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grandes leçons à retenir du vote dans la 4e

Alexandra Valetta-Ardisson en tête dans la circonscription, Olivier Bettati sur ses talons, Xavier Beck éliminé, taux d'abstention record... Voilà ce qu'il faut retenir du premier tour des législatives

Alice Rousselot et Thibaut Parat Publié le 13/06/2017 à 05:18, mis à jour le 13/06/2017 à 05:18
Les électeurs ont plébiscité Alexandra Valetta-Ardisson.
Les électeurs ont plébiscité Alexandra Valetta-Ardisson. Cyril Dodergny

1La vague

macroniste

« J'espérais finir deuxième. » Cet aveu lâché par Alexandra Valetta-Ardisson à l'issue du premier tour illustre parfaitement toute l'incertitude qui régnait avant l'issue du dépouillement. C'est pourtant bien la candidate investie par Emmanuel Macron qui arrive en tête dans la 4e circonscription (28,23 %). De la bouche même du député sortant, Jean-Claude Guibal, et de ses deux principaux rivaux, Xavier Beck et Olivier Bettati, il est question d'un « surprenant raz-de-marée ». Ce dernier se permettant même un trait d'humour : « En tant que marin, je sais que, face à la vague, il faut s'abriter et attendre. C'est souvent de courte durée. »

 

2 L'étiquette a joué

Beaucoup craignaient que le passé grassois de l'ancienne élue LR, Alexandra Valetta-Ardisson, parachutée dans la 4e circo, ne joue en sa défaveur, bien qu'ayant des racines familiales à Menton. Il n'en fut rien. « Les étiquettes dans une élection nationale, ça joue beaucoup. S'afficher avec celle du président de la République, ça donne un avantage supérieur », analyse Jean-Claude Guibal. La principale concernée ne s'en cache pas, elle a « bénéficié de la dynamique Macron. C'est une évidence. » Mais si ce constat est valable pour La République en marche, il l'est sensiblement moins pour les partis traditionnels qui signent là un recul certain. À l'instar de Xavier Beck, dont l'investiture LR - parti pourtant bien ancré - n'a pas suffi pour être qualifié au second tour. « Cette vague montre combien tous les partis vont devoir se remettre en cause, sans quoi ils mourront », souligne Olivier Bettati.

3 La déperdition de la droite

 

Comment expliquer la débâcle de la droite républicaine ? Par de multiples raisons probablement… L'attrait de la nouveauté, déjà. Mais peut-être aussi, le flou entretenu par les pontes LR et l'absence de consensus au niveau départemental, notamment avec Christian Estrosi et son rapprochement contesté, au sein des LR, avec Macron. C'est du moins l'avis de Xavier Beck : « Cela ne facilite pas la bonne lecture de l'échiquier politique. Des gens qui prennent des positions aussi originales, cela sème le trouble chez les électeurs de droite. Sur le terrain, quand on disait qu'on était LR, on nous demandait de quelle tendance », réagit le maire de Cap-d'Ail. Même son de cloche du côté du candidat frontiste : « Les militants LR sont très différents les uns des autres. La fracture est apparue au grand jour. Ceux qui ont une philosophie centriste sont partis chez Valetta-Ardisson, ceux qui sont plus à droite sont venus chez moi. »

Conscient d'occuper les mêmes plates-bandes que Xavier Beck, l'ancien UMP estime l'avoir emporté grâce à sa campagne de terrain.

Peut-être, aussi, qu'Anthony Malvault (sans étiquette) et ses 5,09 % (1991 voix) ont contribué à l'éparpillement des suffrages, en défaveur de Xavier Beck. Même si les deux en doutent fortement. « Ça a dû jouer pour 1 %, estime le jeune Roquebrunois. Si j'avais été divers droite, ça aurait pu jouer plus, mais ce n'est pas le cas. Mon programme était citoyen et pas forcément à droite. »

4Les consignes

Une fois les résultats du premier tour tombés, il est de coutume pour les candidats déçus de donner, ou non, leur préférence pour tel ou tel finaliste. Voire carrément de distiller des consignes de vote. Dimanche soir, les regards se tournaient naturellement vers Xavier Beck. « Je n'en donnerai pas, c'est un procédé qui ne marche plus. Les électeurs sont libres de voter pour qui ils veulent. » Toutefois, dans un communiqué, le maire de Cap-d'Ail clarifie sa position : « A titre personnel, devant faire encore une fois un choix par défaut, je voterai dimanche prochain pour la candidate de La République en marche. »

 

Anthony Malvault, lui, prêche « la liberté de penser et d'agir » de ses électeurs.

Quant à Michaël Albin (Parti communiste), arrivé 5e, il s'abstient aussi de toute consigne de vote. Le député sortant, lui, tout en félicitant Xavier Beck et Nicolas Amoretti « pour la dignité de leur campagne et la fidélité à leurs convictions », précise : « Comme eux, je reste fidèle aux valeurs et aux idées de mon parti LR. En accord avec ses préconisations, je voterai donc dimanche pour Alexandra Valetta-Ardisson, candidate de La République en marche. »

5Le résultat final n'est pas connu d'avance

Si beaucoup d'observateurs voient déjà Alexandra Valetta-Ardisson succéder à Jean-Claude Guibal, la principale concernée ne se hasarde pas à des pronostics douteux. « Je considère que jusqu'à 22 heures, dimanche soir, le Front national peut gagner. Avec l'abstention, tout peut se passer. »

Son opposant, Olivier Bettati, se revendique « éternel optimiste » de nature et y croit encore.

 

« Je vais continuer ma campagne et aller à la rencontre de tous les électeurs de la circonscription. » Un membre de son équipe s'essaye à la métaphore sportive : « C'est comme au football. Tant que le match n'est pas terminé, on ne sait rien… »

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