appartement ou une voiture, les propriétaires ou les agences ne veulent pas louer aux intérimaires. Et puis on sait bien qu’un intérimaire ne conteste pas, il a trop peur de perdre son emploi", constate Olivier Cardot.

Bruno Augé rappelle aussi que les entreprises utilisent parfois les travailleurs intérimaires pour ne pas franchir certains seuils d’effectifs et s’affranchir de certaines obligations.
Pour eux, il faut aller plus loin: "Le texte qui devrait être fait aujourd’hui par le gouvernement devrait mettre fin aux emplois précaires. Au-delà de l’intérim, il nous semble indispensable de revoir la loi sur le contrat de travail."

Didier Gamerdinger regrette la situation: "Je leur ai dit qu’ils seront toujours les bienvenus. J’ai demandé qu’on leur communique l’ensemble des éléments d’appréciations. C’est à eux de décider ce qu’ils entendent faire."


La F2SM veut "penser aux salariés"

Pour Cédric Lanari, à la tête de la F2SM, tout progrès social est bon à prendre.
Pour Cédric Lanari, à la tête de la F2SM, tout progrès social est bon à prendre. Photo Jean-François Ottonello

Cédric Lanari, président de la Fédération des syndicats des salariés de Monaco, la F2SM, est relativement optimiste: "Je trouve que s’asseoir tous ensemble à la même table, c’est une bonne méthode. Cela permet de confronter les points de vue. On nous a dit que beaucoup de gens étaient contents de rester en intérim. Je suis intervenu pour rappeler que ce n’est pas le cas de tout le monde."

Si sur la méthode employée, l’avis de la F2SM diverge de celui de l’USM, le fond des revendications est le même. Les deux fédérations de syndicats de salariés affirment la même chose: ce système crée une précarité sociale. "On ne peut pas faire de crédit quand on est en intérim, on ne peut pas construire sa vie."

Il a aussi tenu à rappeler que tout n’est pas rose dans l’intérim: "On nous a dit qu’il n’y avait pas de plainte à la Direction du travail de la part de salarié intérimaire. Mais est-ce que l’on pense vraiment qu’un travailleur en contrat intérimaire, qui n’est pas monégasque, va aller saisir la Direction du travail? Tout le monde sait bien qu’il ne retrouvera jamais de travail à Monaco après cela!"

Est-ce que pour autant il faut se passer du travail temporaire? Pas exactement: "Il faut que l’on conserve la flexibilité que cela apport aux entreprises, tout en apportant du mieux pour les salariés. Mais l’intérim ne doit pas être un mode de fonctionnement permanent. Dans certaines entreprises de la construction, il y a 30 à 40% d’intérimaires."

"Quand on veut trop en avoir, on n’obtient rien"

Alors, pour limiter les débordements, il propose d’aligner un peu les statuts en proposant, par exemple, que les intérimaires utilisés sur une longue durée bénéficient des mêmes avantages que les salariés des entreprises utilisatrices (13e mois, chèques cadeaux, etc). Il propose aussi qu’au-delà d’une durée à définir, le salarié reçoive une proposition d’embauche de l’entreprise dans laquelle il est placé, qu’il aurait la liberté de refuser.

Et même si cela semble peu, pour Cedric Lanari c’est toujours mieux que rien: "Aujourd’hui, personne ne pense aux salariés. Si on arrive à obtenir quelque chose pour les salariés, ce sera toujours ça de pris! Quand on veut trop en avoir, on n’obtient rien. Et le statu quo profite à qui? Pas aux salariés. Finalement, il vaut mieux avancer petit à petit que pas du tout."


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